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Dans les cercles proches du parti au pouvoir, des voix susurrent que soit mis un terme à la plate-forme entre les deux partis, quitte à négocier de nouveaux accords.Jusqu’à quand tiendra encore l’alliance politique signée entre le Rdpc et l’Undp au sortir de l’élection présidentielle controversée de 1992, et renouvelée après celle de 2004 ?
La question, loin d’être tranchée au sein des hiérarchies des deux formations politiques, ne manquent pas de susciter d’intérêt parmi certains cadres du Rdpc.
En coulisses, ils sont nombreux à affirmer qu’un tel accord est devenu caduc depuis des années, eu égard à son enjeu. C’est la signature de cette plate-forme de participation au gouvernement qui avait permis de stabiliser la situation sociopolitique du Cameroun, au terme de la présidentielle sulfureuse de 1992, dont la victoire était bruyamment revendiquée par le candidat du Sdf, soutenu par une coalition d’autres partis, mais fut finalement reconnue au candidat du Rdpc au pouvoir par les instances juridiques. 3e au terme du décomptes, la voix de Maïgari Bello Bouba, devrait servir d’arbitrage dans le duel des chiffres né des décomptes, tant aux yeux de l’opinion publique que de la communauté internationale.
Le Président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) avait alors choisi de pactiser avec le parti au pouvoir, qui, dans sa recherche de conciliation, recevait également le soutien de l’Union des populations du Cameroun (Upc). L’accord de participation négocié entre le Rdpc et l’Undp s’était mis en branle sur fond d’entourloupe. Issa Tchiroma Bakari et Amadou Moustapha, respectivement secrétaire général et Vice-président de l’Undp entraient au gouvernement en 1992, manifestement sans l’aval du président. Ils seront exclus du parti pour cette « trahison », mais Bello Bouba n’osa jamais remettre en cause cet accord, qui le porta au gouvernement en 1996, d’où il n’est plus jamais ressorti, contrairement à l’Upc.
Affairisme politicien Aujourd’hui, beaucoup de cadres du parti au pouvoir estiment, bien qu’en aparté, que le maintien de cet accord dans le landerneau politique du Cameroun n’est plus opportun, compte tenu de son enjeu. La situation sociopolitique du pays, surplombée par une mainmise incontestable parti au pouvoir sur le jeu politique, n’impose plus au Rdpc de s’adosser sur une quelconque coalition négociée, voire sur un accord de partage de pouvoir, pour gouverner en toute légitimité. La sortie de l’Upc (tout au moins version Kodock) du gouvernement en 2002, malgré l’existence d’un tel accord, et les jérémiades qui l’avaient accompagnée, n’empêchent pas le parti au pouvoir de régner sans anicroche. C’est dans ce précédent que pourrait se jouer l’avenir de l’Undp au gouvernement dans les prochains jours.
L’autre argument qui justifie la caducité de cet accord de gouvernement est l’effritement déconcertant de l’Undp sur la scène politique. Disposant d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale dans les années 97, le parti de Bello Bouba est actuellement représenté par un seul député à au parlement. Sa représentation a pareillement dégringolé au sein des conseils municipaux où il est représenté. Même sa base électorale de la Bénoué est en proie à la décimation depuis l’entrée de Issa Tchiroma Bakari au gouvernement, qui a grignote quelques militants Undp à lui affidés, et distille un discours révolutionnaire appelant au soutien de Paul Biya. Dans la géopolitique actuelle, seules les circonscriptions électorales de la Vina pourraient garantir un succès électoral à l’Undp. Ce qui, pour les pourfendeurs de l’alliance, est assez insignifiant pour reconnaitre à ce parti un destin national dans la gestion des affaires étatiques.
Mais au-delà de la décadence de l’Undp, ceux qui appellent à une abrogation de cet accord font bilan de sa participation au gouvernement. Ils reconnaissent qu’en dehors de la stabilité retrouvée au lendemain de la présidentielle de 1992, l’Undp n’a rien apporté à la plate-forme du gouvernement. Plus grave, son Président, le ministre d’Etat Bello Bouba Maïgari, s’est illustré ces derniers mois par des actes qui pourraient être qualifiées de trahison, selon certains Rdpcistes. On fait référence ici à ces actes d’affairisme politicien dans lesquels son nom a été cité. A savoir la tentative de musellement du Dg de l’Autorité aéronautique civile du Cameroun, fomentée par sa tutelle le ministère des Transports et le Conseil d’administration. Il aura fallu la lucidité de la présidence de la République pour remettre Pierre Tankam dans ses droits, désavouant ainsi Bello Bouba et le Pca, déchu par la suite de ses fonctions.
Auparavant, c’est Antoine Bikoro du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) qui était victime de la boulimie affairiste de Bello Bouba. Son limogeage de la Direction générale du Cnic au profit d’une Société coréenne, reste perçu par des observateurs comme une manœuvre visant à faire main basse sur cette entreprise juteuse. Ce qui expliquait l’empressement du Celcom du Mintransp à claironner quelques heures seulement après l’installation du Dg coréen, qu’Antoine Bikoro ne faisait plus partie du management de la boîte. Une position désapprouvée par la Présidence de la république, qui confirmait une fois de plus Bikoro au sein du management du Cnic, bien qu’en qualité de Directeur général adjoint chargé des Finances. Mais à la vérité, pour expliquer cette situation qui découlait d’un bras de fer souterrain entre Antoine Bikoro et sa tutelle, les sources introduites évoquent la volonté du ministre des Transports de ne pas maintenir à la tête de cette structure un Dg Rdpciste, qui de surcroît n’était pas disposé à satisfaire tous ses besoins financiers, histoire de ne pas financer un parti de l’opposition.
Le Sdf comme pièce de rechange ?
C’est d’ailleurs cette logique qui ressort de rappel à l’ordre servi par le Pm à Bello Bouba dans son implication jugée « trouble » dans l’organisation du Hadj 2010. En précisant que « le gouvernement n’est pas un champ de batailles politiques », le Chef du gouvernement stigmatisait l’attitude du ministre d’Etat qui quelques jours auparavant, avait accordé une audience aux responsables d’une compagnie arienne qui voulait assurer le transport des pèlerins pour la Mecque, dans un contexte de contestation, contrairement à la décision prise par le Minatd.
Ces scandales seraient les premières causes qui pourraient conduire à la mort de l’accord de gouvernement entre le Rdpc et l’Undp. Le contact direct entrepris entre Paul Biya et le leader du sdf Ni John Fru Ndi le 10 décembre dernier à Bamenda est perçu comme le déblaiement d’un nouvel axe de partenariat dans la perspective du maintien de la démocratie d’apaisement au lendemain de la présidentielle de 2011, que tous les observateurs prédisent tendue. Même si nos sources confirment que le Sdf ne serait pas prêt à entrer dans un quelconque gouvernement, il n’est pas exclu pour le pouvoir de récupérer les esprits de peu de foi et les candidats à la mangeoire qui existent aussi au sein du principal parti de l’opposition. Comme ce fut le cas pour l’Undp en 1992.
© L'Anecdote : Nestor Djiatou
