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La construction du nouveau siège bloquée

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assemblee-nationale-camerounAssemblée nationale. L’ambassade de France et Cavaye Yeguié Djibril se rejettent les responsabilités. Dans un communiqué publié le 7 juillet 2005 dans Cameroun tribune, le Secrétaire général de l’Assemblée nationale indique que « dans le cadre de la mise en place progressive des institutions prévues par la constitution de la République du Cameroun »,

 

 

l’Assemblée nationale lance un appel à manifestation d’intérêt pour les travaux de construction « d’un complexe immobilier comprenant un immeuble siège et un hémicycle ».

 

 

La maquette du projet a été réalisée par l’architecte Théophile Yimgaing Moyo. Il s’agit d’un immeuble siège qui s’étendra  sur 12 200 m2, et comportera des parkings et jardins. Il s’élancera sur 13 étages avec un sous-sol. C’est lui qui abritera les bureaux des députés. Au sol, l’hémicycle pourra contenir 600 places assises, et disposera d’une mezzanine dont la capacité sera de 400 places. Les travaux devaient débuter en 2006 et s’étendre sur deux ans. Le coût du projet avait été évalué alors à environ 20 milliards.  D’après une source proche du dossier « il est estimé aujourd’hui à plus de 25 milliards ». Ce  joyau architectural  doit en principe être localisé à proximité du « Quartier général des armées », où résident de nombreux militaires et officiers de l’armée camerounaise. L’ambassade de France se trouve juste à quelques mètres.

 

 

 

Lorsqu’il prend ses fonctions en 2008, Louis Claude Nyassa, qui remplace Samson Ename Ename, fait de la réalisation de ce projet « une priorité », indique une source au service de la communication de l’Assemblée nationale. Il a été remplacé l’an dernier par Victor Yene Ossomba, mais le projet n’a pas encore démarré. Pourtant, depuis deux ans, le budget de l’Assemblée nationale prévoit toujours la construction d’un nouveau siège. D’après la même source, « ce n’est pas l’argent qui manque ». Alors, qu’est-ce qui fait problème ?

 

 

 


L’ambassade de France
D’après plusieurs sources, le nouveau siège ne trouve pas de site. « Le domaine foncier prévu initialement est contesté par l’ambassade de France » confie un député. La révélation a été faite  par le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril lors de la dernière conférence des présidents des groupes parlementaires et des commissions de l’Assemblée nationale. Un parlementaire, présent à cette réunion  indique que « les Français ne veulent pas voir à proximité de leur ambassade un bâtiment à partir duquel on verra tout ce qui se passe à l’intérieur. Il pourrait servir pour espionnage ». Un autre député ajoute : « On nous a fait savoir que les Français disent que le nouveau bâtiment va occuper l’un des multiples domaines qui leur appartiennent dans cette zone ».  Lors de cette conférence des présidents, Cavaye Yeguié Djibril a annoncé aux députés « qu’il avait déjà transmis le dossier au Chef de l’Etat pour qu’il tranche » ajoute un responsable administratif.

 

 

 

Démenti de l’ambassade de France. Joint au téléphone hier en fin de matinée, un proche collaborateur de l’ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain,  exprime son indignation : « Nous ne voulons pas entrer dans les affaires camerouno-camerounaises. D’une part, on ne sait pas où sera construit ce nouveau siège. D’autre part, il y a plein d’ambassades dans le monde qui supplantent l’ambassade de France. Je ne vois pas pourquoi ce problème se posera au Cameroun ».

 

 

 

 

Au groupe parlementaire Sdf, l’information donnée par Cavaye Yeguié Djibril n’est pas démentie. « Soit on a notre souveraineté et on l’exerce, soit on ne l’a pas. Je ne vois pas pourquoi un autre pays peut s’opposer à cela. C’est une situation humiliante pour le Cameroun. Ce n’est pas l’argent qui fait défaut, mais notre souveraineté », gronde le président du groupe parlementaire Sdf, Banadzem Joseph Lukong. Pour le Social Democratic Front, « il faut trouver un nouveau domaine ». Banadzem ajoute qu’il « faut réfléchir plus amplement sur un nouvel espace. Il faut un site en dehors de l’agglomération, afin qu’on puisse prévoir jusqu’aux résidences. Tous ces remous devraient amener l’Etat à trouver un nouveau site ». Pour l’instant,  la décision de Paul Biya  est attendue.

Boris Bertolt

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