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Journée mondiale de la liberté de la presse : Les entreprises de presse veulent franchir les frontières de la précarité

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delegue-micomLa célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse a rassemblé du beau monde à Douala. Les patrons de presse on saisi l’opportunité pour faire des recommandations en vue de sortir l’entreprise de presse de l’ornière.
Douala, ce 03 mai 2011, aura été la capitale de la presse au Cameroun. Principal pôle de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, la capitale économique a accueilli l’essentiel des journalistes et des promoteurs des entreprises de presse de notre pays.

La particularité de cette célébration aura été cette présence d’une demi-dizaine de membres du gouvernement autour du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, à toutes les étapes du programme élaboré par la délégation régionale de la Communication pour le Littoral. Il s’agissait là de l’avis du Mincom de la preuve de l’intérêt qu’accorde le gouvernement au développement d’une presse libre et responsable au Cameroun. Mais alors que le thème choisi cette année à savoir, « Les médias au XXIème : nouvelles frontières, nouveaux obstacles » est au cœur de la réflexion à travers le monde, les patrons de presse s’interrogent sur la viabilité de la presse au Cameroun.

Propositions

Tout en louant les efforts des pouvoirs publics pour soutenir les promoteurs d’entreprises de presse, à travers l’aide financière annuelle, Séverin Tchounkeu, le directeur de publication de La Nouvelle Expression et de Equinoxe Tv, et porte parole des patrons des médias à cette occasion, souhaite que « l’on songe aux mécanismes de soutien structurés, susceptibles de garantir l’indépendance économique de la presse, et de permettre à la presse écrite, à l’audiovisuel et aux médias cybernétiques de jouer pleinement et positivement leur rôle de médiation sociale » . C’est donc à juste titre, soutient Séverin Tchounkeu, que « les promoteurs de presse devraient autant se conduire comme des chefs d’entreprise soucieux de la rentabilité de leurs outils de communication qu’en leaders sociaux éclairés, attachés à promouvoir activement le développement du pays».

Pour donc franchir les frontières de la précarité, les patrons de presse insistent sur la nécessité de penser « un business model pour l’entreprise de communication ». Cette nouvelle approche pourra être soutenue par la mise en œuvre des recommandations retenues au cours de l’atelier consacré à la réflexion sur le financement de la presse au Cameroun.

 

A ce propos, les patrons de presse plaident pour l’attribution, à la presse privée, d’une partie des fonds spéciaux destinés à la couverture des grands évènements ; étant entendu que la Crtv bénéficie déjà exclusivement de la redevance audiovisuelle prélevée sur l’ensemble des travailleurs du Cameroun. Mais il est surtout question, pense-t-on chez les promoteurs des entreprises de presse, de laisser aux médias privé la priorité des annonces légales et le bénéfice du marché publicitaire à défaut d’étendre la distribution de la redevance à l’ensemble des médias, avec la définition par l’Etat des délais plafonds pour le règlement des factures d’insertion publicitaires.

 

Par ailleurs, Severin Tchounkeu suggère que l’on « envisage comme c’est déjà le cas en Afrique de l’Ouest, en Occident et partout ailleurs, de prescrire aux compagnies aériennes faisant escale au Cameroun de procurer à leurs passagers des exemplaires des journaux locaux, ce qui assurerait des ventes substantielles à la presse locale ». Pour être efficaces, ces mesures devraient être accompagnées par une définition du statut de l’entreprise de presse qui, au demeurant, ne saurait être classifiée comme les autres structures commerciales. Il s’agira, insiste-t-on, d’établir un régime fiscal spécifique pour les entreprises de presse, avec la prise en charge des cotisations sociales par l’Etat, pendant une période qui sera définie.

 

A en croire le directeur de publication de la Nouvelle Expression, la prise en compte de telles mesures pourraient « guérir la presse nationale de ses principaux maux parmi lesquels l’on peut mentionner des enquêtes parfois non abouties et des analyses quelque fois sujettes à caution », et lui permettre de conquérir une indépendance économique indispensable à sa liberté.

Ive Tsopgue

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