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Elections : Comment Paul Biya peut sortir le Cameroun de l’implosion

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biya-sittingL’année 2011 est  considérée par nombre d’observateurs  comme celle de tous les dangers. Mais, le chef de l‘Etat a des cartes à abattre pour entrer positivement dans l‘histoire.
Alors que ce qu’il convient d’appeler « le printemps arabe » gagne du terrain en emportant sur son passage les chefs d’Etat de la Tunisie, de l’Egypte et bientôt peut-être le Guide de Jamahiriya libyenne populaire et socialiste, le président Paul Biya et ses courtisans  croient avoir évité le pire parce que  l’opposition n’a pas réussi à organiser son grand meeting de solidarité avec les martyrs le 23 février 2011 à   la Salle de fêtes de d’Akwa, à  Douala.
Des thuriféraires du régime ont jubilé et tôt fait de parler d’échec de la semaine des martyrs  à travers le pays  et d’échec du grand meeting de solidarité avec les martyrs de février 2008 et de l’ensemble des martyrs du pays qui devait se dérouler à Douala le 23 février 2011. Meeting que les autorités administratives ont interdit. Elles ont utilisé  les forces de police et de gendarmerie pour empêcher toute manifestation publique ce jour-là.

Reconfigurer Elecam

La journée du 23 février 2011 était d’abord et surtout une journée  symbolique, une journée commémorative d’événements inoubliables  qui se sont déroulés  le 23 février 2008 à Douala et du 25 au 28 février 2008  dans de nombreuses villes et localités du Cameroun, avec au moins, officiellement, une quarantaine de morts sur le carreau. Des morts sur la conscience de ceux qui avaient organisé la répression sanglante  des manifestations.

 

 

La grande interrogation aujourd’hui est celle de savoir comment Elections Cameroon (Elecam) pourrait parvenir à organiser des élections justes, régulières et transparentes dans sa configuration monocolore ou partisane actuelle. Le Chairman du Sdf a dit et redit qu’il n’y aura pas d’élection au Cameroun avec Elecam dans sa configuration actuelle. Le chef de l’Etat ne perd pourtant rien à  reconfigurer Elecam; afin de le rendre plus crédible aux yeux des compatriotes et de la communauté internationale. Ouvrir Elecam aux personnalités choisies par l’opposition constitue-t-il un gros risque pour Paul Biya ?

 

On peut observer que les électeurs ne courent pas pour s’inscrire sur les listes électorales, beaucoup croient que les jeux sont déjà faits, que les dés sont pipés. La désaffection vis-à-vis des élections est si grande depuis plusieurs années…A peine un million d’électeurs inscrits à ce jour sur l’ensemble du territoire qui compte dix millions d’électeurs potentiels.Face à son peuple qui continue de revendiquer de meilleures conditions de vie, l’emploi et non pas des promesses, des élections justes, honnêtes, transparentes et démocratiques, le bout du tunnel de la crise et surtout le bien–être par la prospérité, Paul Biya, âgé de 78 ans, qui totalise 49 ans aux affaires dont 29 à la présidence de la République, devrait plus que jamais songer à sa sortie de scène.

 

Démissionner de la présidence du Rdpc

Il a certes promulgué en avril 2008  une loi qui modifie et complète les dispositions constitutionnelles et  lui permet encore d’être candidat à l’élection présidentielle prochaine s’il le désire. Mais malgré tous les appels plus ou moins sincères ou hypocrites l’appelant à briguer un troisième septennat en octobre 2011,  Paul Biya devrait davantage garder la tête froide et penser à ce que ses compatriotes retiendront de lui.

 

L’image du démocrate ou du dictateur ? L’homme en communion avec son peuple ou déconnecté d’avec son peuple ? Le chef de l’Etat avait lui-même souhaité  au début des années 1990 dans un entretien que  les Camerounais gardent de lui l’image de « celui qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun ». Est-ce que ce sera le cas ? A quelles conditions  est-ce  possible ? Voici quelques pistes permettant au président de la République de se réconcilier avec son peuple et d’entrer positivement dans l’histoire. Paul Biya gagnerait, lors d’un congrès du Rdpc, à se retirer ou à démissionner de la présidence du parti, cesser d ‘être le candidat naturel du Rdpc à la future  élection  présidentielle. Le président Biya gagnerait également  à annoncer son intention de ne pas se présenter à l’élection présidentielle prochaine.

Un autre candidat du Rdpc à la présidentielle ?

Une bonne frange de Camerounais serait reconnaissante à Paul Biya de laisser enfin un autre candidat du parti au pouvoir, leRdpc, affronter des candidats de l’opposition ou des candidats indépendants. Ce que l’ancien  président Daniel Arap Moi du Kenya a fait en son temps. Les grands hommes sortent par la  grande porte.Paul Biya  gagnerait aussi à convoquer un débat national sur la reforme des institutions en commençant par la constitution et permettre la mise sur pied d’un vrai code électoral. Ainsi que l’adoption d’un système majoritaire à deux tours, le vote des Camerounais de la diaspora, ramener l’âge électoral  à 18 ans.

 

La réconciliation nationale doit passer par un vrai dialogue avec les mouvements  sécessionnistes anglophones, les funérailles nationales pour les  martyrs de la nation, le retour de la dépouille de l’ancien président Ahmadou Ahidjo et de tous les nationalistes inhumés en terre étrangère.En ce qui concerne l’agriculture, il  faudrait non seulement renforcer la mécanisation agricole, mais surtout recruter de jeunes pionniers de développement, doter toutes les sociétés de développement,  missions de développement et centres de recherches et  d’expérimentation abandonnés des moyens financiers et matériels nécessaires.

 

Par ailleurs, Paul Biya ne devrait pas rougir à l’idée de relancer  les plans quinquennaux qui ont permis au pays  de faire des progrès réels, dans le sens du développement équilibré du pays. Il reste tant de chantiers à réaliser  pour devenir un pays  émergent même avant 2035, mais l’avenir du Cameroun est radieux.

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