






![]() | Aujourd'hui | 32 |
![]() | Total | 2295032 |
Le préfet du Mfoundi se prononce sur son plan d’action pour enrayer le phénomène de vente d’eau de provenance douteuse dans sa circonscription administrative.
De quel constat découle l’arrêté que vous avez pris, le 25 mars dernier, portant interdiction de la production et de la vente d’eau d’origine douteuse à Yaoundé 4 ?
Il fait suite au constat que nous faisons tous, à savoir que le choléra est dans la cité capitale. Nous avons des sueurs froides par rapport à la propagation de cette épidémie. Les statistiques font état de 12.811 cas en date du 21 mars 2011, enregistrés dans nos formations sanitaires. Et l’un des vecteurs de la maladie est l’eau souillée. Etant donné que le choléra est une maladie hydrique, il importe de rationaliser la production de l’eau dans nos villes.
Le phénomène de la vente d’eau illicite est certes favorisé par les difficultés d’approvisionnement en eau potable. La ville de Yaoundé s’étend et les entreprises de production en eau n’ont pas suivi. Certains de nos concitoyens profitent de ce déficit pour vendre de l’eau de mauvaise qualité. Vous avez de fait des puits qui jouxtent des latrines. Et c’est cette eau qui est mise dans les sachets, parfois dans des bouteilles d’eau estampillées «Source Tangui». Nous explorons tous les moyens pour freiner ce mal.
Quel est votre plan d’action pour traquer ces vendeurs, qu’on imagine à tous les coins et recoins de votre circonscription ?
La traque a commencé. Vous arrivez d’ailleurs après que j’ai tenu une réunion avec mes collaborateurs, notamment les chefs d’unité administrative, les sous-préfets, les responsables des services de maintien de l’ordre. Nous mettons tout le monde à contribution pour traquer ceux qui sont en marge de la réglementation. La police, la gendarmerie, les services d’hygiène, les magistrats municipaux, tous sont mobilisés pour l’exécution effective de cet arrêté.
Quels sont les sites de production illicite d’eau que vous avez recensés et qui nécessiteraient des descentes musclées ?
Nous avons en effet identifié un certain nombre de lieux de production de cette eau insalubre. J’ai demandé à mes collaborateurs que le mal soit attaqué à la racine. Nous allons sceller ces lieux de production illicites et leur produit sera détruit sur place.
Dans une optique de sensibilisation et d’information du public, quels sont les lieux de vente d’eau illicite que vous avez identifiés ?
Je ne peux pas vous les énumérer présentement: Vous pourriez ainsi donner l’occasion à ceux-là de se préparer à déménager de leur site habituel. Mais vous avons effectivement identifié des lieux de production de cette mauvaise eau, puis on va ratisser large, notamment vers ceux qui vendent en bordure de route, entre autres. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’un camion contenant entièrement des sachets de cette mauvaise eau a été saisi à Yaoundé 4, et cette mauvaise eau a été détruite séance tenante. Mais nous avons peaufiné nos stratégies au cours de la réunion que je viens de tenir (dans la matinée du lundi 28 mars 2011, Ndlr).
Où comptez-vous évacuer la mauvaise eau saisie, pour éviter que des mauvaises mains ne tombent dessus ?
Je me suis amusé à dire à mes collaborateurs que cette eau peut aider à nettoyer leurs véhicules. En réalité, elle doit tout simplement être versée à même le sol. Quant à la réussite de cette opération, nous y parviendrons. Nous allons associer le public en le sensibilisant pour que lui-même s’abstienne déjà de consommer de cette eau. Car c’est bien pour ces populations que nous prenons ces mesures. On dénombre des commerces qui disposent d’agréments pour vendre de la bonne eau, et d’autres dont nous ne saurions justifier la provenance du produit.
Pouvez-vous aviser les consommateurs sur la liste de ces vendeurs agréés, et ceux non agréés ?
Au moment du contrôle, il faut que le vendeur soit à même de présenter son agrément qui l’habilite à vendre son produit. Yaoundé 4 a connu une opération du même type, qui portait sur interdiction des vendeurs de compact disc (Cd) pornographiques. Des parents y fondaient beaucoup d’espoir, mais cette opération connaît visiblement un relâchement…
Peut-on espérer que la présente connaîtra un meilleur sort ?
Il n’y a pas de relâchement. Lorsqu’on s’attaque à un phénomène, on l’enraye et on sait qu’il a des tentacules. C’est un combat permanent. Vous enrayez le mal de manière ponctuelle, mais il ressurgit. A nous de repartir sur le terrain pour que, pendant un certain temps, les populations aient du répit.
Propos recueillis par M.N.M.
