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France-Afrique: Degradations des relations Quand les intellectuels africains crient de plus en plus leur douleur...

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afrique-franceAprès le début du Printemps Arabe, plusieurs évenèments se sont déroules sur le continent Africain conduisant à des analyses plus ou moins objectives. Beaucoup d'encre a coulé; plusieurs actions ont été menées. Puis les remous en Côte-d'Ivoire et en Libye sont apparus. Et du coup silence total ... ou silence complice. J'ai comme l'impression que la blogosphère est devenue atone.
Que l'intelligentsia africaine s'est tue, dépassée par la disproportion dans les actes, et par l'hypocrisie de ceux qui étaient supposés incarner les valeurs dites "internationales" ; ces valeurs à géométrie variable qui justifient aujourd'hui que le continent africain soit à nouveau violé dans son corps, dans sa chair et dans ses valeurs. Par ce petit pamphlet, je crie ma douleur en tant qu'Africain à l'heure où le bilan des insanités en Cote d'Ivoire et en Libye commence à se préciser. D'autres feront certainement des analyses plus étoffées des évènements de ces derniers mois.

Je commence par notre cher Laurent Gbagbo.

Bien que j’aie éprouvé de la sympathie pour Laurent Gbagbo, bien entendu pas pour ses valeurs démocratiques (son nationalisme ayant plus trait à un nationalisme de circonstances), je pense qu'il a lui-même créé les conditions de sa propre déchéance.
Laurent Gbagbo savait bien qu'il ne pouvait pas gagner contre la soi-disant "communauté internationale". Mais, en « expert boulanger » qu'il était, il croyait être une fois de plus en mesure de rouler tout le monde dans la farine, même son propre peuple comme il l'a fait pendant dix ans. Malheureusement, a la fin de son règne, sa pâte n'a plus levé, et son pain est devenu rance, donnant des coliques à tout le monde.


Je crie ma douleur parce que Laurent Gbagbo a eu dix ans pour affranchir son peuple du joug de la petite "f"rance en lui donnant plus de pouvoir, plus de souveraineté. Mais non, il a voulu garder le pouvoir absolu et par conséquent a rendu la tâche facile aux véritables ennemis de la Côte-d'Ivoire; Il a suffi de le prendre pour cible et re-asservir toute une nation. La probabilité est aujourd’hui grande de voir le schéma ivoirien se reproduire dans d'autres pays africains. Oui, je crie ma douleur.

Je crie ma douleur lorsque je vois mes frères Ivoiriens se déchirer autour d'un concept aussi puant et nauséabond que l' « Ivoirité ». Oui l'  «Ivoirité». Parlons-en. Et pour une fois, soyons honnêtes envers-nous-mêmes ! L'Ivoirité ne date pas des années quatre-vingt-dix, période à laquelle elle est seulement devenue publique ! L'Ivoirité date en fait d'Houphouët-Boigny qui ne l'a juste pas formalisée. Houphouët-Boigny en son temps importa de la main d'œuvre des pays voisins (Burkina Faso notamment) pour aider à la construction de la Côte d'Ivoire. Ce qui fut un franc succès. Mais personne à ce jour ne s'est posé la question de savoir pourquoi, après pratiquement trois décennies de pouvoir sans partage en Côte-d'Ivoire, Houphouët-Boigny n'a pas naturalisé ces travailleurs immigrés qui ont pourtant bâti ce beau pays. La raison en est simple. Il avait autant peur du Nord musulman d'où venait la plus grande partie de ces immigrants que des Konan Bédié, Laurent Gbagbo, et Robert Guei, etc. Pour ce qui est de la désignation par lui-même d’Alassane Ouattara au poste de Premier Ministre, il est de bonne pédagogie de rappeler que Houphouët-Boigny s'était attaché les services d’Alassane Ouattara sous la pression des institutions de Bretton Woods et des créanciers de la Côte d'Ivoire, et principalement la France et les États-Unis ; lesquels font aujourd'hui la guerre en Côte d'Ivoire. Par là, il éclipsa la question de l’Ivoirité de son agenda politique et choisit donc de laisser cette hypothèque aux générations futures. Et c’est donc tout naturellement que la rhétorique de l’Ivoirité fut reprise par d’opportunistes leaders politiques (Konan Bedié, Laurent Gbagbo, feu Robert Guei) ; lesquels s’étaient donnés pour finalité d’écarter Ouattara des élections, d'où la crise actuelle. Ce qui n'exclue tout de même pas que Ouattara soit entré au Fonds Monétaire International (FMI) en 1968 en tant que ressortissant de la Haute-Volta, aujourd'hui Burkina Faso.



Ces immigrants qui ont participé à la réussite économique de la Cote d'Ivoire sont-ils pour autant moins Ivoiriens que les Ivoiriens que je qualifierais de « souche » ? Pour certains, rappelons-nous bien que nous sommes pratiquement à la troisième génération de ces Burkinabés d’origine nés et ayant vécu et travaillé en et pour la Côte-d’Ivoire. Si nous répondons par l’affirmative à cette question, pourrons-nous encore nous plaindre de la petite "f"rance, même sous la présidence du petit Hongrois actuellement à l'Élysée, quand elle traite les Africains de France comme des citoyens de seconde zone? Oui je crie ma douleur.

Je crie ma douleur parce que la terre de nos ancêtres a été violée avec la complicité de nos frères africains. Il suffit de voir le silence complice de la majorité des chefs d'États africains. Très peu, a l'instar du président angolais Samuel Dos Santos ont eu le courage de dire NON à la bêtise qui se préparait, et qui fût mise en pratique en Cote d'Ivoire sous le couvert d'élections que nous savons tous truquées par les deux camps. Oui je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois comment l'Afrique une fois de plus devient le champ d'expérimentation et le laboratoire de toutes les stupidités et incivilités du monde. Pour une élection à problème, les Africains, Ivoiriens en tête, ont permis que la petite "f"rance sous le couvert de ce machin qu'est l'ONU aille bombarder les symboles d'un Etat ; profitant ainsi de la circonstance pour tester de bombes et avions qu'elle n'arrive pas à vendre. Où cela s'est-il vu ailleurs dans le monde?


Alexandre Loukachenko (en Biélorussie) après sa réélection teintée de fraude a jeté tous les candidats à la présidence et plusieurs autres opposants politiques en prison ; et tout ce que l'OSCE (Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe), les Etats-Unis et l'UE ont trouvé à dire, c'est qu'ils condamnent la répression des manifestations et réclament la libération immédiate des opposants. Comptez en Côte-d’Ivoire le nombre de candidats à la présidence que Laurent Gbagbo a jeté en prison ! Que dire de la Birmanie où la victoire du Dr. Aung San Suu Kyi a été rejeté par la junte au pouvoir, et celle-ci a été assignée à résidence surveillée pour quinze ans sans que notre chère "communauté internationale", et les pays voisins de la Birmanie ne demandent l'usage de la force contre la Birmanie. Cherchez l'erreur! Oui je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois l'attitude des Occidentaux lorsque des troubles éclatent dans l'un de nos pays. Ils rapatrient tous leurs ressortissants de concert, et très souvent en s'entraidant. Ainsi vous verrez les Américains aidant les "e"uropéens à sortir des zones à problèmes et réciproquement. Comme quoi, il est normal de profiter des ressources minières, de la main d'oeuvre à bas prix et de l'hospitalité des Africains, mais pas question de verser une goûte de sang blanc sur ces théâtres là ! Il faut laisser les Africains seuls se couper à la machette dans des conflits créés par ces mêmes Occidentaux. Je crie ma douleur quand je constate que nous Africains n'avons pas encore compris que pour l'Occident, les valeurs humaines s'arrêtent à la porte de l'Afrique. Le sang Africain n'ayant pas la même couleur que le sang occidental. Le sang occidental étant rouge, et le sang africain étant rouge NEGRE. Oui, je crie ma douleur.

Je crie ma douleur quand je vois comment Ouattara, le Président de la Cote d'Ivoire reconnu de la "communauté internationale" est arrivé à présidence, assis à califourchon sur le canon d'un char "f"rancais en montrant du doigt la présidence de la république alors que les "f"rançais et les Américains se partageaient les richesses de la Cote d'Ivoire dans des salons feutrés de Paris et Washington, et préparant l'ardoise a présenter au nouveau président. Oui je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois des soldats "f"rancais dans les rues d'Abidjan se comporter comme en terrain conquis. Cela me rappelle les évènements de Mai 1978 quand la légion "f"rancaise et les para commandos belges sautèrent sur Kolwezi dans le bas-Zaïre pour contrôler la riche région minière du bas-Shaba, sous le prétexte fallacieux de libérer les otages européens retenus par les rebelles Katangais, avec la complicité de Joseph Désiré Mobutu. Oui je crie ma douleur.

Je crie ma douleur parce que nos chefs d'Etat n'ont toujours pas compris que la meilleure façon pour eux de se protéger contre les pressions extérieures est de donner la parole et le pouvoir à leurs peuples. Il suffit de voir comment les chefs d'Etat occidentaux (Etats-Unis, France, etc.) se cachent derrière la souveraineté de leur peuple et parlements pour se débiner face à certaines de leurs responsabilités internationales.

Je crie ma douleur quand je vois comment Laurent Gbagbo, qui jusqu'a son arrêt représentait les institutions de la république de Côte d'Ivoire est présenté aux média en sous-vêtements. Et par qui? Par des Ivoiriens. Que l'on me montre, dans l'histoire récente du monde un chef d'état en occident ou ailleurs qui a été ainsi traité. Gbagbo a-t-il fait pire que Milosevic? Je ne me rappelle pas Milosevic avoir ainsi éte humilié. Que George W. Bush en Irak, en Afghanistan et au Pakistan? Veritable criminel de guerre lavé plus blanc que blanc et protegé par le nègre de service actuellement a la maison blanche. Oui je crie ma douleur.

Je crie ma douleur devant tant de gâchis, de morts, de destructions en Cote d'Ivoire. Des enfants qui pleurent leurs parents. Des parents qui pleurent leurs enfants. Des Ivoiriens qui pleurent leurs frères et amis. L'accès à la présidence de la république en valait-il tant? Ce sang rouge NEGRE versé n'a-t-il pas de valeur pour nous Africains?

Je crie ma douleur quand je vois des Ivoiriens danser dans la rue à l'annonce de la déposition du président Laurent Gbagbo. Non pas que certains n'aient pas de raisons de célébrer son départ. Mais je crie ma douleur parce qu'ils ne savent pas et ne verront certainement pas la douloureuse ardoise que la fameuse "communauté internationale" présentera à leur pays le moment venu (accords secrets oblige). Oui je crie ma douleur.

Je crie ma douleur quand je vois des Africains se pavaner devant des tribunes avec des récompenses (Awards) à eux remis par ces occidentaux, soi-disant défenseurs des valeurs universelles ; valeurs qui curieusement n'ont pas la même signification et application en Occident et dans les parties du monde où leurs intérêts économiques pourraient être menacés. Je ne suis pas en train de dire que le travail fait par ces frères et soeurs africains ne mérite pas d'être reconnu. Ma douleur vient du fait qu’ils sont la plupart du temps utilisés par l'Occident comme têtes de pont pour préparer des actions subversives et iniques sur le continent Africain à leur insu. Pendant que les Occidentaux, avec leur passé et actes sur le continent leur montrent littéralement la lune (leurs objectifs), eux, regardent plutôt le doigt (des occidentaux) pointant la lune pour une gratification immediate. Leur récompense dans le viol de la terre de leurs ancêtres. Ils montrent de ce fait un manque criard de vision, de compréhension totale des évolutions du monde autour d'eux, et d'ambition pour leur pays et l'Afrique toute entière. Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je constate que nous Africains n'avons pas compris que ce n’est pas la démocratie qui nous apportera la prospérité. Mais le travail et une rapide adaptation aux changements fondamentaux de l'économie mondiale. Non pas que je ne crois pas aux valeurs démocratiques. Mais que les Occidentaux nous distraient avec leurs valeurs supposées universelles alors que des dictatures (éclairées) comme la Chine, et la Corée du Sud (laquelle jusqu'en 1988 était bien une dictature), ont fait des bonds économiques extraordinaires. Comme quoi, l’absence de démocratie n'est pas synonyme de sous-développement. Comment justifier, au nom de valeurs prétendument démocratiques de cette soi-disant "communauté internationale", la destruction de tant de biens meubles et immeubles en Côte-d'Ivoire? Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je constate que, dans les révolutions ailleurs dans le monde (Etats-Unis, France, Vietnam, Chine, etc.) des citoyens ont versé leur sang pour libérer leurs pays, et que nous Africains, versons notre sang, avec notre complicité pour nous faire recoloniser. Comment allons-nous désormais appeler la Cote d'Ivoire? Colonie "f"rançaise de Cote d'Ivoire? Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois que nous Africains n'avons pas compris que ce machin qu'est l'ONU sert uniquement les intérêts des plus grands contributeurs à son fonctionnement. Il est regrettable que cinquante ans après l'assassinat de Lumumba avec la complicité des Occidentaux et de l'ONU, nous croyions encore à l'impartialité de ce machin (ONU). Oui je crie ma douleur.

Je crie ma douleur quand je vois comment nos oppositions africaines en manque d'inspiration et d'idées font appel à l'Occident pour faire partir des présidents en place. Croient-il que ces Occidentaux le feront pour le bien du continent? Que non! Dans les relations internationales, il n'y a pas de bons sentiments. Seuls les intérêts priment! Si c'est au prix que vient de payer la Cote d'Ivoire que les oppositions africaines veulent prendre le pouvoir, alors je les invite à gentiment continuer à aller aux élections gagnées d'avance et se contenter des prébendes qu'on leur verse jusqu'a ce qu’ils trouvent une faille dans le système, ou alors qu'ils laissent d'autres continuer le combat pour une Afrique meilleure sans se vendre aux Occidentaux. Si c'est au prix que vient de payer la Côte d'Ivoire que les Occidentaux veulent démocratiser l'Afrique, alors, qu'on foute la paix aux Biya, Dos Santos, Mugabe et autres. Les solutions aux problèmes de l'Afrique doivent venir et viendront de l'Afrique! Ces présidents n'ont peut-être pas mis l'Afrique sur orbite, mais ils ont eu l'intelligence de préserver la paix dans leur pays respectifs, avec des compositions ethniques diverses, aux intérêts discordants, explosifs pour des états aussi jeunes. Leurs méthodes mériteraient d’être enseignées dans des cours de sciences politiques Occident.

Je crie ma douleur quand un pays aussi riche que la Côte-d'Ivoire autorise l'ONU à financer des élections sur son territoire, en oubliant qu’il mettait de facto sa souveraineté entre parenthèses. Alors qu'au même moment, Gbagbo et ses thuriféraires planquaient des milliers de milliards de FCFA dans les banques occidentales. Un argent qui ne leur sera jamais rendu. Cet argent n'aurait-il pas servi à organiser et gérer soi-même les élections en Côte d'Ivoire? Oui, Je crie ma douleur. J'espère qu'un autre pays Africain ne commettra pas la même bêtise.
Je crie ma douleur quand je constate que nous Africains n'avons pas encore compris que la petite "f"rance est un pays du tiers monde qui ne doit sa survie que grâce aux relations incestueuses qu'elle entretient avec ses anciennes colonies. Pour exemple, la facture énergétique de la "f"rance est supportée par l'uranium du Niger à travers Areva, alors que le PIB par habitant est de 739 dollars Américains. Que ne pourrait faire le Niger avec son uranium s'il était libre de le vendre librement sur le marché international ! Puis par le Congo Brazzaville et son pétrole contrôlé par Sassou N’guesso et les compagnies "f"rancaises alors que le plus grand centre hospitalier de Brazzaville n'a pas d'ascenseur. Les parents des malades étant ainsi obligés de les porter sur des brancards et gravir cinq étages pour avoir access aux soins. L'industrie "f"rancaise quant à elle profite des accords de coopération secrets avec les anciennes colonies "f"rancaises ; lesquelles accordent l’exclusivité à la "f"rance, à travers la pratique de prix extrêmement avantageux sur tous les minerais importants pour la "f"rance. Et dans ce schéma, l'ancienne colonie ne peut vendre ses ressources naturelles à d'autres pays que lorsque la petite "f"rance se montre désintéressée. De même, dans ces accords, chaque pays de la zone CFA a l'obligation de verser 65% de ses avoirs au trésor "f"rancais pour garantir la convertibilité de cet instrument de l'esclavage de l'Afrique "f"rancophone qu'est le Franc CFA. Un argent dont les Africains n'ont jamais vu les intérêts générés depuis que ce système inique a été mis en place. Le principe du compte d'opérations, à la base de tout le système, impliquant pour l'Afrique de la zone CFA une rigueur budgétaire exacerbée et des fuites massives de capitaux vers l'Europe. Ce qui représente pour la région une véritable institutionnalisation de l'appauvrissement socio-économique [1]. C'est cet argent, et les intérêts générés, qui nous est encore prêté par la petite "f"rance, et qui sera également prêté à la Côte-d'Ivoire pour sa reconstruction ; et ce, dans le seul intérêt de la "f"rance. Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand nous Africains n'avons pas compris qu'il n'est pas dans l'intérêt de l'Occident de nous voir nous développer parce que nous deviendrons ainsi des concurrents pour l'accès aux minerais de notre propre sous-sol. Prenez le cas de la Chine qui n'exporte pratiquement plus les minerais rares utilisés dans l'électronique. Si la Chine ne disposait pas d'industrie de transformation de ces minerais, les Occidentaux les lui achèteraient à vil prix. Comme la Chine contrôle désormais les quantités vendues (à prix d'or sur le marché international)  tout le monde s'est jeté sur le coltan qui est pillé en République Démocratique du Congo (RDC), avec la même Chine comme premier acheteur! Croyez-vous que l'on permettra sans haute lutte que la République Démocratique du Congo s'affranchisse de la tutelle occidentale? N'est-il pas suspicieux de voir que la RDC a reçu la plus grosse mission des Nations Unies sur son territoire depuis la création de cette institution. Et des raisons sont toujours trouvées pour maintenir cette force sur place? Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je constate que nos chefs d'Etats n'ont pas compris que la meilleure façon de protéger nos ressources minières et nos forêts est de donner le pouvoir au peuple, et de ce fait renvoyer toute pression de l'Occident à des parlements élus. De la sorte, ils s’assureraient une place bien plus honorable dans l’histoire de leurs pays. Oui, je crie ma douleur.

Je crie ma douleur quand je constate que nos chefs d'Etat n'ont pas compris que les soulèvements en Afrique depuis les années quatre-vingt-dix leur envoient le message selon lequel, s'ils perdent le sens des réalités, le contact avec leur peuples, s'ils ne servent pas leurs peuples comme ils le méritent et résolvent leurs problèmes, ils devront faire face à de sérieuses conséquences. Les mécontentements vont s'accumuler et, indépendamment du temps qui s'écoule (ra) ces peuples vont se retourner contre eux [3].

Je crie ma douleur quand je vois que nos dirigeants africains et anciens chefs d'Etats se sont engouffrés dans cette nouvelle niche qui est la diplomatie-business. Payés à coup de milliers de dollars par une certaine "communauté internationale", ils sillonnent le continent pour vendre les positions de l'Occident au nom de la paix. De quelle paix parle-t-on? La Pax Franca ou la Pax Americana? Pax Diaboli! On voit déjà les résultats en Cote d'Ivoire et en Libye.


Je crie ma douleur quand je vois certains de nos hommes politiques et leurs affidés se faire filmer avec de larges sourires sous les lambris dorés des grandes places occidentales, dans des agapes dignes des banquets romains où ils sont soulés au champagne pour baisser leurs gardes afin de  vendre a vil prix notre souveraineté en echange de quelques babioles à titre personnel, babiole digne des quincailleries des comptoirs coloniaux européens. Il n'est pas rare de les entendre dire "Voici une photo prise avec le president tel. Et en voilà une avec tel ministre "f"rancais" de je ne sais quoi, comme si une photo prise avec un ministre "f"rançais était un trophé. Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois le respect qu'on donne à ce syndicat de chef d'Etats qu’est l'Union Africaine. On l'envoie en mission de médiation en Lybie et en Côte-d'Ivoire, mais on ne l'invite pas sur la table de négociations où et quand les frappes sont décidées, pour un mandat qu'ils n'ont pas donné à cette "communauté internationale". Je vois encore l'ambassadeur d'Afrique du Sud a l'ONU se lamenter en disant ne pas se rappeler avoir donné l'autorisation dans son vote aux Nations Unies de bombarder la Côte-d’Ivoire. Trop tard ! Vous avez voté pour un mandat que vous ne maitrisiez pas ! Pauvre Jean Ping. Pendant qu'il se démène à amener les protagonistes Libyens à la table de négociations, les frappes sur la Lybie sont décidées à "p"aris à son insu et personne n'a eu la courtoisie de l'en avertir. Seul le chef d'Etat Sud-Africain, Jacob Zuma a l'honneur d'un coup de fil du nègre de service a la maison blanche pour l'avertir de l'imminence des frappes sur la Libye. On ne va quand même pas froisser la première économie africaine. Business oblige. Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand nous Africains n'avons pas compris qu'en donnant l'autorisation a cette fumeuse "communauté internationale"  d'attaquer la Libye et la Côte-d'Ivoire, on donnait à la "f"rance une occasion rêvée de démontrer les capacités de ses avions de chasse Rafales, dont pas une seule copie n'a été vendue à ce jour à un client autre que l'armée de l'air "f"rancaise avec des coûts de production gigantesques qui ont explosé. Le Brésil de Lula étant le dernier pays à avoir snobé les Rafales "f"rançais malgré un voyage spécial du petit Hongrois de l'Élysée pour sécuriser cette vente. Les pays n'achetant des avions de combats qu'avec la garantie que le pays constructeur va continuer à en assurer la maintenance et l'évolution, donc faire des guerres. Quoi de meilleur que des théâtres de combats pour prouver la durabilité et l'efficacite de ces engins de mort. La "f"rance se devait donc de trouver un champ d'opérations pour montrer que ses Rafales sont fiables. Et pourquoi pas l'Afrique? Mais, au lieu de s'engager directement contre les installations anti-aériennes de Kadhafi, le petit Hongrois de l'Élysée a attendu que le nègre de la maison blanche utilise des missiles Tomahawks pour affaiblir le dispositif de défense de Kadhafi et par la suite envoyer ses piètres Rafales. Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois que les élites Africaines soutenant les frappes contre la Libye n'ont pas compris les enjeux en place qui sont le contrôle militaire de la méditerranée et  le contrôle des ressources pétrolière de la Tripolitaine. Le nègre de service a la maison blanche s'est allié aux pouvoirs décadents "f"rancais et Britannique pour intervenir dans une guerre civile sous le fallacieux prétexte de la protection des civils ne résistant à aucune logique  et à la vérité. La coalition actuelle étant la résultante des ambitions distinctes de chacun, expliquant ainsi ses contradictions internes [5].  Si les aspirations aux droits démocratiques du peuple libyen méritent notre total soutien tant qu' elles sont pacifiques comme cela s' est vu avant hier en Europe Centrale et hier en Egypte et en Tunisie avec les résultats probants, elles ne sauraient, sans perdre leur âme et donc leur légitimité, se muer en rébellion armée dont une main sournoise tirerait les ficelles dans l' ombre. Feindre d’ignorer que Kadhafi fait face à une rébellion armée et se précipiter pour venir détruire un pays '' pauvre'' est immoral et politiquement injustifiable de la part d’un pays dont le Président le plus prestigieux, Abraham Lincoln, avait engagé une guerre civile qui a fait de 600.000 morts contre une ... ''rébellion armée'' d' une nature identique. [2]. Oui, je crie ma douleur.

Je crie ma douleur quand je vois le nègre de service à la Maison Blanche, lui, un Africain de pur sang... Alors que d’autres continents bénéficient de véritables ''Plan Marshall'' financiers en terme d’afflux  d’investissements américains, notre ''frère'' n’a pas trouvé mieux que de perpétrer l’énième viol de la terre de notre continent par le bombardement par des centaines de missiles Tomawaks ; une manière cynique et immonde de vider l' arsenal constitué hier pour lutter contre l' URSS. N’est-ce pas le summum de l’immoralité que de s' acharner à détruire ainsi un pays qualifié de pays du tiers monde, dont ''pauvre'', tout en préservant des sanctuaires inviolés de son propre pays [2]? Oui, Je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je constate que le premier investissement majeur du premier président noir de la première puissance économique mondiale est l'utilisation des missiles Tomahawks a $1.5 millions de dollars l'unité, dont plus de 215 ont été largués sur la Libye. Qui aurait cru que le premier président noir des Etats-Unis (Africain de souche) serait le premier président américain à déverser tant de bombes sur un pays africain? Oui, Je crie ma douleur à la seule pensée d'avoir voté pour lui en 2008 et avoir pleuré le jour de son inauguration. Oui, je crie ma douleur.


Je crie ma douleur quand je vois une certaine intelligentsia africaine jouer les dilettantes sur le devenir et la souveraineté de l'Afrique, jouant de ce fait le jeu de l'Occident. L'Occident nous jette des os par terre et s'amuse à nous voir débattre profusément des sujets déjà étudiés et clos quand ils se préparent à commencer quelque chose de cynique sur le continent. Je suis étonné d'entendre un silence assourdissant de la blogosphère et autres forums de discussions tant les résultats des opérations sur les théâtres ivoiriens et libyens font honte à voir.

Et je crie enfin ma joie. La joie de voir qu’autour de la "f"rance, le monde change de plus en plus vite. Des jeunesses se libèrent de la peur. Des continents avancent à grands pas vers des richesses inattendues. Et que la "f"rance est de plus en plus immobile, interprétant tout à l'aune de son nombril. S'accrochant à des privilèges d'un autre âge. Endormie sur le confort rassis et auto satisfait dans lequel elle se complait ; elle explique à son peuple que le seul risque que la France court est d'être envahie par des peuples ignorants et envieux. Oubliant au passage que bien d'autres grandes puissances avant elles sont mortes d'un même aveuglement, et pour avoir oublié que l'apologie du statu quo est le début de la fin. Oui je crie ma joie [4].

À nos dirigeants Africains pour lesquels le statu quo a été jusqu'ici profitable, je dirai qu’il est urgent de regarder l'horizon et non plus l'arbre sur la rive, auquel ils peuvent, et ce, pour un bref instant encore, s'attacher.


Alain G. Njimoluh Anyouzoa, Ph.D.
Redmond, WA - USA

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[1]Arnaud Zacharie - Franc CFA et néocolonialisme monétaire
[2]Celestin Bedzigui - Recu par email dans une liste de distribution.
[3]President Kagame - Rwanda
[4]Jacques ATTALI - L'apologie du statu quo est le début de la fin. Nous y sommes
[5]Reseau Voltaire - http://www.voltairenet.org/article169058.html
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