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A l’issue d’une deuxième édition du CHAN qui lui a donné satisfaction, le Président de la Confédération Africaine de Football (CAF) a confié à RFI qu’il ne briguerait sans doute pas un nouveau mandat en 2013. Il s’est dit également stressé à l’idée que l’Afrique voie son quota de places diminué au mondial 2014.
Président Hayatou, quelles conclusions tirez-vous de cette édition du CHAN à seize équipes ?
Nous avons donné une coloration au CHAN en faisant en sorte que nos six régions soient représentées.
A huit, c’était pratiquement impossible. Donc, il fallait absolument monter le nombre à seize pour permettre aux six régions qui représentent la CAF d’être présentes au niveau de la Confédération. Au niveau de la CAN, c’est un tirage au sort intégral. Une région peut amener six, sept ou huit équipes, selon son importance. Beaucoup de régions n’étaient pas souvent représentées au niveau de la CAN et nous voulions absolument faire en sorte que la fête soit continentale. C’est la raison pour laquelle nous sommes passés de huit à seize équipes, en donnant des quotas précis à chaque région. Je crois que c’est une très bonne formule et nous allons la maintenir.
C’est beaucoup de travail d’organiser une compétition à seize équipes. Le Soudan, n’avait pas accueilli de compétition depuis quarante ans, est-ce que vous êtes satisfait de la façon dont les choses se sont déroulées ?
Oui, au niveau de l’organisation, de l’engouement populaire et au niveau de tout, je crois que ce CHAN a levé toutes les craintes. On peut dire que cela a été un grand succès et je n’hésite pas à dire que je suis très satisfait de ce que nous avons pu vivre ici au Soudan.
Beaucoup de joueurs se sont quand même plaint des pelouses synthétiques ancienne génération ou de pelouses pas toujours en très bon état comme à Wad Madani. Est-ce que vous pensez que cela a nui à la qualité du jeu produit ici ?
Forcément cela a nui. Pour Wad Madani, c’est un manque de chance. Ils ont eu un retard dans la livraison du gazon synthétique. La première journée, je dois reconnaître que c’était même inquiétant. Mais après, ils se sont ressaisis. En dehors de Wad Madani, je trouve que les pelouses étaient bien. J’espère qu’à l’avenir les pays organisateurs auront des pelouses bien prêtes avant que les équipes arrivent dans le pays.
Le CHAN dure un mois, est-ce que cela a été facile de lui trouver de la place dans le calendrier ? Beaucoup de sélectionneurs se sont interrogés alors que l’on jouait le tour préliminaire dans les deux Coupes d’Afrique des clubs, ce qui les a empêchés d’effectuer une bonne préparation....
Il n’y a pas une meilleure préparation que les matchs ! Ils ont eu des matchs ici. Le tirage au sort a eu lieu il y a trois mois. Ils savaient que le CHAN devait avoir lieu au Soudan du 4 au 25 février. Ils avaient suffisamment de temps pour se préparer. Selon moi, ça, c’est un faux problème. Ils ont eu le temps nécessaire. Nous verrons à l’avenir mais nous pensons qu’il n'y a aucun problème de calendrier.
Vous ne voulez pas étendre ce CHAN aux expatriés africains, ceux qui jouent en Afrique mais hors de leur pays ?
Non, nous avons créé le CHAN justement pour fixer les joueurs. Beaucoup de joueurs qui n’ont pas trouvé de club en Europe sont revenus dans leur pays, dans l’espoir de venir s’exprimer dans le cadre du CHAN. C'est une politique délibérée de la CAF pour permettre aux joueurs qui évoluent au niveau du continent africain de pouvoir « vendre leur talent ». Ils sont nombreux ici les entraineurs venus superviser des joueurs. Il faut savoir que nous avons plus de cinq cents joueurs qui évoluent à l’étranger. Aucun continent ne connaît une saignée semblable à celle de l’Afrique, c’est dans cet esprit que nous avons créé ce CHAN.
Vous l’avez dit : il y a beaucoup de recruteurs ici. S’ils emmènent tous les Africains à l’extérieur, est-ce que cela ne va pas appauvrir encore davantage les championnats nationaux et le football local ?
C’est un dilemme. Nous voulons qu’ils restent mais nous voulons aussi qu’ils améliorent leur condition.
Qu’est-ce qui il est le mieux pour l’Afrique ?
Pour le football africain, le mieux c’est qu’ils restent. Mais pour eux-mêmes, c’est de partir pour pouvoir améliorer leur condition. Et nous n’avons pas le droit de refuser à un joueur de s’épanouir. C’est pour cela que je dis que nous sommes face à un dilemme. Mais néanmoins cela nous permet de stabiliser ces joueurs ici, de faire en sorte qu’ils jouent dans l’espoir de trouver une plateforme pour pouvoir s’exprimer au niveau international.
Un mot sur vous personnellement, est-ce que vous allez vous représenter comme président de la CAF ?
