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Un ex-magistrat traîné au tribunal

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Justice02Benjamin Matip est accusé par trois villages du canton Bassa du Wouri d’avoir obtenu « frauduleusement » un terrain de 1 000 hectares. En 2006, les populations de Lendi, Ngombè et Ngoma, trois villages du canton Bassa du Wouri, dans l’arrondissement de Douala 5ème, avaient saisi la Cour suprême du Cameroun.

C’était à l’effet d’examiner le litige foncier qui les oppose à Benjamin Matip, ancien magistrat. Sur cette affaire, la Cour suprême du Cameroun se prononcera demain. En attendant le verdict, les populations des trois villages se sont réunies dimanche dernier à Ngombè. Elles répondaient à l’appel lancé par Mpondo Etame, le chef de Lendi, Gustave Ebanda, chef de Ngombè, et Emmanuel Penda, représentant du chef de Ngoma, empêché. D’après un notable, « il faudra que nous nous rendions à Yaoundé en masse, au moins 300 personnes, même si c’est à pied. Car l’heure est grave et, pour nous, c’est une question d’honneur et de dignité ».

 

Le problème tourne autour d’un immeuble non bâti sur 1 000 hectares (10 millions de mètres carrés Ndlr)), à cheval entre les trois villages. Benjamin Matip fonde son argumentaire sur une décision de justice rendue par le tribunal de New-Bell en 1967. Cette décision lui reconnaissait des droits sur la parcelle querellée. Ce n’est qu’en 2006 que les riverains  ont pris connaissance de cet acte de justice, ainsi que de l’existence du titre foncier établi la même année au profit de l’ex-magistrat. Vérification faite, les 1 000 hectares de terrain attribués à Benjamin Matip se trouvent plutôt à Matomb, dans le département du Nyong-et-Kellé, région du Centre. D’où le soupçon de fraude. Les plaignants engagent une tierce opposition contre la décision « qui n’était pas contradictoire ». La procédure aboutira, le 10 octobre 2007, avec l’annulation dudit titre foncier par le ministre des affaires foncières, Pascal Anong Abidime. Benjamin Matip contre-attaque l’acte ministériel et obtient gain de cause. C’est suite à cela que les « autochtones » ont saisi la Cour suprême du Cameroun.

L’arrêt de la plus haute juridiction est capital pour les populations des trois villages, vu que son examen en dernier ressort est sans recours.

Théodore Tchopa

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