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Finelec 2011 : La multiplication des énergies comme solution aux délestages

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electriciteLes experts, réunis depuis mercredi et ce jusqu’au 1er avril 2011 dans le cadre du premier forum sur l’électricité, sont unanimes sur le sujet. Rendu au troisième jour des travaux, un constat s’impose.

 

 

Malgré les nombreuses potentialités énergétiques que regorgent le Cameroun, l’accès à l’électricité reste encore un luxe pour les populations habitant les zones rurales. A cet effet, 70% d’entre elles n’ont pas d’accès à l’électricité tandis que 40% sont alimentés en zone urbaine.

 

La raison évoquée par les spécialistes en la matière pour expliquer ce déficit est le fort décalage qui existe entre le développement du secteur et la demande qui reste fortement croissante et qui attend toujours d’être satisfaite. La privatisation entamée dans ce secteur en 2001 au profit de la reprise des activités de production, du transport et de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun par le groupe Aes, ne semble pas au bout d’une décennie  avoir résolu le problème du déficit énergétique et ce malgré les nombreux milliards de francs CFA injectés par le groupe Aes dans ce secteur.

 

Réalités

En guise d’illustration, il projette investir encore beaucoup d’argent dans la construction de nouvelles centrales thermiques, dans l’extension du réseau et dans la distribution. D’ici 2013, le montant de l’enveloppe à investir s’évalue à 500 millions d’euros et dont 137 milliards de francs CFA sont destinés à la construction de la centrale à gaz de Kribi supposée augmenter la capacité productive à 216 méga watt. Dans le même registre, 65,5 milliards seront affectés au secteur de la distribution tandis que 103 milliards seront consacrés au transport de cette énergie. Electricity development corporation, Edc, entreprise camerounaise devant accompagner tous les grands projets électriques, pour sa part, annonce l’aménagement de la centrale hydro électrique de Lom Pangar, un projet estimé à 150 milliards de francs CFA et qui contribuera à augmenter de 6 milliards de m3 d’eau le débit des usines hydro électriques de Song Loulou et d’Edéa. Et à terme, permettra d’accroître considérablement l’offre énergétique et la baisse des coûts liés à l’électricité ; la capacité de production actuelle de Aes Sonel  étant estimée à 1022 méga watt dont 725 proviennent de l’énergie hydraulique et 297 de l’énergie thermique inclus 12.8Mw de capacité isolée. Mais, tout cela suffit-il pour  définitivement booster ce secteur si tant est qu’entre temps, les populations continuent d’être régulièrement délester d’électricité ?

 

Dépasser l’hydraulique et le thermique

A l’exemple du Maroc qui, après avoir expérimenté les énergies renouvelables qui s’apparentent aujourd’hui, comme la solution alternative aux délestages, dépassent de loin le simple cadre hydraulique et thermique qui eux, dépendent du climat devenu incertain pour fonctionner. L’énergie éolienne, solaire  et même la biomasse obtenue à partir des déchets recyclés, sont une opportunité à saisir par le Cameroun. Un expert a d’ailleurs confié que l’énergie solaire procure gratuitement près de 100% de source énergétique pour l’alimentation  électrique. Un bel exemple à exploiter.

Le risque encouru sur la focalisation de l’énergie thermique et hydraulique réside justement sur son fort taux d’investissement élevé. M. Mvondo, cadre à Aes Sonel, pense que booster le secteur énergétique nécessite d’investir gros et surtout diversifier les sources de financement qui se raréfient. Le partenariat public-privé ou privé-public, la nécessité pour les entreprises et les Etats de solliciter le marché financier et davantage, créer des mesures incitatives fiscales dotées de garanties, sont entre autres solutions proposées pour maximiser le taux d’investissement, améliorer à terme les prestations.

Tenez. « À l’horizon 2018, le Cameroun devra, pour espérer atteindre  le cap de 3750 méga watt, capable de booster le secteur électrique et industriel, investir au moins 4.4 milliards d’euros dans le cadre d’un financement à moindre coût », explique sieur Mvondo. Les besoins sont donc immenses et les moyens pour les satisfaire colossaux. La deuxième hypothèse  réside donc dans la multiplication de l’offre énergétique qui sera seule, à même de combler le gap observé en ce moment. Et c’est à ce niveau  que le pari du premier forum international sur   l’électricité qui a pour thème central, « relever les défis de l’accès à l’électricité » , loin d’être un simple cadre de concertation entre les différents acteurs du domaine, devra être capable, au bout du compte,  d’inciter véritablement les Etats comme le Cameroun, à développer les sources d’énergies renouvelables pour parer aux délestages.

 

Floriane Payo

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