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Le contraste est saisissant entre les chiffres flatteurs de leurs économies et les réalités quotidiennes vécues par les populations de l’espace CEEAC-CEMAC. Selon le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission des Nations unies pour l’Afrique, « les pays de la communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale, après avoir enregistré une baisse importante de leur activité économique en 2009 (consécutive à la récente crise financière et économique mondiale), ont renoué avec la croissance en 2010.
Cette dernière a atteint 5,4% en 2010, contre 1,6% en 2009. La moyenne sous-régionale des taux d’inflation nationaux est redescendue à 9,6% en 2010, les soldes budgétaires globaux sont redevenus positifs et les déficits des comptes courants se sont réduits ».
A s’en tenir aux chiffres actualisés du bureau Afrique centrale de la CEA, les perspectives de la sous-région sont assez favorables, avec une croissance fixée à 6,1% en 2011. Une performance au dessus de la moyenne établie à 5,5% de croissance en Afrique subsaharienne pour cette année. Le niveau des prix en Afrique centrale devrait davantage être maîtrisé dans la sous-région. 7,7% d’inflation en zone CEEAC. 1,8% d’inflation dans l’espace CEMAC. Une amélioration des finances publiques est aussi en vue, à travers une amélioration des soldes budgétaires (6,7% du produit intérieur brut de la CEMAC, 4,0% du PIB de la CEEAC).
Les échanges extérieurs laissent entrevoir une poursuite de la réduction des déficits
courants (transferts publics inclus). Cette réduction devrait s’établir à 1,6% du PIB de
la CEEAC.
L’embellie sur fond de grincement des dents
« Les bons chiffres présentés par la CEA sont en rupture avec le panier de la ménagère qui reste maigre » réagit un participant au Comité intergouvernemental des experts du bureau régional de la CEA tenu à Yaoundé les 11 et 12 mars 2011à Yaoundé. D’autres participants espèrent des chiffres ne prenant pas en compte les recettes pétrolières. « La croissance offshore est l’arbre qui cache la forêt. Hors pétrole, tous les pays de la CEMAC sont mal portants. En isolant le secteur pétrolier, on aurait la vraie réalité.
Ce qui permettrait d’avoir des recommandations fortes et mieux affinées », suggère un cadre de la BEAC. A la BAD, l’on requiert les ratios pays par rapport à la situation globale de la sous-région. Grosso modo, la situation par pays est souhaitée. Celle-ci devrait implicitement ressortir la réalité de l’arrière-pays en zone Cémac. De façon synthétique, les experts de la sous-région engagent la CEA (auteur de cette analyse de l’évolution de la situation socioéconomique en zone CEEAC) à des actions complémentaires : « une analyse économique hors pétrole pour les pays producteurs ; une analyse économique hors pétrole pour les pays producteurs ; une analyse sectorielle en matière de PIB, de commerce extérieur, d’inflation ; la présentation de la situation des pays selon leur spécificité ; l’analyse de l’orientation de la politique monétaire parmi les déterminants de la croissance ; et la prise en compte du contexte sécuritaire’’
Défis à relever
Les fruits tiendront-ils la promesse des fleurs ? De fait, des risques pèsent sur les perspectives économiques sous-régionales. Celles-ci sont en effet « tributaires de l’évolution de la conjoncture internationale et du bon déroulement des élections prévues en 2011 dans plusieurs Etats membres, et des incertitudes existent en liaison avec la situation sociopolitique dans le monde arabe ». Au final, le comité intergouvernemental des experts de la CEA formule une dizaine de recommandations : le renforcement de la stabilité macroéconomique ; la diversification des économies pour mieux résister aux chocs externes ; l’amélioration du climat des affaires ; la mise en œuvre de programmes et projets visant à renforcer les conditions d’une progression vers l’atteinte des OMD ; une réorganisation et / ou réaménagement des allocations budgétaires pour financer l’investissement public en infrastructures et en capital humain ; la promotion de la recherche développement ainsi que l’invention et l’innovation. Belles pistes de solutions qui restent à traduire en actes concrets pour une transformation réelle et efficace de la qualité de vie du citoyen de la sous-région Afrique Centrale. On croise les doigts et on attend…
Source : camerpress
