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Le chef de service de la chirurgie digestive et de Laporoscopique au centre hospitalier d’Essos (Che) qui a été célébré par son entreprise la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps ) a réalisé une vidéo sur l’intervention d’une péritonite qui l’a distingué des autres candidats à travers les critères requis qui figurent à l’article 4.3 du règlement du Prix à savoir la pertinence et la rigueur du travail, l’originalité du travail, la précision et la reproductibilité des résultats, l’innovation technique ou technologique, la qualité du geste opératoire et des images vidéo.
Quand il introduit cette nouvelle technique à la Cnps, il est loin d’imaginer des fruits tombant quelques années seulement après.
En fait La laparoscopique permet de pratiquer des interventions dans la cavité abdominale sans l’ouvrir. Elles se font à l’aide d’un écran de télévision à travers lequel on traite le patient grâce à des pinces fines introduites dans le ventre par des orifices de moins d’un centimètre. En termes d’avantages, « elle profite au patient, à l’hôpital et aux employeurs. En ce qui concerne les patients, la chirurgie laparoscopique a un avantage esthétique. Elle épargne aux patients les cicatrices énormes en même temps qu’elle écourte son séjour à l’hôpital » déclare Dr Oumarou. Il ajoute : « les douleurs après l’opération et les pertes de sang sont minimisées. Ceci permet au patient de retrouver rapidement sa famille et son travail ».
Concernant l’hôpital, « l’absence de cicatrice étendue permet à l’hôpital de faire des économies sur les consommables comme les compresses et les sets à pansements. Le personnel infirmier est plus disponible parce que n’ayant pas de pansements lourds à effectuer. Même les lits sont accessibles pour accueillir d’autres patients », précise-t-il.
L’employeur est doublement gagnant. « Les employés passent moins de temps à l’hôpital – c’est déjà de l’argent gagné. Mais ils retournent plus rapidement à leur poste de travail. Ce qui permet une meilleure productivité ».
Celui qui est aussi enseignant à la faculté de médecine illustre bien ces avantages. « Un patient que nous opérons d’un cancer du gros intestin a une cicatrice de 5 cm contre 20 cm en chirurgie classique, reste 6 jours à l’hôpital au lieu de 21 jours en moyenne, reprend son travail au bout de 3 semaines au lieu de 2 mois ; surtout globalement il gagne 40% d’argent en plus », conclut-il. En outre, le développement de cette technique dépend de deux impératifs : la disponibilité du matériel et le personnel formé. L’hôpital de la CNPS à la chance d’avoir les deux, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des hôpitaux de notre pays. « Le prix international francophone Philippe Mouret 2010 que je viens d’obtenir nous donne des opportunités sur le plan international, permettant à nos amis francophones qui ont plus d’expérience que nous dans ce domaine de nous soutenir dans la formation du personnel, voir dans l’équipement des hôpitaux ».
Avec la pratique de cette technique, l’on peut espérer qu’une nouvelle ère a vu le jour dans la médecine au Cameroun tout au moins dans le domaine de la chirurgie.
Dominique Ndocki
