Farine :Une hausse des prix en vue



Les minotiers menacent d’augmenter 2000 Fcfa sur le prix du sac de farine si l’Etat reste sourd à leurs principales doléances qui, dans l’ensemble, tournent autour de la subvention de leurs activités. C’est la décision à laquelle sont parvenus les membres du Groupement d’industriels meuniers du Cameroun (Gimc) ce jeudi 26 mai 2011.
Réunis à Douala dans le cadre d’une assemblée générale, les producteurs de la farine du pays ont tablé de manière générale sur la morosité du marché mondial du blé et ses conséquences au Cameroun. Une conférence de presse organisée en marge des travaux a permis à Célestin Tawamba, le président du Gimc, d’expliciter la situation des meuniers.
« Nous traversons des moments très difficiles. Le marché du blé connait des tensions très fortes depuis 2010. En l’espace de six mois, il y a une hausse de 60% », explique le président de Cadyst Invest, la holding constituée de Panzani, La Pasta et Cinpharm. « Nous ne pouvons plus tenir, surtout que la farine que nous vendons ne reflète pas le prix réel », ajoute-t-il, en entrant en profondeur sur la structure des prix. On retient que le prix de revient d’un sac de farine est de 18 250 Fcfa, loin au-dessus du prix de vente qui oscille entre 16 500 Fcfa au départ de l’usine et 17 500 Fcfa pour les farines basses et 17 500 au départ de l’usine pour les farines les plus hautes.
Bref, les meuniers tournent à perte depuis environ six mois. « Pendant longtemps, nous avons cru que la situation allait s’améliorer, mais les perspectives sont mauvaises », réagit Célestin Tawamba. Face à cette triste situation trois cas de figure. « Soit on assiste à un réajustement très rapide des prix, soit l’Etat subventionne les producteurs de farine, soit enfin les boulangers se partagent certaines charges avec les meuniers », préconise le président de Cadyst Invest.
Rencontre Gimc et Mincommerce
Une solution qui est entièrement partagée par Bernard Lafontain et Boog, respectivement directeur général de la Société des Moulins du Centre (Smc) et directeur général de la Société Grands Moulins (Sgm). D’après Boog, le Gimc doit rencontrer le ministre du Commerce (Mincommerce) d’ici à la fin du mois courant. C’est à l’issue de cette réunion que les meuniers prendront la décision finale. Parmi les trois options, c’est la première qui semble la plus plausible, au regard de l’attitude de l’Etat qui, depuis plus de trois ans, reste étrangement sourd aux doléances des meuniers qui étouffent pourtant. Donc, dans de prochains jours, le prix du sac de farine va connaitre une hausse.
Les meuniers parlent de 2 000 Fcfa sur le prix d’un sac. « Notre objectif n’est pas de réaliser une marge bénéficiaire, mais d’équilibrer nos charges », précise Célestin Tawamba. Pour prouver le caractère citoyen du groupement, ce dernier revient sur le protocole de 2009 signé avec le Mincommerce qui a conduit à la diminution de 2 000 Fcfa sur le prix du sac pendant 11 mois. La balle est donc du côté du gouvernement qui doit désamorcer la bombe, avant qu’elle n’explose. Car, l’augmentation du prix du sac de la farine sera, sauf miracle, synonyme d’augmentation du prix de la baguette et la diminution de son poids, ainsi que du prix des beignets. Le Cameroun compte au total 11 moulins, pour une capacité de 586.000 tonnes par an, alors que le besoin est de 450.000 tonnes.