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La famille du deuxième adjoint au magistrat municipal, a décidé de l’inhumer en dépit des mises en garde du corps médical. Mme Yogo née Ngo Mbock ne fêtera pas le 26è anniversaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ce jeudi 24 mars.
Pourtant, lundi dernier, celle qui était le deuxième adjoint au maire de la commune rurale de Ngog-Mapubi, prenait part à une réunion de la section Rdpc du Nyong-et-Kellé nord-ouest en vue de préparer les activités liées à cette célébration de la naissance du parti au pouvoir.
Elle a malheureusement été emportée par le choléra ce mercredi 23 mars au Centre universitaire et hospitalier de Yaoundé (Chu), au lendemain de son admission dans cette formation sanitaire. «Elle a commencé à faire la maladie lundi dernier et a aussitôt été transportée par les membres de sa famille au Chu», assure une source sûre à la délégation régionale de la Santé publique du Centre. Selon cette même source, Mme Yogo, qui avait des antécédents cliniques de diabète, serait arrivée à l’hôpital au «stade B», c’est-à-dire «qu’elle présentait tous les signes qui poussent à penser qu’il s’agit de choléra», affirme notre source.
Lesquels signes sont les vomissements, la diarrhée et la déshydratation. «Je suis fatiguée !», disait-elle à son arrivée au Chu où elle avait aussitôt été prise en charge. «J’ai pris part lundi à la réunion avec elle. Elle semblait plutôt en forme. A la fin de la réunion, elle a pris le véhicule pour Yaoundé. Et c’est ce matin (hier mercredi, Ndlr) qu’on nous a appelés au village pour nous dire qu’elle est morte. Et que la cause du décès est le choléra», confie un autre membre de la section Rdpc du Nyong et Kelle nord ouest joint hier au téléphone.
Aussitôt après son décès, le corps médical a souhaité que les Sapeurs-pompiers prennent la dépouille en charge pour l’enterrer immédiatement conformément à la réglementation en matière de transfert de corps notamment en période de gestion d’épidémie. Mais, l’on apprend que la famille s’est opposée à l’inhumation.
Masque
Après des démarches infructueuses au ministère de la Santé publique (Minsanté) pour que la défunte soit enterrée selon «son rang» selon un proche de la famille, c’est finalement dans le village de son défunt époux, à Tayap, une localité située à quelques kilomètres de Ngog-Mapubi, qu’elle sera inhumée.
Au moment où nous mettions sous presse, ce dernier ignorait si l’inhumation a eu lieu, puisque «le commandant de brigade de Ngog-Mapubi est descendu à Tayap pour interdire l’accès du site aux populations.» Une mesure visant à éviter la propagation de l’épidémie, car d’après le corps médical le vibrion cholérique est plus virulent quand la personne malade est décédée. Faisant le point de l’évolution de l’épidémie mardi dernier, le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, indiquait que la majorité des cas notifiés dans le Centre étaient enregistrés à Ngog-Mapubi.
Une localité où les premiers cas, - 17 cas au total- avaient été déclarés il y a quelques semaines. Au Chu, c’est le service des hospitalisations en médecine qui accueille les malades. Ce mercredi 23 mars, plusieurs personnes sont assises sur un banc attenant à la salle. Tous ont un des leurs hospitalisé, comme Toscany, venu d’Ekounou et dont le frère aîné est interné depuis lundi soir.
Les uns et les autres disent avoir reçu une dose de Doxycycline en guise de prévention.
Pour accéder dans la salle, il faut s’essuyer les pieds à l’entrée et à la sortie sur une serviette imbibée de chlore posée à même le sol. Dans les chambres, des malades de choléra (hommes, femmes et enfants.) couchés sur des lits sont sous perfusion. Des médecins et infirmiers portent chacun un masque. Une espèce de vêtement en plastique recouvrant leur blouse. Une infirmière, une grande cuve remplie de chlore, mouille des serpillères à l’entrée de chaque chambre. Les visites sont interdites ici à toute personne étrangère. C’est à peine si on accepte celles admises aux heures autorisées. «Tout l’hôpital est rempli de malades de choléra», indique un membre du personnel médico-sanitaire approché. Devant l’affluence des cas, le Minsanté annonce des «centres de choléra additionnels» dans cet hôpital. Idem à l’Hôpital central de Yaoundé. 150 lits supplémentaires viendront pour supporter les malades, car l’épidémie est loin d’être stoppée. Hélas !
Patricia Ngo Ngouem
Quelques rappels d’usage :
Conduite à tenir
En présence de toute diarrhée aqueuse suspecte ou non de choléra :
- Ne pas paniquer devant une diarrhée aqueuse, car le choléra a une présentation spectaculaire, mais est facile à guérir si le traitement commence à temps.
- Traiter toute diarrhée aqueuse pendant cette période d’épidémie comme un cas de choléra.
- Toujours détenir dans la maison des sachets de Sels de Réhydratation Orale (ORASEL disponible dans toutes les pharmacies) en quantité suffisante pour démarrer le traitement devant les premiers symptômes.
- Combattre la déshydratation grave dès l’apparition de la diarrhée en donnant immédiatement à boire au patient de grandes quantités d’eau additionnée des Sels de Réhydratation Orale (SRO), à raison d’un sachet par litre d’eau.
- Transporter avec précaution tout malade présentant une diarrhée aqueuse dans la formation sanitaire la plus proche, tout en lui faisant boire de la solution de réhydratation orale, tel que mentionné ci-dessus tout le long du trajet.
- Manipuler avec précaution les selles diarrhéiques et vomissements et surtout se laver les mains à l’eau propre courante et au savon après toute manipulation.
- Eviter les transferts des malades suspects vers des formations sanitaires éloignées ou encore le transfert d’une formation sanitaire à une autre.
- Eviter le contact étroit avec les malades présentant une diarrhée aqueuse.
- Désinfecter systématiquement avec du Javel les vêtements du malade et des gardes-malades.
En matière de Prévention
- Boire de l’eau potable (de robinet, minérale) ou rendue potable par ébullition refroidissement, ou par adjonction de chlore ou de Javel (1 cuillère à soupe pour 10 litre d’eau) ; éviter de boire de l’eau vendue en sachet.
- Laver les fruits et crudités avec de l’eau propre javellisée avant de les consommer.
- Eviter la consommation d’aliments froids et en particulier ceux vendus dans les abords de route ou des écoles, dans les gargotes, tournedos et autres …
- Laver les mains à l’eau propre courante et au savon avant de manger et après les selles.
- Utiliser les latrines protégées pour la défécation et les désinfecter régulièrement avec du Javel.
- Eviter de mettre à la morgue et/ou de transporter toute personne suspecte de choléra qui décède, mais le faire enterrer rapidement en suivant les indications des personnels de santé.
- Eviter les autopsies sur les corps de personnes décédées de suite d’une suspicion de choléra.
- Désinfecter régulièrement les vêtements des personnes manipulant les malades ou décédés de choléra par ébullition ou avec du Javel.
- Désinfecter avec du Javel tout véhicule ayant transporté un malade présentant une diarrhée aqueuse.
Veuillez noter qu’il est toute à fait possible d’être un porteur du vibrio cholerae sans tomber malade; le respect des règles d’hygiène est donc primordial pour éviter le transfert de cette maladie aux autres.
Source : Organisation Mondiale de la Santé
