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Les deux principales villes du pays Douala et Yaoundé comptent à elles seules 53 décès officiels enregistrés au bout d’un mois. Le gouvernement réitère auprès des populations le redoublement des mesures d’hygiène dans l’espoir de freiner la propagation du vibrion cholérique.
A cause du relâchement observé en début d’année parlant de mesures préventives liées à l’épidémie du choléra, la maladie a resurgi de plus belle causant sur son passage de nombreux dégâts humains.
Les chiffres officiels mis à la disposition de la presse hier mardi 22 mars 2011 par le ministre de la Santé publique M. André Mama Fouda lors du point de presse donné en présence du ministre de la Communication M. Issa Tchiroma, pour situer l’opinion publique sur l’évolution de l’épidémie après son déclanchement en mai 2010 dans la région de l’Extrême nord donnent des frayeurs même s’il existe quelques écarts avec la réalité sur le terrain.
Chiffres noirs
De manière globale, le Cameroun à ce jour enregistre au 21 mars 2011, 2052 cas pour 85 décès. La répartition des décès par région classe le Littoral en tête. Dans ce palmarès, la région du Littoral occupe le haut du pavé avec 28 décès au marquoir pour 1039 cas répertoriés au sein de la population des 11 districts de santé sur les 19 que compte cette partie du pays.
Le Centre quant à lui arrive en seconde position avec 25 décès sur un total de 301 cas dans 9 districts de santé concernés sur les 29. La région de l’Ouest occupe la troisième position avec 14 décès dans 7 districts de santé sur 20 pour 139 cas. Le Sud-ouest de son côté a signalé 12 décès pour 501 cas. La propagation rapide de l’épidémie est plus prépondérante dans les quartiers populeux où la promiscuité est ambiante. A Yaoundé par exemple, les quartiers Mokolo Elobi, carrière, montée jouvence et son célèbre carrefour « caca », Ngoa-ekellé, Djoungolo , Melen sont les plus touchés par l’épidémie.
Selon André Mama Fouda, le Minsanté, la raison principale de la résurgence de l’épidémie, après que les autorités l’aient traquée l’année dernière, s’explique. « Dans les quartiers, les latrines et les points d’eau se côtoient allègrement, alors qu’ils doivent être éloigné d’au moins 50 mètres ». Mais cette raison ne semble pas être la seule fautive.les pénuries d’eau sont une réalité dans les grandes métropoles aujourd’hui plus vulnérables au choléra qu’en campagne.
Tenez, l’hôpital de district d’Efoulan situé dans l’arrondissement de Yaoundé 3ème en est une belle illustration. Cet établissement sanitaire public au même titre que les habitants du quartier est régulièrement délesté d’eau. Conséquence, le personnel et les malades sont contraints d’utiliser des moyens alternatifs pour gérer le quotidien. Recharge des fûts de réserve, achat de l’eau minérale pour étancher la soif. Des stratégies qui connaissent pourtant des limites en cette période d’épidémie car elles nécessitent un plus grand soin : traitement de l’eau d’usage à l’eau de javel pour éviter la contamination.
Mesures urgentes
Au terme de la rencontre multi sectorielle tenue ce mardi 22 mars 2011 entre le ministre de la Santé publique et les membres du gouvernement concernés par l’épidémie, un plan d’urgence a été mis sur pied. Il comporte un arsenal de mesures visant à réduire la propension de l’épidémie car il est avéré que la lutte sera plus efficace si elle est menée en synergie et si elle est étendue dans les municipalités qui ont la charge des administrés. La désinfection des point d’eau, la destruction des latrines situées le long des cours d’eau, la mise en pratique des dispositions funéraires pour l’inhumation des corps victimes de choléra, le renforcement de la prise en charge dans les formations sanitaires publiques par l’augmentation des capacités d’accueil (affectation de nouveaux lits), la potabilisation de l’eau à domicile, la prise en charge des patients à domicile par le Samu à travers un numéro vert, les actions de sensibilisation des populations au respect des règles élémentaires d’hygiène, le refus pour les agences de voyage d’embarquer des passagers suspects de peur de propager la maladie. Voilà des meures, qui mises en pratique, peuvent contribuer à réduire l’impact du vibrion cholérique.
André Mama Fouda dans son vaste plaidoyer, invite la population à rester vigilante en se rendant à l’hôpital en cas de premier malaise. Il ne faut pas attendre la phase terminale pour s’y rendre. A défaut, prendre une solution de réhydratation simple qui consiste à ajouter dans un litre d’eau potable, une pincée de sel, cinq morceaux de sucre, quelques citrons, et faire boire ce mélange au malade qui présente des signes de diarrhée, « c’est la solution efficace pour interrompre une diarrhée avant de se rendre dans un centre de santé », conseille-il. Aux parents, il demande de fournir l’eau potable aux enfants avant leur départ à l’école. « Cela leur évitera d’être en contact avec les eaux douteuses vendues en bordure de route », conclut le Minsanté
Floriane Payo
