






![]() | Aujourd'hui | 22 |
![]() | Total | 2295022 |
Un lecteur nous écrit sur les difficultés éprouvées par les populations pour avoir accès à l’eau potable dans nos grandes villes. Sans vaine spéculation stylistique notamment sémiologique, contentons-nous de ce qu’en dit le dictionnaire Larousse (Petit Larousse) page 189 : le désert est un espace inhabité, très peu fréquenté, moins accessible, rebutant. C’est une région aride.
Urbain, c’est une épithète, voir page 685 Larousse, cela veut dire une concentration des populations en ville. Urbanisation, c’est l’élaboration, viabilisation de l’espace urbain, de la ville. J’ai abordé ces deux concepts quasi antithétiques dans l’angle banalisé, pour ensuite dévisager l’art dont nous excellons au Cameroun, d’accoupler les inconciliables behaviouristes.
Le mythe relève de la légende, c’est ce qui d’apparence semble surnature. C’est ce qui est irréel, imaginaire, parfois hallucinatoire. La réalité c’est du concret, le palpable, le visible. Au Cameroun, on rencontre des réalités quotidienne, que l’on s’efforce même de camoufler, mais qui sont têtues car faits existants.
C’est le cas des déserts urbains. Ce n’est pas de la fantasmagorie. Le journal camerounais DIKALO No 1277 du 14 décembre 2009 page 6 parle de la privatisation grippée, ciblant éloquemment la pénurie d’eau dans la cité nautique ou économique Douala. Le reporter relate les difficultés d’entrer en possession de cette denrée de première nécessité, certains habitants se dotant des puits dont le précieux liquide, ne remplissant même pas les vraies qualités d’eau potable, sert de palliatif d’une société, qui me semble assez arrogante, car vrai potentat. Heureux les habitants de Douala car domiciliés dans une cuvette du Wouri, dont le forage d’au plus 15m livre l’eau.
Je crois avoir déjà déploré notre sort, nous les yaoundéens, dont on croit à première vue dotés des abondances hydrauliques. La capitale à 7 collines est surprenante. J’ai souvent l’inquiétude de ce que disent par courriers confidentiels nos cohabitants, les diplomates, logés dans des immeubles de plusieurs niveaux à leur gouvernement. Sont-ils très à l’aise ? J’en doute bien. Notre désert urbain s’appelle carrière Jean Mermoz. Il faut voir des gens courir de droite à gauche gourde pendue aux épaules. Vous y mettez trois, quatre semaines voire un mois sans une seule goutte d’eau suintant aux robinets. Néanmoins, les quittances tombent à tout moment. Essayez de dire que l’eau ne coule pas. L’agent vous rabroue copieusement, nous nargue disant laissez passer le délai voir.. Vous serez frappé d’une forte pénalité, votre compteur d’air et pas d’eau risque de s’en aller.
Pour aller payer les quittances sans consommation d’eau, vous vous agglutinez devant un minuscule bureau, doté de deux ordinateurs médiévaux, souvent un seul mis en mouvement. Les queues s’allongent jusqu’à la chapelle Christ Roi. Les handicapés se couchent par terre. Même le ciel nous refuse sa rosée pour nous nettoyer notre nez comme ferait un chat domestique. Comment qui de droit ne peut-il pas admonester cette société toute puissante de déconcentrer son lieu de paiement. Des milliers d’usagers s’écrasent, comme on faisait au temps jadis pour prendre le train allant à Douala. L’archaïcité a la peau dure. La Sonel à l’écoute des clients s’est adaptée à la modernité. L’Aes-Sonel se fait acquitter les quittances presque facilement grâce à l’ordinateur, on paie dans toutes les agences Aes-Sonel Yaoundé. Mais la Snec claustrée dans ses habitudes d’antan crée son désert urbain, comme Robinson Crusoé, roi dans son empire, elle se moque de nous. Nous allons faire quoi ! Pourtant autant que l’on parle, des points stratégiques en Géostratégie, on parle également des matières stratégiques dont la gestion est régalienne à la puissance publique ; l’eau et la lumière y émargent. Comment un Roi Pétaud peut-il détenir la primauté d’une telle denrée ?
Au fait nos élus, tant municipaux que nationaux logent-ils à la même enseigne que nous la piétaille électorale ? Ici ceux qui ont leurs véhicules sillonnent la ville ou la contrée en quête d’eau quelle qu’elle soit. Le désert peut-il cohabiter concrètement avec nos agglomérations dites urbaines ? Oui, l’Afrique a sa tête dans la civilisation mais ses pieds dans l’obscurantisme, la sauvagerie. Une ville sans eau potable, sans lumière, sans moyens de locomotion aisée, se leurre, elle n’est pas une cité, mais un îlot débroussaillé dans une clairière éculée.
