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Toutes les parties prenantes attendent les nouveaux financements pour conduire à bon port les activités de démarcation et de bornage entamées et souhaitent boucler le processus courant 2012.
Les travaux de la 27ème session de la commission mixte Cameroun Nigeria chargée d’implémentée l’arrêt de la cour internationale de justice du 10 octobre 2002 se sont ouvertes à Yaoundé hier jeudi 10 mars 2011 sous la présidence de son excellence Saïd Djinnit, président de la commission mixte et représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies.
Pendant deux jours, les chefs des délégations des deux pays conduites côté camerounais par le Vice Premier ministre, ministre de la Justice et Garde des Sceaux Amadou Ali et côté nigérian, par prince Bola Ajibola vont avec leurs experts , examiné les conclusions des travaux de la session extraordinaire de l’équipe technique mixte et de la sous-commission de démarcation qui ont eu lieu en novembre 2010 à Yaoundé et appréciés par la même occasion, les activités menées sur le terrain (Bakassi) par le groupe d’observation dont la commission de suivi s’est réuni en février dernier à Genève en Suisse.
Evaluations
Entre septembre 2010, date de la tenue de la 26ème session et mars 2011, à laquelle a eu lieu l’ouverture de la 27ème session, certaines actions arrêtées de manière consensuelle entre les deux parties ont connue une avancée remarquable. Il s’agit entre autre du processus de démarcation de la frontière terrestre qui se trouve aujourd’hui bouclée et estimée à 2080km. Le processus d’évaluation des emplacements des bornes amorcée l’année dernière se poursuit et auquel il faut ajouter l’évaluation complémentaire des emplacements des bornes sur environ 90 km de frontière terrestre, effectué en décembre dans les parties où les équipes n’avaient pas pu se rendre lors des phases d’évaluation antérieure reste inachevé. Mais pour ce qui est du reste, des efforts restent attendus. C’est le cas de l’évaluation des ressources dite clauses sur les champs d’hydrocarbures à cheval ou situé le long de la frontière maritime ainsi que sur les installations.
La question du thalweg de la rivière Akwayafe est encore en examen pourtant, la question avait été soulevée lors de la 26ème session tenue à Abuja en septembre 2010. La question sécuritaire reste préoccupante dans la zone frontalière où tout récemment encore, des attaques perpétrées par des pirates ont causé la mort des citoyens camerounais. M Saïd Dinnit, président de la commission, a d’ailleurs déploré ces attaques récurrentes dans la zone et appelle au renforcement de la sécurité dans les zones ciblées par les pirates.
S’agissant des projets mis sur pied pour accompagner le développement de la zone, couplés aux campagnes de sensibilisation des populations sur la préservation de l’environnement par la pratique optimale des activités de pêche, le chef de l’Etat Paul Biya a récemment offert aux pêcheurs de la localité, un important lot de filets de pêche répondant aux normes conventionnelles.
Chantiers
En ce qui concerne les projets de développement local, des pas ont été franchis par le gouvernement camerounais. Le chef de la délégation camerounais Amadou Ali va se réjouir des travaux lancés : « il me plaît de féliciter l’état d’avancement de la route Enugu-Abakiliki-Ikom-Ekok-Eyumojock-Mamfé qui a permis aux membres de la composante camerounaise et au groupe des observateurs de se rendre à Calabar par route lors de leur dernière descente sur le terrain en février dernier.»
En projet, l’Etat du Cameroun envisage la construction d’un hôpital de référence à Idabato ainsi qu’un collège d’enseignement technique dans la localité d’Akwa, chef lieu de l’arrondissement de Kombo Abédimo .Cet projet est évalué à 700 millions de Fcfaet les travaux, aux dires du Vice P.m, ont démarré.
Des projets qui méritent d’être multipliés, car les exigences de la rétrocession de Bakassi au Cameroun prévoyait le relèvement du niveau de développement dans cette zone maritime enclavée en mettant l’accent sur la sécurité alimentaire et l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation. Ce sont là, indique l’envoyé spécial de Ban Ki Moon, des aspects sur lesquels, d’importants efforts doivent être apportés pour que « les populations locales ne soient pas considérés comme les parents pauvres de la justice internationale »
Au regard de l’engagement et de la détermination des Etats, et comme l’a salué prince Ajibola, qui appelle de tous ses vœux de voir le différend opposant le Nigeria et le Cameroun au sujet de Bakassi connaître un dénouement similaire à celui de la Guinée équatoriale et le Nigeria au sujet de l’île Ikanga-Zafiro, véritable gisement pétrolier. Ce vœux sera sans doute accompli au regard de la volonté de paix des deux chefs d’Etat. Mais, cela devrait passer dans un premier temps par la mise à disposition des moyens nécessaires pour mener à bien le processus de bornage entamé et la poursuite des chantiers de développement et infrastructurels dans un second temps.
Les différentes parties prenantes se sont longuement appesanties sur la problématique de la recherche des ressources financière qui permettra d’établir de manière claire, le calendrier des actions à réaliser sur le terrain (reprise des opérations de construction et de pose de bornes-frontière) tout au long de cette année. Pour cela, les partenaires au développement sont une fois de plus sollicités pour venir en aide au canada et bien d’autres pays qui ont jusqu’ici financé les activités de la commission mixte. C’est à ce prix que l’échéance de 2012 fixée pour le bouclage de l’ensemble du processus pourra être respectée.
Floriane Payo
