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Le président du Social Democratic Front s’est exprimé jeudi 24 Février 2011 à Ngaoundéré, au terme de l’étape septentrionale du tour qu’il mène sur le triangle national pour mobiliser l’opinion publique contre Elecam sous sa forme actuelle.
Quelle est la position officielle du Sdf quant aux inscriptions sur les listes électorales actuellement menées. Etes vous contre le processus ?
Nous disons que tout le processus est mauvais et non que nous sommes contre les inscriptions sur les listes électorales. Concernant ces élections dont on parle, il y a par exemple des individus qui ont cinq récépissés d’inscriptions, est-ce de bonnes procédures ? On ne peut pas avoir un nouveau corps électoral alors qu’on nous propose une révision du fichier électoral. D’autres pays ont réussi leur système électoral à l’instar du Ghana et du Bénin qui est un petit pays comparé au nôtre. Le Cameroun est capable de se doter d’un système électoral meilleur que ces pays qui peuvent nous envier. Nous avons copié l’Onel au Sénégal qui a été un échec, on s’est embourbé dans la fraude. Nous disons qu’il faut refondre les listes électorales et Elecam tel que proposé par le Commonwealth doit inclure des données biométriques telles que les empreintes digitales ainsi que les photos sur les listes et les cartes électorales.
Alors si les 11 points que vous proposez au gouvernement ne sont pas respectés, vous dites que les élections n’auront pas lieu ?
Les élections ne vont pas avoir lieu.
Concrètement, qu’entendez-vous par là ?
Cela veut tout simplement dire que les élections ne peuvent pas se tenir au Cameroun avec la configuration actuelle d’Elecam.
Allez-vous vous retirer ou boycotter ?
Nous disons que les élections ne vont pas se tenir au Cameroun, cela ne veut pas dire que nous allons boycotter.
Quelle est votre position officielle vis-à-vis des évènements qui se sont déroulés à Douala et Bafoussam ?
La position officielle du Sdf est le suivant : le Sdf a eu des martyrs décédés en 1990 pendant les premiers pas du parti. La journée des martyrs à Douala a été mal initiée et certaines personnes ont profité pour vouloir créer la confusion au sein de la population. Nous disons que pour appeler le peuple à marcher et demander à M. Biya de partir, il faut d’abord informer ce peuple pour avoir son opinion. Je ne crois pas que les gens devraient prendre des prétextes, s’accrocher sur le fait que quelqu’un dise que c’est la journée des martyrs pour exiger le départ de Paul Biya. Il ne faut pas mélanger les choses.
Quand le Sdf veut organiser une manifestation, on est transparent et clair devant les Camerounais comme c’est le cas avec mon tour du Cameroun où le discours pour lequel je me bats depuis, n’a jamais changé ; celui qui consiste à dire que Elecam tel qu’il est constitué actuellement est mauvais.
Pensez-vous que le recrutement de 25 000 jeunes à la fonction publique soit une promesse électorale impossible à réaliser ?
Pourquoi d’abord avoir attendu aussi longtemps. A Bamenda, il a promis une université, la réhabilitation de la « ring-road », un hôpital de référence. A Ebolowa, il a encore promis la construction de la route Biwong-bané-Kribi passant par Akom 2, Ebolowa- Sangmélima…Pour clore ces promesses, il annonce le recrutement de 25 000 Camerounais à la fonction publique. Nous sommes tous Camerounais et soyons parfois francs et honnêtes envers nous-mêmes. Notre budget peut-il supporter toutes ces charges ? Quelque chose m’a fait réfléchir depuis hier, lorsqu’une jeune étudiante est venue me demander 5 000 Fcfa pour faire sa demande d’emploi. Je lui ai donnée naturellement. Mais je suis sûr que ce ne serait pas suffisant. Au-lieu de 25 000 jeunes, c’est plus de 100 mille chômeurs qui vont frapper à la porte de la fonction publique et si chacun paie 10 000 Fcfa pour effectuer son dossier, imaginez le montant. Le gouvernement va appauvrir les gens et pense peut-être utiliser cet argent pour payer les premiers mois de salaires de ces derniers. Pourtant, il y a des citoyens qui travaillent des années sans salaires, des retraités qui meurent sans recevoir leur pension, et eût égard aux arguments sus cités, je pense que le recrutement de 25 000 jeunes Camerounais à la fonction publique est une grosse blague.
Parlant du syndrome tunisien, pensez-vous que l’on avance inexorablement vers ce vent venu du Maghreb ?
Si vous m’avez-bien saisi durant mes meetings, alors vous aurez retenu que cela a commencé au Cameroun. En 2008, ce sont les jeunes qui ont lancé les mouvements, ce n’est pas Fru Ndi qui les a jetés dans la rue. Ceux qui ont voulu accrocher ces mouvements sur le cou de John Fru Ndi savent que ce n’est pas lui qui les y a envoyés. Mon message a toujours été ceci: les Camerounais ont le droit de se battre pour leurs droits. Pour les droits des journalistes, ce n’est pas Fru Ndi qui va se battre, mais vous-mêmes les journalistes et ainsi de suite avec les médecins, les enseignants...Lorsque le gouvernement ne veut pas se battre pour vous, vous avez le droit de vous battre pour vos droits.
Un de vos membres en l’occurrence le président de la circonscription électorale de Ngaoundéré 2 vous a demandé des éclaircissements sur le fait qu’entre le Président Paul Biya et vous, on dirait toutefois que c’est aujourd’hui le grand rapprochement pour ne pas dire la grande amitié. Quelle est votre part de vérité ?
Nous n’avons jamais été des ennemis à ce que je sache et je n’ai d’ailleurs jamais été l’ennemi d’aucun Camerounais jusqu’à ce jour. Etre l’ami de quelqu’un ne signifie pas que tu es d’accord avec toutes ses opinions et actions. Se saluer ne signifie non plus qu’on s’accorde sur les différents points de vue, si cela avait été le cas, je ne serai pas ici.
Qu’est-devenu le « Shadow cabinet » ?
Le « Shadow cabinet »existe toujours même s’il connaît quelques difficultés. Je pense que nous allons apporter des améliorations avec le temps.
Faut-il que John Fru Ndi se déplace pour que le Sdf se réveille dans l’Adamaoua ?
Le Sdf a toujours été en éveil dans la région de l’Adamaoua. Si le Sdf était endormi ici, vous n’auriez pas vu autant de monde au meeting. Nous sommes aussi fort qu’avant et en mouvement et le témoignage est probant avec les militants et sympathisants qui, quand ils m’ont vu, étaient plus que jamais galvanisés tout comme l’ancien coordonateur régional du Sdf qui était également là.
Et le cas du député Noumba, est-il suspendu du Sdf ?
Je crois que le problème du député Noumba a été résolu et que toute la presse devrait connaitre le dénouement.
Propos recueillis par Eric Nguélé
