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La cérémonie d’installation de Cyprien Bamzok Ntol, le tout premier administrateur de la Mirap - la Mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation, le 21 dernier au Yaoundé Hilton hôtel, a été noyée dans une flagornerie politique affichée par les filles et fils de la région du Soleil levant. Les trois banderoles placardées dans la salle, le prouvaient à suffisance.
La première placée juste derrière l’impressionnant panel de personnalités, portait le message suivant : « Monsieur le président de la République, les populations de la région de l’Est vous adressent leurs sincères remerciements à l’occasion de la nomination de leur fils Bamzok Ntol Cyprien comme administrateur de la Mirap. Elles vous assurent de leur indéfectible fidélité ».
La seconde indiquait que « les forces vives des arrondissements de Lomié, Messok, Ngoyila et Dja, disent merci au président de la République, suite à la nomination de leur fils Bamzok Ntol Cyprien au poste d’administrateur de la Mirap ». Quant à la troisième, on y lisait : « Monsieur le président de la République, les populations du département du Haut-Nyong vous remercient sincèrement pour la nomination de leur fils Bamzok Ntol Cyprien au poste d’administrateur de la Mirap. Elles vous assurent de leur fidélité sans faille et vous exhortent à aller de l’avant ». Raison était alors donnée à ce musicien camerounais qui, dans une de ses œuvres, chante : « mon frère est nommé, je suis en haut… ».
La cérémonie
Co-présidée par les ministres des Finances Essimi Menye et du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, elle a été marquée par la présence d’autres membres du gouvernement : le vice-premier ministre Jean Nkuété en charge de l’Agriculture et du Développement rural, le ministre Aboubakar Sarki de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales, et le secrétaire général-adjoint de la présidence de la République, Séraphin Magloire Fouda, président du Comité de gestion de la Mirap.
En prenant la parole en premier, le ministre des Finances, tutelle financière de la Mission, a rappelé les nombreuses missions de cet établissement public de type particulier créée par le chef de l’Etat pour la lutte contre la vie chère. La Mirap n’est autre qu’une structure d'alerte, d'achat, d'importation et de stockage des produits de grande consommation, en vue d'un approvisionnement du marché dans les meilleures conditions. A en croire Lazare Emmanuel Essimi Menye, la Mirap va permettre entre autres d’améliorer la balance commerciale qui, selon les statistiques disponibles, est déficitaire depuis 1996.
Celle-ci est passée de 21 milliards de Fcfa à 710 milliards en 2010. Aussi va-t-elle générer des recettes d’exportation dans la zone Cemac, diminuer la dépendance alimentaire. Pour ce, le Minfi a rassuré l’administrateur de son soutien et celui de ses collaborateurs, lui promettant par la suite des moyens financiers pour le lancement des activités. Ceci après examen de son plan d’action. Il sera alors nommé dans les prochains jours un contrôleur financier et un agent comptable auprès de cette structure.
Clarifications
Contrairement à une certaine opinion qui laisse entendre que la Mirap, au lieu de booster la production, va plutôt contribuer à plonger l’agriculture camerounaise dans l’ombre et détériorer la souveraineté alimentaire, Luc Magloire Mbarga Atangana a tenu à éclairer l’opinion : « la Mirap n’a pas pour mission de faciliter les importations au détriment de la production nationale. C’est un instrument par excellence de promotion et de l’essor de l’agriculture de deuxième génération voulue par le chef de l’Etat ». Par la suite, il a demandé à ce que « la Mirap soit localisable et repérable sans délai » et qu’elle « démarre ses activités au courant du mois d’avril 2011 ».
Parcours
L'effectif du personnel de la Mission qui est fixé par le Comité de gestion, ne devrait pas excéder 30 personnes. Sachant que la tâche de l’administrateur est lourde, complexe, stratégique et exaltante, il a soutenu que le parcours académique et professionnel de Cyprien Bamzok Ntol fait de lui « l’homme de la situation ». Face à la presse, l’heureux du jour s’est dit déterminé à remplir son cahier de charges : « nous allons signer des Conventions avec les opérateurs économiques car, il faudrait que la ménagère ne soit plus frustrée dans nos marchés ».
Pour le moins, l’administrateur de la Mirap est né le 3 juin 1960 à Abong-Mbang. Après ses études primaires qui s’achèvent par l’obtention du Cepe à Bot-Makak, il décroche le Bepc en 1976 à Dschang, le probatoire et le baccalauréat D respectivement en 1977 et 1979 à Bafoussam. En 1982, il entre à l’Ecole nationale supérieure agronomique d’où il en sort en 1985 avec le diplôme d’ingénieur agronome. Il s’inscrit à l’université de Yaoundé 1 et obtient en 2001 le diplôme d’études spécialisées. Il commence sa carrière professionnelle en 1986 à la Mideviv où il va occuper plusieurs postes de responsabilité. Avant sa nomination comme administrateur de la Mirap, Cyprien Bamzok Ntol était inspecteur général des services au ministère de l'Agriculture et du Développement rural. Il est auteur de plusieurs publications portant notamment sur la formation en agriculture. Il aura été l'une des chevilles ouvrières du dernier Comice agropastoral d'Ebolowa. L’homme est marié et père de trois enfants.
JEAN-PIERRE BITONGO
