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Affaire Titus Edzoa : La guerre psychologique est lancée

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Michel-ThierryLa France qui est désormais déterminée à suivre ce procès avec la plus grande attention, était représentée à l’audience du 25 mai dernier. Mercredi dernier, le Français d’origine camerounaise Michel Thierry Atangana Abéga qui est emprisonné à Yaoundé depuis 14 ans, devait dérouler pour la toute première fois les axes de sa défense contre les chefs d’accusation qui pèsent sur lui.
Notamment le détournement de fonds publics dans la gestion du Copisur – le Comité de pilotage et de suivi des projets de construction des axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua, et la tentative de détournement de deniers publics pour 59 milliards 400 millions de Fcfa. Il convient de rappeler ici que pour ces faits, le tribunal de grande instance du Mfoundi avait ordonné une main levée du mandat de dépôt décerné le 4 juillet 1994 contre Michel Thierry Atangana Abéga, s’il n’était pas détenu pour autre cause.

 

Témoin oculaire et auriculaire

Concernant l’audience du 25 mai dernier, l’on a noté dans le prétoire la présence de Patrice Bonnal, premier conseiller à l’ambassade de France au Cameroun. « Michel Thierry Atangana est un Français. A cet égard, il a droit à la protection consulaire. C’est une présence réconfortante », explique Me Jacques Mbuni. Selon Me Marc Ndzouba, président du Comité de soutien à Michel Thierry Atangana, « la présence du diplomate français fait suite à la sortie le 12 mai dernier à Paris du porte-parole du Quai d’Orsay qui faisait savoir que le ministère des Affaires étrangères et européennes demeure mobilisé pour soutenir leur concitoyen ». Pour le moins, il faut retenir que l’interrogatoire auquel devait être soumis Michel Thierry Atangana Abéga n’a duré que quelques minutes.

A peine, avait-il commencé à se prononcer sur le contexte politique ayant suscité la création du Copisur le 8 juillet 1994 par le chef de l’Etat, que l’audience a été suspendue et renvoyée au mardi 31 mai 2011 pour une question technique. « Dans le cadre de la campagne électorale de 1992, le président de la République Paul Biya avait fait la promesse aux populations des régions du Centre, du Sud et de l’Est, de réaliser, en cas de réélection, les axes routiers Yaoundé-Kribi et Ayos-Bertoua, à l’effet de désenclaver les localités desservies », renseigne le co-accusé de l’ancien secrétaire général à la présidence de la République le Pr Titus Edzoa. C’est à ce moment que le document cité ci-haut est déposé au tribunal. Vous pouvez alors apprécier la déception de nombreux curieux venus assister à la première prise de parole du Franco-camerounais que l’hebdomadaire français L’Express considère comme « le prisonnier de Biya ». Du moins, c’est le volumineux document de pièces justificatives déposé au tribunal par la défense de ce dernier qui a motivé ce renvoi. « C’est une question de méthodologie. Nous avons voulu faire annexer ce document qui produit des pièces justificatives, mais le tribunal ne s’en sortait pas avec la pagination », éclaire Me Jacques Mbuni.

En dépit du renvoi, Patrice Bonnal s’est dit satisfait, promettant revenir le 31 mai prochain.

 

Jean-Pierre Bitongo

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