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Les populations de Bafoussam ont connu une matinée très mouvementée ce 27 janvier 2010. En effet, la Communauté urbaine de Bafoussam, à défaut d’engins appropriés, a versé dans les rues de la capitale régionale de l’Ouest ses agents démolisseurs armés de masses, de baramines, de marteaux, de machettes, de casques et chasubles.
La mission de déguerpissement était difficile au regard du matériel très obsolète utilisé. Toutefois, les agents s’y mettaient à cœur joie et de toutes leurs forces. Ils frappaient murs et poteaux en béton, démolissaient les barrières et les murs en bordure de la route sur l’axe allant du carrefour de la poste centrale à la légion de gendarmerie. Les occupants des lieux n’eurent pas le temps de sauver qui un plat ou une cueillere, surtout que les maisons ou les devantures à démolir étaient des lieux de commerce, de vente de boisson, de bureautique et autres. Ils ont prié, supplié, pleuré, rien n’y fut, les agents de la mairie, encadrés par une escorte de gradés de l’armé étaient sourds à toute revendication. Les autres rues sont programmées pour les jours à venir.
La casse
Cette décision d’assainissement fait suite à l’application de l’arrêté communautaire N° 10/AC/SG/DAF/SDAAJ/SCR/CU/BFM fixant les mesures d’hygiène et de salubrité dans le ressort de compétence de la Communauté urbaine de Bafoussam datant du 15 janvier 2009 et signé de Emmanuel Nzété, délégué du gouvernement. Cet arrêté, en son article premier, stipulait : « En vue de donner à la ville de Bafoussam une splendeur permanente tant sur les plans naturel que sanitaire, les populations sont invitées à rendre effectif avant le 24 décembre 2009, les mesures d’hygiène et de salubrité suivantes : renouveler la peinture sur les bâtiments, enlever les frisquettes faisant pignon sur rue tant sur les maisons que sur les conteneurs, démolir les barrières en carton, en papiers ou en vielles tôles, démolir les baraques et les taudis, assainir les maisons et leurs alentours, enlever le long des rues les voitures abandonnées, s’abstenir de vendre à même le sol, libérer les emprises de la voie publique, s’impliquer particulièrement au nettoyage général les jeudis jusqu’à 10 heures ».
L’article 2 de l’arrêté fixe le montant des amendes pour les contrevenants de 1 200 Fcfa à 10 000 Fcfa, et en cas de récidive à l’appréhension et à la mise en fourrière, à la démolition ou à l’enlèvement du corps de la contravention. Les populations de Bafoussam longtemps habitués au désordre urbain ne croyaient pas que le délégué du gouvernement soit à mesure de mettre en application, ses menaces. Ils l’auront appris à leur dépend. Les populations de Bafoussam qui apprécient à sa juste valeur ces mesures d’assainissement trouvent cependant que les priorités les plus immédiates sont ailleurs que dans les casses pour l’instant. La voirie municipale, l’éclairage public, l’insécurité etc.
Pierre Gouanez
