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Affaire du Pid : Quatre dirigeants à Kondengui

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PrisonJean Paul Ntede, Paul Ndzana, Onana Onguené et Joseph Marie Eloundou sont en détention provisoire depuis vendredi dernier. Après trois semaines de garde à vue dans les locaux de la Direction de la Police judiciaire à Elig Essono, quatre ex-gestionnaires du Programme international d’encadrement et d’appui aux acteurs de développement (Pid), ont été écroués à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, dans le cadre d’un mandat de détention provisoire.

 

Jean Paul Ntede, Paul Ndzana, Onana Onguené et Joseph Marie Eloundou doivent répondre des faits de collecte illégale de l’épargne publique et fonctionnement illégal d’établissement financier.


Interpellés le week-end de Pâques, les quatre responsables du Pid seront déférés au Parquet le mardi 26 avril 2011 et présentés au Procureur de la République. Le pasteur, Paul Ndzana, ancien président du comité de gestion, Onana Onguene, en service à l’agence Pid à Etoudi, Jean Paul Ntede, président de l’Association camerounaise des acteurs du secteur informel (Acasi), matrice du Pid et Joseph Marie Eloundou, ex-directeur administratif et financier, et quelques gestionnaires actuels avaient été aussitôt mis à la disposition de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre) où une enquête venait d’être ouverte, à la diligence de la présidence de la République. A l’issue des premières auditions, les dirigeants actuels du Programme avaient été remis en liberté pour être repêchés quelques jours après.

En décembre 2010 déjà, à la suite de manifestations violentes organisées par des épargnants au siège du Programme sis au quartier Essos à Yaoundé, Paul Ndzana et Joseph Marie Eloundou faisaient l’objet d’une première interpellation, gardés à vue au commissariat n°4, avant d’être présentés au Procureur de la République près du parquet d’Ekounou. Ils seront remis en liberté quelques jours plus tard, après s’être engagé à restituer les sommes dues aux épargnants. Engagement, à l’évidence, non honoré à ce jour.

 

Ces premières interpellations seront suivie, en interne, de l’annonce d’un train de mesures urgentes incluant la suspension de ces gestionnaires indélicats de toute activité au nom et au sein du Pid, sous réserve, précisait-on, de poursuites judiciaires.

 

L’acte fondateur indique pourtant que le Pid prévoit, dans son programme d’action, d’accorder des financements aux épargnants pour leurs micros projets. Mais pour accéder à ces financements, chaque candidat est tenu de verser 10% du montant sollicité. La cagnotte ainsi constituée par l’épargne de près de 8000 clients sera évaluée à 2 milliards Fcfa. Deux milliards de francs qui iront plutôt grossir le parc automobile constitué de grosses cylindrées des dirigeants du Programme. Au grand désarroi de nombreux petits épargnants ruinés, qui ne rentreront pas dans leurs épargnes, pas plus qu’ils ne recevront les reversements promis pour le financement de leurs micros projets.



Depuis lors, diverses plaintes d’épargnants désabusés, avaient été déposées contre les ex-dirigeants du Pid, dont celle déposée en avril dernier par le Président de l’Association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anosilp), Yimga Moussa, pour d’association de malfaiteurs. Après ces mesures d’exclusion du 15 mars 2011, Jean Paul Ntede, arroseur arrosé aujourd’hui, dénonçait, rageusement, dans un communiqué : «la dilapidation et le détournement des ressources du Pid, l’exercice d’activités politiques incompatibles avec les objectifs du Pid, la tentative de détournement et d’appropriation du Pid par des adeptes d’une église et d’un parti politique». Il entendait, par cette démarche, «rétablir la vocation humanitaire du Pid, préserver la paix sociale au sein des différentes antennes et agences du Programme à travers l’étendue du territoire national, rassurer les adhérents, les prestataires et les partenaires du Pid».


Hier encore pourfendeur de la mégalomanie des gestionnaires du Pid, Paul Ntede a, ironie de l’histoire, pris ses quartiers à Kondengui, aux côtés de ceux qu’il indexait comme responsables de la banqueroute du Programme. En attendant que la justice détermine son degré d’implication dans le naufrage du Pid.

Evariste Menounga

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