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Cinéma : Les Petits Réalisateurs Camerounais Rêvent De Grands Films

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cinema-realisateur-CamerounaisLecinéma camerounais recherche des tribunes de diffusion depuis la fermeture des salles il y a plus de deux ans. Le sort est plus critique lorsqu’il s’agit des producteurs ou réalisateurs à petits budgets tiraillés entre la qualité technique douteuse et le rêve de décrocher un budget plus important afin de réaliser leur : longs métrages, fiction, célébrité.

 

En attendant et faute de diffuseurs tels que les chaînes de télévision, ils écument les rues des grandes villes pour vendre leurs films imprimés sur compact disque (Cd).

 

Souvent bien emballés dans des pochettes scintillantes. Mais, certains consommateurs des «films piratés» rechignent à consommer camerounais.

 

«Ils sont généralement de mauvaise qualité technique», sanctionne Pierre Rostand, qui remet sur la table le débat autour des conditions de tournage de ces films à petit budget au Cameroun. «Le mieux que j’aurai conseillé à ces jeunes réalisateurs, c’était de déposer leur dossier de candidature au recrutement de 25.000 emplois, section audiovisuel», tranche Lambert Ndzana, réalisateur et producteur de cinéma dont le sitcom, «Trois filles, deux garçons», a été diffusé sur des chaînes internationales. Pour lui, «sans un minimum vital, on ne peut pas s’exprimer activement dans le cinéma comme on le souhaite».Frank Olivier Ndema, organisateur du festival du film de court métrage «Yaoundé tout court», estime qu’«avec peu de moyens, on peut réaliser un bon film. Mais, lorsqu’on a un peu d’argent pour le faire, s’entoure-t-on toujours de professionnels pour assurer au moins le suivi ?

 

 

C’est la raison pour laquelle certains films sont des flops». Bienvenu Oloua, réalisateur professionnel depuis dix ans, pense que tout se joue au niveau de la post-production : «La qualité s’en ressent, car on ne fait pas appel à des professionnels. Le montage est une question de génie et de création.»Mais à qui la faute ? «C’est l’Etat qui coiffe, instaure les lois et textes et joue le rôle de régulateur. Il y a eu par exemple le Fodic (Fonds de développement, mis en place à l’époque. Il a été coulé par les cinéastes eux-mêmes, qui se sont servis sans penser à demain. Le chef d’Etat a mis en place un fonds d’un milliard pour la culture. Comment est-il géré ? Qui sont ceux qui le gèrent ? Si les choses étaient bien organisées, c’est nous-mêmes, cinéastes, musiciens et artistes de tous ordres, qui devrions gérer cela», plaide Lambert Ndzana. Bienvenue Oloua accuse le manque de solidarité syndicale. Frank Olivier Ndema révèle que certains producteurs de films à petit budget évoluent dans l’illégalité.

 

Diffusion

Pourquoi ne pas abandonner l’aventure, si tant est vrai que les fruits tardent à arriver ? «Si certains sont des aventuriers, nous, nous avons choisi cette profession comme métier», affirme M. Oloua qui affirme que le cinéma reste un créneau porteur, au regard du potentiel économique : «Il faut produire des films de qualité. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas reconnu tout de suite que notre travail est inutile. Notamment en ce qui concerne les documentaires.» D’ailleurs, explique Frank Olivier Ndema, «les vrais réalisateurs recherchent d’abord la reconnaissance, avant de pouvoir réaliser un film à gros budget, plus tard». Ce à travers des diffusions presque gratuites sur certaines chaînes de télévision, «puisque, selon Bienvenue Oloua, le marché local est étroit».

 

L’intéressé en profite pour louer les efforts de la Cameroon Radio Television (Crtv), qui coproduit ou préachète des productions locales. Les cinéastes à petit budget n’échappent pas également à la piraterie «lorsque le film prend de la notoriété». Sur le plan international, les festivals et autres chaînes de télévision servent également de support de diffusion de ce cinéma camerounais balbutiant, lorsqu’il est de bonne facture technique. Tv5 et Canal France international (Cfi), sont les plus en vue. Localement, trois festivals s’imposent : les Ecrans noirs de Bassek Ba Kobhio, la Nuit du cinéma de court métrage de Michel Kuate et Yaoundé Tout court de Sud Plateau, avec Frank Olivier Ndema et Mérimée Padja.

 

A l’Association des producteurs indépendants de cinéma du Cameroun (Apic), l’on pense déjà aux solutions pour sortir les opérateurs à la bourse maigre. «Il faut travailler avec d’autres personnes, en petit groupe, car seul on ne peut pas aller loin. Le cinéma est un gâteau énorme dont chaque partie prenante doit avoir sa part. Une seule personne ne peut le manger et le terminer», propose déjà Lambert Ndzana. F. O. Ndema estime que les pouvoirs publics doivent imposer aux opérateurs de téléphonie de reverser une taxe au cinéma, comme cela se passe au Tchad. Il insiste sur un fait : «Il faut produire des films, de bonne ou de mauvaise qualité, mais il faut produire.» Il pense aussi qu’avec un petit budget, on peut produire un bon film.

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