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Cette association veut interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité de subventionner les producteurs agricoles à travers une marche citoyenne qu’elle organise le 13 mai 2011 à Yaoundé.*
Malgré les récentes mesures présidentielles visant à créer une banque agricole au Cameroun destinées au financement des Pme et Pmi, l’installation d’une usine de montage des tracteurs à Ebolowa, et les dons en intrants agricoles offerts aux paysans par le chef de l’Etat dans les dix régions à l’ouverture de la campagne agricole 2011, l’association de défense des intérêts collectifs, Acdic, estime que ces mesures sont encore insuffisantes pour booster véritablement le monde rural constitué de 97% de petits producteurs.
Cette catégorie sociale reste encore « ignorés des décisions prises dans l’optique de booster la production agricole ». Conséquence, les 95% de produits vivriers consommés et issus de cette activité proviennent de l’usage d’outils rudimentaires. Or, pour améliorer la productivité et la rendre plus durable et rentable, il faut penser, avec la banque mondiale dans son rapport de janvier 2007 sur l’agriculture au service du développement, que « les gains en productivité dans les petites exploitations sont d’une nécessité absolue car ils servent de base à une croissance économique nationale, instrument de réduction massive de la pauvreté et pourvoyeur de la sécurité alimentaire ».
Les fluctuations des cours des produits de première nécessité malgré la création de la Mirap, et la dépendance aux produits importés dont le seuil pour le cas du riz se situe à 450.000 tonnes en 2010 sont toutes choses de nature à fragiliser davantage l’agriculture nationale . Et du coup, les ménages en payent ainsi le lourd tribut dans la mesure où leurs pouvoirs d’achat ne leur permettent pas de bien se nourrir.
Réalités
Après avoir pris acte de l’échec des mesures prises par les pouvoirs publics pour résoudre le problème des importations massives des produits de grande consommation, et de l’inadéquation entre les solutions proposées et la réalité socio économique, le bureau exécutif de l’Acdic annonce une marche citoyenne le 13 mai prochain à Yaoundé. Bernard Njonga a expliqué les enjeux de cette autre initiative qui intervient 3 ans après la marche dispersée de 2008 en faveur d’un plaidoyer pour la fin des détournements dans la filière maïs au Minader, laquelle marche s’était soldée par l’arrestation du président de l’Acdic et certains manifestants.
Pour justifier ce rebondissement, Bernard Njonga estime que sa démarche s’inscrit aux lendemains des échecs observés dans les actions de lobbying et de plaidoyer qu’elle a initié ces six dernières années « en faveur d’un meilleur accompagnement des producteurs, d’une valorisation des emplois ruraux, d’une éradication du clientélisme, de la corruption au Minader, et d’une souveraineté alimentaire nationale. »
L’on se souvient en effet que cet acteur de la société civile avait réclamé à cors et à cri à travers des pétitions, le soutien financier aux producteurs par la subvention directe sous forme de prime à la production pour les cultures comme le maïs, le plantain, l’igname, le haricot. L’instauration du pain enrichi aux farines de maïs, de patate simultanément avec le lancement des programmes d’appui à ces filières. Plusieurs séances de dégustations de produits locaux ont été organisées pour montrer la richesse de notre pays. Mais, ces propositions sont restées lettre morte. Même si de prime abord le président de l’Acdic rejette l’éventualité de l’interdiction de la marche, il promet d’offrir à chaque manifestant des chèvres, moutons, poules, pintade, oie, dinde, canard, lapin pour montrer aux yeux du monde la riche diversité que regorge notre pays en termes d’oiseaux et d’animaux.
Floriane Payo
