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Pas de candidature déclarée en vue de la présidentielle de 2011. Toutefois le Chef-lieu du département de la Bénoué pourrait constituer l’une des attractions de ce scrutin, du fait des intentions camouflées ou supposées qu’on prête au sein de l’opinion à certains de ses dignitaires.
Un journal de la place croyait tenir son scoop en annonçant la candidature d’Issa Hayatou à la présidentielle 2011, sous la bannière du parti au pouvoir.
Une des hypothèses de substitution au cas où l’actuel président national du Rdpc, candidat naturel, ne viendrait pas à se prêter au suffrage universel. L’annonce venait ainsi corser la kyrielle des conjectures et des supputations que suscite la présidentielle de 2011 au Cameroun.
Mais à la vérité, une éventuelle candidature de Issa Hayatou à la présidentielle de 2011 ne constitue pas une révélation inédite. Depuis l’année dernière, le sujet a alimenté des discussions au sein des salons lambrissés de Yaoundé et de l’extérieur. Dès l’annonce de son éventuelle candidature à la présidentielle de 2011 l’année dernière, Issa Hayatou avait tenu à préciser sa position. « Je souhaite d’ailleurs que le Président Paul Biya se représente en 2011 » avait-il tranché pour confondre ceux qui hallucinaient sur cette ambition, considérés dans son entourage comme de simples détracteurs. Mais pour qui connait que les hommes politiques ne disent pas toujours ce qu’ils pensent, le retour de cette annonce dans l’actualité suscite une meilleure attention.
D’ailleurs dans les milieux proches du pouvoir, la personnalité d’Issa Hayatou séduit pour lui donner l’étoffe de la charge. Actuel Président de la Confédération africaine de football (Caf) dont le mandat court jusqu’en 2012, ancien président de la Fédération camerounaise de football, (Fécafoot) il jouit d’une réputation incontestable qui dépasse les simples frontières nationales. Issu de la grande famille Hayatou de Garoua, faisant partie de sérail depuis l’arrivée de Paul Biya aux commandes, à côté de ses frères Sadou, ancien Premier-ministre et Alim, actuel Secrétaire d’Etat à la santé publique, et non moins Lamido de Garoua et Président du Forum des Chefs traditionnels du Cameroun, c’est un militant très effacé auquel on ne reconnaît pas beaucoup de souillure.
Garoua, retour d’ascenseur ?
Ceci ferait de lui un candidat sérieux issu d’une citadelle qui en regorge de nombreux autres virtuels. Depuis quelques temps, le nom de l’actuel ministre d’Etat chargée de l’Administration territoriale est cité dans la presse parmi les probables candidats à la succession de Paul Biya. Comme pour son frère Hayatou, l’intéressé n’a jamais déclaré une quelconque ambition pour le fauteuil présidentiel. Mais n’empêche que certains prophètes le dévisagent comme dans une boule de cristal parmi les candidats sérieux au trône. Les plus futés en font même un protégé des réseaux gaullistes, ou tout au moins de la droite française, faiseurs et défaiseurs des régimes en Afrique. Certaines confidences le disent très proche de Claude Guéant, actuel ministre français de l’Intérieur et ancien Secrétaire général de l’Elysée, dont on connait les accointances, voire les amitiés profondes avec Nicolas Sarkozy.
C’est le voyage il y a quelques semaines à Garoua, à la résidence du ministre d’Etat, de Vincent Bolloré qui a relancé au sein de l’opinion publique une éventuelle candidature de Marafa Hamidou Yaya à la succession de Paul Biya. Vincent Bolloré, un des barons de la droite française, est réputé pour ses investissements colossaux en Afrique francophone, dont au Cameroun. Mais cette rencontre de Garoua avait été lue par les analystes comme l’affirmation du soutien du régime de Sarkozy à Marafa Hamidou Yaya, dans la perspective d’une éventuelle alternance à la têtet du pouvoir. Malgré les ricochets de l’affaire Albatros pour laquelle il pourrait être invité à s’exprimer devant la justice.
Garoua serait-il prédisposé à un retour d’ascenseur du pouvoir laissé par un de ses fils, Ahmadou Ahidjo en 1982 ? Un troisième larron y fait semblant de dormir les yeux ouverts. Maïgari Bello Bouba, le Président de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), garde aussi le mutisme sur son ambition à la présidentielle de cette année. Toutefois dans l’entourage de son parti, personne ne doute qu’après la convocation du corps électoral, l’actuel ministre d’Etat n’hésitera pas à déclarer sa candidature. « Un parti politique est créé pour participer à la conquête du pouvoir… », se contente de préciser un de ses lieutenants au sein du parti.
Cette posture d’attentiste est conforme à la personnalité versatile et imprévisible de l’homme, telle que le révèle son cursus politique. Présenté comme l’un des fils spirituels du premier Président de la République, il fut le premier ministre de Paul Biya en 1982, avant de se retrouver en exil à la suite du coup d’état de 1984.
