Ebolowa :Des pilleurs au village du comice



Ils opèrent depuis trois semaines, avec la complicité des riverains et à la barbe des autorités, qui, curieusement, restent indifférentes. Ngallane, village des expositions agropastorales, lors du dernier comice d’Ebolowa, n’a pas fini de défrayer la chronique dans la capitale régionale du sud. Depuis environs trois semaines, le champ du comice prend progressivement la forme d’une vaste carrière de gravier.
Du gravier récupéré sur le site à l’aide de pèles et de houes, dont se servent, les riverains et certains habitants des quartiers environnants, venus en renfort, pour récupérer le produit enfoui sous l’herbe et qui est ensuite transporté dans des hottes, des sacs en nylon, puis entassé sur place, pour livraison à des éventuels acquéreurs. Benjamin Nko’o, natif de Ngallane-village, peut d’ailleurs s’en réjouir parce que le business autour du gravier lui a déjà rapporté plus de 200 000 Fcfa en trois semaines.
En ce début de semaine, Il s’apprête encore à livrer un voyage de gravier dans un chantier de la ville, à hauteur de 50.000 Fcfa. Guy Ndono, autre natif de Ngallane estime que « Les villageois de Ngallane ne peuvent pas abandonner du gravier dans la broussaille, alors qu’il peut servir ailleurs. Nous autres, avons cru que les autorités allaient viabiliser le site du comice après l’évènement, pour capitaliser tout cet investissement. Comme rien n’a été fait dans ce sens, nous avons décidé de le faire en notre manière ».
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D’ailleurs depuis que le trafic du gravier bat son plein au village du comice, les autorités restent sans réaction. Guy Roger Zoo Olouman, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine d’Ebolowa, qui annonçait, il y a quelques semaines, la viabilisation imminente du site de Ngallane, semble bien aujourd’hui à court d’arguments. Du côté des forces vives locales, l’on demande aux autorités, notamment au délégué du gouvernement et au préfet de la Mvila, de prendre leurs responsabilités pour éviter que le village du comice ne soit pas finalement, d’ici les prochains jours, la cible de pillages programmés.
Claire Ateba, membre de la société civile, coordinatrice du centre d’animation rurale et de développement durable (Carded), s’en indigne profondément : « le comice agropastoral d’Ebolowa a nécessité de lourds investissements. C’est après tout l’argent du contribuable camerounais. Il est donc inadmissible que les autorités restent indifférentes face à ce pillage systématique et à ces actes de vandalisme vécus au village du comice ». De fait, après le gravier pillé à ciel ouvert, depuis trois semaines, tout porte à croire que les riverains et d’autres vandales venus en renfort à Ngallane vont se rabattre sur les câbles électriques et les installations des dortoirs aujourd’hui abandonnés dans la broussaille.
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