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L’Exécutif est en possession de nombreux dossiers. Les détourneurs des fonds publics encore en liberté sont sous haute surveillance. Le ministre de la Communication M. Issa Tchiroma Bakary était face à la presse hier à Yaoundé. Une sortie qui avait deux principaux objectifs : apporter un cinglant démenti par rapport à un article de presse publié dans l’Agence France Presse et qui faisait savoir que le chef de l’Etat « instrumentalisait » l’opération épervier en réglant des comptes politiques. Ensuite, donner certains éclaircissements face à la confusion généralisée qui règne tout autour de la gestion de cette opération.
Pour le ministre de la Communication, il n’y a ni instrumentalisation, ni chasse aux sorcières pour réaliser certaines ambitions politiques : « la lutte contre la corruption au Cameroun est une exigence légale et éthique qui participe exclusivement du souci de protection de la fortune publique, de la moralisation et de l’assainissement des comportements. » Le conférencier, dans ce propos liminaire, va même plus loin en soutenant qu’il n’est nullement question d’une « action nouvelle, ni fait ciblé liés à des enjeux conjoncturels, la lutte contre la corruption au Cameroun procède plutôt de la constance d’une volonté politique exprimée dès 1982 lors de l’accession à la magistrature suprême du président de la République. »
Les réponses aux questions posées par les journalistes présents sur le plateau ont permis d’avoir une idée précise sur des informations véhiculées par les médias au cours de ces dernières semaines. Une liste des personnalités ciblées a même été publiée. Une chose reste sûre et le Mincom l’a bien réaffirmé : les arrestations vont se poursuivre. Le président Paul Biya est en possession de nombreux dossiers et le moment venu, les prédateurs de la fortune publique devront rendre gorge. Sans aucune pression sur la justice dès lors que la phase de l’information arrive à terme.
Une affaire peut en cacher une autre
Pour éviter que les prochains « éperviables » actuellement dans le collimateur de la justice prennent le large comme l’a si bien fait le député Rdpc, ancien ministre des Travaux Publics M. Dieudonné Ambassa Zang, les intéressés sont actuellement sous haute surveillance policière. Les Renseignements généraux suivent leur mouvement de jour comme de nuit. Ils veillent également au grain au niveau de la police des frontières. Le ministre Issa Tchiroma a saisi cette occasion pour dire que le cas Ambassa Zang est une « exception.» Un mandat d’arrêt international sera bientôt lancé contre l’intéressé. Comme pour dire qu’une telle erreur ou négligence ne se reproduira plus : « le filet s’est resserré et tous ceux sur qui pend l’Epée de Damoclès font l’objet d’une attention particulière de jour comme de nuit.
Après la sortie du Mincom, certains destructeurs de la fortune publique ont perdu le sommeil et l’appétit. Traqués, ils se réfèrent au Dieu Tout Puissant et aux marabouts pour espérer sortir de ce pétrin. Les heures de citoyen libre sont désormais comptées en attendant que le président de la République actionne le bouton de la déchéance.
Cette sortie du ministre de la Communication a coïncidé avec une autre information publiée par l’Afp. Selon cette agence, un groupe nommé « Le Conseil des Camerounais de la diaspora » (CCD) a déposé mardi dernier une plainte contre le président Paul Biya. Il accuse l’homme du 06 novembre 1982 de "recel de détournement de fonds publics" pour avoir constitué selon leur dire « un patrimoine immobilier en France financé par des détournements.» Cette plainte arrive après celles déposées toujours en France et restées sans suite contre les présidents Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée-Equatoriale et le défunt chef d'Etat gabonais Omar Bongo. Selon les plaignants, le patrimoine acquis en France par Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 1982, pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d'euros.
On attend désormais la réaction du Parquet de Paris dans cette nouvelle bataille. Faute de preuves et de l’immunité diplomatique dont jouit le président de la République, il est très probable que ce dossier soit classé. Affaire à suivre.
