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Halte à la répression des journalistes qui enquêtent sur la corruption publique. Un an après la mort de Ngota, le CPJ réclame la justice et des réformes... New York, le 22 avril 2011- Le gouvernement du Cameroun doit engager des réformes pour permettre aux journalistes de faire des reportages ou mener des enquêtes sur des questions d'intérêt public sans crainte de représailles,
a déclaré le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans une lettre adressée aujourd'hui au Président Paul Biya. Le CPJ a interpellé le Président Biya un an jour pour jour après qu'un journaliste camerounais ait trouvé la mort en détention provisoire dans une prison de la capitale Yaoundé.
Le journaliste avait été arrêté avec 3 autres après avoir envoyé un protocole d'interview au Secrétaire-Général de la présidence du Cameroun sur son implication dans un présumé scandale de détournement de fonds publics à la société pétrolière d'Etat du Cameroun, la SNH. Le CPJ tient le gouvernement responsable de la mort de Cyrille Germain Ngota Ngota, qui était le directeur de publication du mensuel Cameroun Express. Le journaliste a péri en prison le 22 avril 2010, en raison d'un manque de soins médicaux malgré ses demandes répétées d'assistance. Les autorités pénitentiaires, judicaires, sécuritaires et présidentielles doivent rendre compte de leurs faits et gestes devant la justice. Ngota a d'abord été arbitrairement arrêté le 5 Février 2010 par des agents de renseignement aux ordres du Secrétaire-Général de la présidence camerounaise Laurent Esso, selon la propre enquête gouvernementale rendue public en Septembre 2009.
L'arrestation avait pour but de démasquer les sources d'un document sur lequel était fonde les allégations de détournement de fond compromettant Esso, selon la même enquête. Un autre journaliste arrêté avec Ngota avait accusé les agents de renseignement de l'avoir torturé pendant sa détention. Le CPJ a exhorté Biya dans la lettre à mettre fin aux pratiques de détentions abusives et de poursuites pénales dont se servent les responsables et personnalités publiques pour régler des comptes avec leurs détracteurs dans la presse. L'organisation a également appelé à « l'abrogation des peines d'emprisonnement en matière de délits de presse et le transfert des infractions par voie de presse du régime pénal au droit civil. » Selon le CPJ : « De telles reformes satisferaient l'équilibre entre l'intérêt public et la sauvegarde des principes démocratiques fondamentaux tels que la transparence, l'accès à l'information et la responsabilisation, tant des journalistes que des personnalités publiques. » Malheureusement, l'affaire Ngota fait partie d'une tendance globale à la répression, souvent mortelle comme dans le cas d'espèce, contre le journalisme d'investigation.
Ainsi, de nombreux gouvernements opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse qui met en examen la gestion de la chose publique. Plus tôt ce mois-ci, un gouverneur de province au Cameroun avait jeté un journaliste en prison pour ses investigations au sujet de l'arrestation de deux employés d'une société d'Etat. Les autorités ont ensuite déclaré que le reporter avait été détenu pour sa propre protection.
Les autorités camerounaises ont également interdit un journal dans le cadre d'un harcèlement judiciaire continu des journalistes enquêtant sur la gestion gouvernementale. Avec un score de 2,2 sur 10 dans le domaine du secteur public, le Cameroun est classé comme très corrompu sur l'indice de Transparence International.Le COMITÉ POUR LA PROTECTION DES JOURNALISTES (CPJ), est une organisation indépendante, à but non lucratif basée à New York et dévouée à défendre la liberté de la presse dans le monde depuis 1981.
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Magnus Ag
Associé de communication et du Plaidoyer
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