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Liberté de la presse : La DGRE musèle un journaliste

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liberte-de-la-presseLe Rjs exige la libération de Lamissia Adolarc. Adolarc Lamissia, correspondant du quotidien Le Jour dans le Nord Cameroun, a été interpellé puis gardé à vue dans les locaux du poste de liaison de la Direction générale de la recherche extérieure – la Dgre, de l’Adamaoua depuis mercredi 30 mars 2011 à 11 heures.

 

 

Le journaliste s’y est rendu pour recouper une information suite à l’incarcération dans ces mêmes lieux du responsable de la société de production de l’huile de palme Pamol.

En effet, dans la journée du 29 mars 2011, le responsable de la société Pamol embarque en direction du Sud-Ouest Cameroun près de 150 jeunes recrutés pour les besoins de la plantation de palmier à huile. Les éléments de la Dgre insinuent la constitution d’une rébellion contre le pouvoir de Yaoundé. Ils interpellent le responsable Pamol qui est aussitôt gardé au poste de liaison. Mis au parfum de cette information, le reporter du Jour s’empresse de la recouper auprès du gouverneur de l’Adamaoua, qui, occupé qu’il est, le renvoie chez le secrétaire général des services du gouverneur.

Las de n’avoir pas obtenu des renseignements, il se rend donc dans les locaux de la Dgre et les éléments en poste l’ont aussitôt gardé à vue depuis le mercredi 30 mars 2011 à 11 heures. Ils lui ont fait dire que c’est le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Enow Abram’s Egbe, qui a donné des instructions pour une garde à vue administrative. Jusqu’à présent, Adolarc Lamissia y séjourne, sans qu’aucune décision ne lui a été notifiée. Le gouverneur de la Région de l’Adamaoua que le Réseau a essayé de joindre au téléphone reste inaccessible. La délégation du Rjs dépêchée ce 31 mars au matin auprès de Lamissia à la Dgre de Ngaoundéré  n’a pas pu rencontrer notre confrère.

 

Fébrilité

Cette interpellation pour le moins abusive intervient quelques mois seulement après celle du vendredi 10 décembre 2010 où Adolarc Lamissia a été gardé à vue puis relaxé par des éléments de l'antenne de la Sécurité militaire de l'Adamaoua. Elle faisait suite à l'article publié dans l'édition du 10 décembre 2010 du quotidien Le Jour. Lequel révélait la tentative d'assassinat  menée par un sergent contre le commandant du 5ème Bataillon d’intervention rapide. Les responsables de la Sécurité militaire souhaitaient alors que le journaliste révèle les sources qui lui ont fait tenir cette information. Ce, au mépris des règles déontologiques de notre métier qui assurent le secret des sources.

Face à ce qui s'apparente à une tentative de pression sur notre confrère, le Réseau des Journalistes du Septentrion  condamne fermement cette garde à vue irrégulière, ce d’autant qu’elle ne fait l’objet d’aucun acte administratif. Le Réseau s'insurge contre cet acte, caractéristique des régimes policiers et s’étonne de la fébrilité avec laquelle les forces de l’ordre se mobilisent pour une affaire qui n’en est pas une. Le Réseau appelle à la libération immédiate et sans condition du journaliste Lamissia Adolarc.

 

(Avec Rjs)

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