






![]() | Aujourd'hui | 11 |
![]() | Total | 2295011 |
Chantiers
Paul Biya se représentera avec des préjuges défavorables qu’il devra à tout prix se débarrasser lors d’une campagne de communication hors pair. Le chef du Rdpc va se battre sur trois fronts déterminants. Localement, avec ses concitoyens qui commencent sérieusement à trouver que la paix seule ne suffit plus comme argument de campagne. Il faut trouver des solutions adéquates aux problèmes de survie : santé, éducation, emploi, répartition équitable des fruits de la croissance et sécurité nationale. La dernière attaque de l’agence Ecobank de Bonabéri ne rassurent pas ; surtout que des éléments de nos forces de défense et de sécurité ont prêté main forte aux assaillants venus du Nigeria.
Le deuxième front de bataille sera tourné vers l’extérieur où les Camerounais de la Diaspora sont réfractaires à l’idée de voir un président qui, après 28 ans de pouvoir, n’est pas encore prêt à lâcher... La rupture est depuis longtemps consommée entre Paul Biya et ses compatriotes de l’étranger dont une grande partie se recrute dans la contestation. Ses séjours fréquents à l’hôtel intercontinental de Genève, ses vacances jugées coûteux de La Baule en France, la fameuse histoire des biens mal acquis ont davantage creusé le fossé de sympathie entre le président et sa diaspora. Il faut donc rétablir cette confiance brisée à travers un discours qui rassure ; un exercice qui ne sera pas du tout aisé compte tenu de l’importance de la fracture.
Mais la grande bataille sera surtout médiatique et axée vers la communauté internationale qui a, semble-t-il, adopté un nouveau concept des relations internationales qui prime le changement des régimes à n importe quel prix. Les exemples de la Tunisie, l’Egypte, la Lybie et la Côte d’Ivoire sont là pour le démontrer. La longévité au pouvoir étant devenue un facteur réel conduisant à une allergie auprès de ces nouveaux dirigeants du monde qui veulent surtout voir arriver au pouvoir des gens capables de parler le même langue, d’utiliser les mêmes outils de communication, capables de présenter un véritable business plan sur des supports modernes afin de vendre leur pays pour un développement harmonieux.
Face à cette nouvelle donne, le président sortant va préparer un plan media de séduction avec des journalistes étrangers. Mais, il n’est pas évident que cette astuce soit suffisante pour faire passer une pilule difficile à avaler. Car, même s il venait à remporter les élections haut la main, un scenario a la Burkina Faso ne serait pas à exclure et ce juste après la prestation de serment.
Arthur G. Bakande
