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Qui pourra succéder à Cavaye Yeguié Djibril à la tête de l’auguste institution ? Le pouvoir révisera-t-il sa copie sur l’organisation des élections ? La réponse sera connue au terme de la session qui s’ouvre cet après-midi à l’hémicycle de Ngoa-Kellé.
Il sera environ 16 heures, quand les 180 députés prendront place dans cette auguste institution. Les travaux de cette session seront dirigés une fois de plus par le doyen d’âge qui sera assisté pour l’occasion de deux des plus jeunes députés. C’est donc à ce trio que reviendra la lourde responsabilité de conduire les élections qui devront aboutir au choix des 23 membres du bureau permanent de l’Assemblée nationale.
Si jusqu’à présent les candidats ne sont pas connus, il demeure au moins une constance. La place du président sortant Cavaye Yeguié Djibril sera une fois de plus convoitée. Au perchoir depuis 1992, soit 19 ans, l’inamovible député du Mayo Sava, pourrait faire face au truculent Adama Modi. Le député du Mayo Kani essayera comme à son habitude de prendre la place qui revient à leur communauté, dans le cadre de l’équilibre régional, quitte à défier une fois de plus Jean-Bernard Ndongo Essomba, le président du groupe parlementaire du Rdpc.
Mais réussira-t-il à faire entendre sa voix au cours de cette autre session ? Rien n’est moins sûr.
Interrogations
La présente session qui s’ouvre cet après-midi pourra également être importante à plus d’un titre. A en croire certaines sources proches de l’Assemblée nationale, le gouvernement pourrait déposer sur la table des députés un certain nombre de projets de lois, notamment celui portant amendements sur la composition d’Elections Cameroon (Elecam). On se souvient d’ailleurs que lors de son adresse à la nation le 31 décembre 2010, le chef de l’Etat avait en personne avoué que certains dysfonctionnements avaient été remarqués dans la composition d’Elecam. Serait-ce donc l’occasion pour lui de rectifier ce tir et créer ainsi l’émulation autour de cet organisme ? On ne perd rien à attendre.
Que dire alors de l’élection à deux tours telle que proposée par une commission des Nations unies, en visite à Yaoundé il y a quelques jours ? Avec à sa tête le sous-secrétaire général spécialement chargé des affaires politiques et des questions électorales, Lynn Pascoe, la commission avait invité le gouvernement à œuvrer pour crédibiliser la prochaine élection présidentielle. Ce qui selon lui, passerait par une élection à deux tours. Mais connaissant le tumulte que cela peut pousser sur le déroulement d’une élection comme la présidentielle, Paul Biya acceptera-t-il de jouer cette carte ?
Ce sont donc des questions et bien d’autres qui rendent très importante la session qui s’ouvre cet après-midi.
Thierry Nyope
