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L’annonce du braquage d’Ecobank à Douala a fait traverser à l’opinion publique une onde d’étonnement et, en même temps, permis à la même opinion ou du moins, à l’homme de la rue que les braqueurs pourraient être des militaires camerounais.Ecobank n’est pas située au bord du fleuve Wouri d’où auraient débarqué les agresseurs. Comment ces derniers ont-ils fait pour passer une si longue distance du fleuve à Ecobank, réussir à opérer durant deux heures de temps et reprendre le même itinéraire et regagner leur base s’ils n’avaient pas bénéficié de larges et évidents soutiens ? Comment comprendre le niveau d’équipement et d’armement des braqueurs sans soupçonner un tant soit peu des complicités à un certain niveau ? En acceptant que l’effet de surprise ait permis ou ait concouru au succès de l’opération, pourquoi l’alerte n’a pas pu être donnée dans l’intervalle de ces deux heures de temps qu’a duré le braquage ?
Questions
Cette opération, selon la même rumeur ressemblerait fort bien aux méthodes de Fochivé, de regrettée mémoire qui, pour démontrer aux yeux du Prince que les moyens seraient nécessaires à lutte contre le grand banditisme, jetait « ses hommes » à l’assaut des banques et autres structures névralgiques, semant ainsi la panique tant au sein de l’opinion que chez les décideurs ; le résultat étant que les moyens leur soit débloqué.
Ce braquage, digne des professionnels, n’aurait pas été improvisé. C’est dire qu’il aurait été bien préparé, bien planifié, d’où sa réussite. Qu’est-ce qui peut bien justifier l’indolence, la passivité des forces armées et des services de renseignement camerounais ?
Si un tel braquage réussi et que quelques individus parviennent à tenir à respect une grande partie de la population, y compris les sapeurs pompiers, c’est dire qu’il y a problème. Et on pourrait bien parvenir à quelques conclusions tirées de cette rumeur :
D’abord, que les portes d’entrée du Cameroun sont béantes, poreuses et que la sécurité à l’intérieur comme aux frontières reste le ventre mou de l’armée et des dirigeants Camerounais.
Ensuite, que personne n’est à l’abri désormais du fait des insuffisances révélées plus haut.
Enfin, que les populations, dans une psychose justifiée, ont perdu confiance en ceux qui sont chargées de leur garantir la paix, la sécurité.
Par cette opération, on pourrait bien enlever le Gouverneur du Littoral et faire chanter le gouvernement camerounais. Envoyer à Douala une escouade d’administrateurs de la sécurité (MINDEF, DGSN, DGRE et quelques hautes personnalités de la sécurité) sur le tard, pour assurer la sécurité, traduit un aveu d’incompétence et d’échec. « Qu’est-ce qu’ils vont faire à Douala alors que les braqueurs sont déjà partis et ont emporté le butin en laissant sur le carreau des morts, des blessés et des traumatisés ? » s’interrogent certains individus dans la rue. Ce grand coup vient de donner la preuve que le Cameroun pourrait à tout moment basculer dans un sens comme dans un autre et démontre aussi que le masque peut être vite ôté.
Valentin Ateba
