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Les infrastructures font défaut avec un personnel insuffisant et démotivé. Nden est une localité situé dans l’arrondissement de Zoétélé, à vol d’oiseau de la résidence du ministre de la Défense M. Edgar Alain Mebe Ngo’o, une trentaine de kilomètres de Sangmélima. Cette bourgade n’est pas seulement célèbre pour ses grands monuments mythiques, son église fondée en 1923 par les Spiritains.
C’est à Nden que Paul Biya, le président de la République du Cameroun, a écrit l’une des plus belles pages de son parcours académique. Il a débuté et achevé le cycle primaire de ses études à l’école catholique Saint Michel de Nden. Un itinéraire sans fautes, de la Sil au Cours Moyen II, sanctionné par l’obtention du Certificat d’études primaires et élémentaires dans les années quarante.
Plus de soixante ans après, le passage de Paul Biya à Nden reste gravé dans les consciences collectives. Difficile de séjourner dans ces lieux sans se faire rappeler et indiquer les salles de classe qui ont accueilli le deuxième chef de l’Etat camerounais. Mais, les archives de ces moments historiques ont disparu ; difficile donc de retrouver l’identité des promotionnaires du chef de l’Etat, ses enseignants et les directeurs qui ont assuré son encadrement.
Misère
C’est avec une certaine amertume que M. Edoo Bidzang Emmanuel, directeur de l’école primaire catholique de Nden avoue cette impossibilité qui n’est autre que l’illustration d’une désuétude : « Paul Biya a fréquenté cette école. Je suis perdu au regard des bâtiments et de l’état des lieux. Tout est à refaire, à reprendre. Je souhaiterais que ma voix puisse se sentir auprès de Paul Biya pour qu’il sache que son école est délabrée ; s’il peut juste faire un geste symbolique par rapport à cette école. »
En réalité, c’est un véritable cri de cœur que lance le directeur de cette école à l’endroit du président de la République : l’école catholique de Nden doit être à l’image même de la stature du premier des Camerounais. Ici, pour un établissement à cycle complet, de la Maternelle au Cours Moyen II, et qui a un effectif insuffisant de 75 élèves suivis par 4 enseignants, les infrastructures font cruellement défaut. Faute de salles de classe, l’administration de cette école a trouvé une solution intermédiaire en optant pour le système de jumelage : Sil-Cp ; CEI-CEII ; CMI-CMII. A raison d’un enseignant par classe dans des conditions pédagogiques très difficiles et qui nécessitent un supplément d’âme si l’on veut réussir.
La galère poursuit son petit chemin dans cet environnement où les enseignants manquent de motivation. Edoo Bidzang Emmanuel, le maître des lieux, témoigne : « Nous avons aussi le problème de logements des enseignants et les salaires qui ne sont pas réguliers parce qu’il n’y a pas assez d’élèves.» Nden attend vivement le soutien du chef de l’Etat pour ne pas sombrer dans la décrépitude profonde.
Dominique Ndocki
