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Les deux mouvements de protection des intérêts des artistes musiciens se sont réunis à Douala pour harmoniser leurs stratégies. « A partir d’aujourd’hui, les membres de l’Academ sont d’office membres du Samca, et nous nous engageons à soutenir, le moment venu, une candidature convaincante pour la gestion des droits d’auteur des artistes musiciens au Cameroun ».
Telle est la déclaration conjointe faite, le jeudi 31 mars dernier, au sortir d’une réunion tenue à Douala. L’Association camerounaise pour le développement et l’encadrement des musiciens (Academ) et le Syndicat des artistes musiciens du Cameroun (Samca) parachevaient ainsi un accord de partenariat qui, de l’avis des deux leaders de ces mouvements, viendra renforcer leur combat commun pour la défense des intérêts des musiciens camerounais.
Après avoir remis sur la sellette la sempiternelle équation de la protection des œuvres musicales et de la gestion efficiente des droits d’auteur au Cameroun, les présidents Jean Claude Modo de l’Academ, et Isidore Tamo du Samca sont parvenus à la conclusion selon laquelle les musiciens doivent taire leurs divergences et regarder dans la même direction afin de renforcer la crédibilité et l’efficacité de la structure qui devra gérer leurs droits d’auteur. La même solidarité agissante devra aboutir à la mise sur pied des stratégies fortes pour mettre en déroute les pirates qui sont de mieux en mieux organisés.
Socam
Pour justifier la misère que vivent les musiciens aujourd’hui, Djene Djento, dont on connait la proximité avec la Socam, relève que « les artistes camerounais souffrent beaucoup parce qu’un clan a pris en otage les droits d’auteur ». Ce clan précise-t-il, « s’oppose à la collecte des droits d’auteur dans les entreprises ». Il dénonce au passage l’instrumentalisation et la clochardisation des artistes, et s’insurgent contre la mendicité et l’hypocrisie qui caractérisent le comportement de certains. C’est d’ailleurs une position que partage Axel Muna. Pour l’auteur de « Juventus », « ceux qui ont permis à Odile Ngaska de briguer son prestigieux fauteuil à la Socam, sont les mêmes gens qui lui mettent les bâtons dans les roues ». « Elle n’a pas les moyens d’aller chercher l’argent parce que les gens ont commencé à boucher les circuits qui devaient nous permettre de manger. Hier ils ont tué la Cmc et la Socam…ils veulent tuer Odile Ngaska » Conclut-il amèrement.
S’agissant de la Socam, l’artiste Petit Piment n’est pas passé par quatre chemins pour condamner l’absence de bilan depuis sa création il ya 3 ans. Il soutient par conséquent que « la Socam est une société qui est appelée à mourir parce qu’elle n’a jamais fonctionné ». Bien qu’ayant été farouchement opposé à Sam Mbende, il y a trois ans, Petit Piment plaide aujourd’hui pour la prise en compte de l’expertise du Pca de la Cmc qui, à son avis, aura été bénéfique pour la gestion des droits auteur des musiciens au Cameroun.
De toute évidence, les uns et aux autres ont saisi l’opportunité de cette rencontre, dans un ton parfois belliqueux, pour affichez leurs tendances au moment où on parle de plus en plus de la convocation d’une assemblée générale élective, dans moins de deux mois, à la Socam. Mais, l’Academ et le Samca ont tenu à recentrer les débats en indiquant les grands axes de leurs missions communes que sont : la promotion des membres, avec un accent sur l’enseignement théorique et pratique de la musique ; l’intensification de la lutte contre ce fléau qu’est la piraterie, de concert avec les autorités compétentes.
A ce sujet, l’Academ a relevé pour s’en féliciter, la saisie et la destruction, récemment à Douala, de plus 25000 de Cd piratés ; la saisie et le cantonnement de plus de 15000 Cd contrefaits dans l’Est. L’association salue également la signature d’un arrêté par le Gouverneur de la Région du Littoral, interdisant la vente des Cd piratés dans son territoire de commandement.
Ive TSOPGUE
