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Difficile d’être plus précis sur les griefs portés sur la gestion de Charles Metouk, à la tête de la Sonara depuis septembre 2002 ; mais des fuites indiscrètes parlent de « transactions douteuses » et de « trafics divers de carburants », impactant sur les ressources financières de l’entreprise publique.
En renvoyant le rapport d’enquêtes devant la justice, le Consupe n’a pas manifestement été convaincu des explications données par le Dg de la Sonara à ses inspecteurs et contrôleurs déployés à Limbe des mois durant. Mais à la vérité, le renvoi de Charles Metouk devant la justice, qui sera probablement accompagné de quelques collaborateurs, ne saurait surprendre que les naïfs. A titre conservatoire, son passeport avait été retiré depuis l’année dernière. Déjà en 2007, son nom figurait sur la liste des les milliardaires présumés du Cameroun, qui avait fait l’objet de quelques révélations médiatiques, et personne ne peut évoquer avec certitude la quintessence du rapport que l’expert financier Doh Collins, mandaté pour les besoins d’enquêtes auprès de certains pays occidentaux, avait dressé à son sujet à l’adresse du Vice-premier Ministre Amadou Ali.
Trafic de carburant Autant d’actes prémonitoires qui donnent à la suite judiciaire des enquêtes à la Sonara un schéma très logique. Toutefois, à en croire d’autres sources, la mort il y a quelques semaines du capitaine de corvette Essomba, en service à la Garde présidentielle, est venue corser la présomption des malversations financières à la Sonara, et aggraver la situation de son patron. Et pour cause, d’après certaines confidences, il était sur le point d’être cuisiné par les contrôleurs d’Etat au sujet du trafic de carburant, l’autre creuset des prévarications qui grèvent les finances de la Sonara. Mais en dépit de son suicide, d’une balle dans la tête, le rapport d’enquêtes du Consupe aurait retenu que ce trafic de carburant, comparativement aux bons de la garde présidentielle, constituait une source très importante de pillage des ressources financières de la Sonara.
Il ne faut d’ailleurs pas croire que le trafic du carburant à la Sonara se limitait à ses transactions douteuses avec la Garde présidentielle. Par le passé, d’autres dénonciations avaient épinglé le flou, sur fond de trafic mafieux, qui gouverne les transactions entre la Sonara et d’autres hautes administrations étatiques, voire avec certains exploitants pétroliers.
Il y a quelques mois, c’est le Directeur financier français de l’entreprise qui avait été rapatrié. Autour de cette séparation, des révélations ont évoqué un trou de caisse de l’ordre de deux milliards de Fcfa. N’empêche que pour certains fins limiers, ce « rapatriement » du Directeur financier ne constituait qu’un subterfuge visant à l’éloigner des enquêtes du Consupe. Le retrait du passeport du Dg visait-il à limiter toute nouvelle rencontre avec son Df ?
Quoiqu’il en soit, du point de vue de la gouvernance, les ennuis de Charles Metouk à la Sonara ne seraient pas que financiers. En 2009, le Chef de l’Etat en personne instruisait une enquête à la Sonara au sujet de la marginalisation présumée des anglophones au sein de cette entreprise logée à Limbe. Ses conclusions rendues publiques l’année dernière, ont révélé que pour 80%, la Sonara ne participe pas aux projets de développement dans le Sud Ouest, alors que ses dirigeants se la coulent douce. Ceux qui croyaient à la mise entre parenthèses de l’opération « Epervier » pourraient se raviser très prochainement, avec la mise en examen judiciaire du Dg de la Sonara, considéré comme l’un des fleurons des entreprises publiques au Cameroun. Mais qui malheureusement ploie sous des actes de prévarication pour lesquels Charles Metouk et quelques complices présumés pourraient s’expliquer devant la justice. © L'Anecdote : Mekol Kpwem
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