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Il est un homme politique doublé d’un intellectuel acompli. Ce natif d’Ebolowa dans le sud du Cameroun porte bien ses 57 ans et est l’auteur d’une nombreuse production litteraire. Depuis la réinstauration du multipartisme au Cameroun, il tisse sa toile politique dans l’opposition.
Auparavant, il a été membre de l’Union des étudiants Kamerounais (Unek) et et de la fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf) ou il a acquis une importante formation politique.
Militant dans la clandestinité de nombreux mouvements politiques au Cameroun comme en France, Le discours de la Baule en juin 1990 et l’ouverture politique subséquente au Cameroun lui seront une occasion pour lancer au Cameroun, le parti de la rennaissance Nationale (Parena). Dés lors, Enoh Meyomesse, de son vrai nom Dieudonné Enoh, ce fils du Sud Cameroun, région acquise au régime en place a Yaoundé,va, a l’instar d’Abel Eyinga, un autre indocile au régime originaire de la ville d’Ebolowa s’attirer les foudres des barons au pouvoir.
D’ailleurs, ces barons du régime vont lancer un mot d’ordre selon lequel, « quiconque originaire de la province du Sud comme Paul Biya qui déposerait un dossier de légalisation de parti politique verrait sa gorge coupée », et Enoh Meyomesse se trouvant dans ce cas, n’a pas été assassiné, mais, a connu une persécution de cinq longues années. Il n’a pu légaliser le Parena qu’en 1995, plus précisément le 8 mai. De 1991 à 1995, cinq dossiers de légalisation du Parena ont été rejetés. Le parti milite pour une révolution sociale au Cameroun. Après avoir soutenu la candidature de Victor Ayissi Mvondo en 1997 et celle de Garga Haman Adji en 2004, le Parena a son candidat en 2011 : Enoh Meyomesse.
Son programme politique
Non la corruption et l’enrichissement illicite.Enoh Meyomesse s’érige contre un système politique issu de la colonisation qui après les independances a contribué a l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie au pouvoir. Difficile de se taire quand une richesse insolence d’une caste de privilégiés cotoie une misére revoltante de la masse populaire. « Comment passer sous silence le fait que l’argent du Cameroun que ces privilégiés ont, sans scrupule, volé et planqué aux Caraïbes, aux Bahamas, au Lichtenstein, au Luxembourg, sans oublier la Suisse, est équivalent, à en croire les experts de Banque mondiale et du FMI, à une bonne partie de la dette nationale ? Quel investissement n’aurait-on pas pu réaliser, au Cameroun avec ce pactole ? » L’Etat doit réduire le train de vie de milliardaires, que mènent ces Camerounais au-dessus du besoin, c’est une question de justice, de solidarité, une nécessité pour le développement, le progrès national.
Le combat pour une véritable démocratie.Un système qui s’appui sur le retour partout au Cameroun de la « féodalité » qui consiste chanter les louanges du pouvoir et surtout de celui qui l’incarne a travers les meetings de remerciement et les motions de soutien au village. Parrallèlement, on assiste la naissance de vrais ou faux « majestés » parmi les fonctionnaires, gage de recpect et de soumission au chef qui du reste est « majesté des majestés » Du coup, nous nous trouvons devant une frange de la population qui combat ouvertement, par son comportement l’avènement de la démocratie au Cameroun. Et pourtant «Le combat pour la démocratie que nous menons, doit abolir toutes ces citadelles d’asservissement des êtres humains. Celles-ci constituent un énorme frein dans notre marche vers le progrès. Nous ne pourrons jamais devenir un grand peuple avec certains d’entre nous maintenus en esclavage, ou sur qui on crache, comme c’est le cas dans les chefferies traditionnelles de notre pays. » s’insurge Meyomesse.
Former une élite forte et performante.Cette situation de deliquessence de la société Camerounaise, pour préoccupante qu’elle soit a besoin d’une élite authentique et performante qui trenscende les interéts individuels pour penser le Cameroun dans son ensemble. « L’Etat doit revoir la formation de l’élite nationale. A ce jour, le terme « élite » a considérablement perdu de sa substance au Cameroun. Est ainsi désigné, actuellement, dans notre pays, le dernier des vauriens qui a pu acquérir une automobile, s’est construit une maison dans son village natal, où il intimide ses cousins, et à bénéficié d’une nomination dans une administration quelconque, publique ou privée. Rien à voir du tout avec la moralité du personnage, et encore moins sa valeur intrinsèque. »
Promotion de la jeunesse.Pour assurer la relève et maintenir l’émergence de la société sur le long terme, le Parena milite pour la promotion de la jeunesse. « Dès lors que la jeunesse camerounaise ne rêve plus désormais que d’une chose, quitter le Cameroun au plus vite, cela signifie qu’il existe, localement, un mal vivre, pour elle. Notre pays semble être devenu, pour celle-ci, un enfer. Etre jeune, au Cameroun, en ce début de 21eme siècle, qu’est-ce que c’est, sinon attendre, patiemment, la mort sans avoir probablement jamais travaillé ? Les emplois ne se créent tout simplement plus dans notre pays. »
Son Programme économique
Il faut changer l’économie pour améliorer le bien-être de la population. A cet effet, il nous faut rompre avec la politique du « Libéralisme communautaire » - dont les deux résultats, à ce jour, n’ont été que la faillite spectaculaire de l’économie nationale et sa mise sous tutelle du FMI, et l’enrichissement scandaleux d’une poignée de privilégiés, au détriment de l’écrasante masse de la population qui croupit dans la misère - et inaugurer une « économie d’orientation populaire ». Rompre le pacte colonial.En quoi celui-ci consiste-t-il ? De la métropole, c’est-à-dire de l’Europe, doivent provenir les produits manufacturés ; et de la colonie, pour ce qui nous concerne, le Cameroun, les produits agricoles et les matières premières. Pas de fabrication de produit manufacturés dans les colonies.
Il faut industrialiser le pays.Question pertinente que les uns les autres ne manquent pas de se poser, dès lors que l’on aborde la question de l’industrialisation du Cameroun : est-il possible d’industrialiser un pays, comme le nôtre, sans disposer d’énormes capi-taux ? « Industrialiser un pays, ne signifie nullement, ainsi que le pensent généralement les Camerou-nais, créer des méga usines, genre Alucam, Enelcam, Cimencam, Les Brasseries du Cameroun, etc, non. Cette conception des choses est erronée, et participe des blocages mentaux inhérents au sous-développement. »
L’Etat doit devenir un opérateur économique.Dans un pays comme le Cameroun où l’accumulation du capital est incertaine – en tout cas difficile – par les particuliers, l’Etat doit absolument revenir au premier plan en matière d’investissements. Il doit recommencer à créer des entreprises, sinon, toute l’économie nationale se retrouvera, sous peu de temps, aux mains de l’étranger. Il faut privatiser au bénéfice des Camerounais. A la faveur de l’actionnariat populaire et de la bourse à Douala, il faut transférer les entreprises publiques à privatiser, entre les mains des Camerounais. Il n’y pas de raison que, dès lors qu’il est possible d’acquérir des actions en bourse, le patrimoine camerounais soit bradé à des étrangers. Il n’est nullement acceptable que le chemin de fer pour lequel de nombreux Camerounais sont morts lors de sa construction soit cédé à des étrangers.
Il faut permettre la création de PME par la voie coopérative. Les coopératives, telles qu’elles existent au Cameroun, à ce jour, sont réservées au secteur agricole, à l’exception des coopératives d’Epargne et de crédit – toujours la logique du développement par les champs de manioc et de concombre qui n’a développé aucun pays nulle part à travers le monde. Or, dans un pays tel que la Canada, 5ème ou 6ème puissance mondiale, plus de 70% des PME qui existent, sont des coopératives et se déploient dans tous les domaines d’activité : pressings, auto-écoles, écoles, hôpitaux, boulangeries, menuiseries, librairies, compagnies de transport, salle de cinéma, night-clubs, hôtels, restaurants, etc.
