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La lutte contre la corruption et les détournements des fonds publics dénommée « Opération Epervier » est diversement interprétée au sein de l’opinion. A côté de ceux qui jugent cette action louable dans l’optique de la consolidation de la bonne gouvernance, certains y voient plutôt une initiative d’épuration politique dans la perspective de l’élection présidentielle de 2011.
En d’autres termes, sous le prétexte de punir des prévaricateurs, le président de la République essaye de se débarrasser des hommes encombrants susceptibles de l’empêcher d’atteindre son objectif politique qui se trouve être un nouveau septennat l’année prochaine. Enfin, un autre courant de pensée soutient mordicus que Paul Biya veut soigner son image en se positionnant comme le seul homme politique capable de prendre des mesures courageuses pour conduire son pays vers la modernité. C’est pour cette raison qu’il a engagé de grands chantiers sur les plans politique et socio-économique. Et la guerre ouverte contre les malversations financières occupe une place de choix dans ce marketing politique.
Illusions
Il est difficile de soutenir que l’opération épervier est un plan de liquidation des « opposants » au candidat naturel du Rdpc. Les personnalités actuellement en détention à Douala et Yaoundé, considérées à juste titre comme des fidèles infaillibles aux idéaux du Renouveau et à l’homme qui les incarne, avaient-elles réellement des moyens d’empêcher Paul Biya de briguer un autre mandat en 2011 ? Que se soit Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, Jean-Marie Atangana Mebara, Alphonse Siyam Siwé, Haman Adama, Ntongo Onguéné ou Noah Ewodo… Toute cette imminence grise du parti au pouvoir n’avait qu’une seule préoccupation : celle de rester le plus longtemps possible dans la «mangeoire» en faisant main basse dans les caisses de l’Etat pour défendre des intérêts purement égoïstes.
Le seul pêché du président de la République, c’est bien évidemment de les avoir donné le champ libre pour opérer, en toute impunité, de dangereux raids dans les caisses de l’Etat en dépit des publications de la presse privée qui mettaient en exergue ces détournements. Qu’il engage cette lutte aujourd’hui, alors que la question de sa succession se pose, est sujette à des interprétations les plus erronées pour les unes. Le débat devrait plutôt être centré sur la recherche des voies et moyens pour récupérer les milliards détournés par les barons du régime. Un véritable casse-tête chinois pour percer un univers où les prête-noms et le blanchiment d’argent rivalisent d’adresse.
Le peuple camerounais se présentera aux urnes en 2011 pour élire un nouveau président de la République. Une échéance électorale qui coïncide avec le programme politique des Grandes Ambitions échelonné sur plusieurs années.
