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Mbita Obam , déjà en froid avec le préfet d'Ambam et le chef de poste de police de Kye-ossi, aurait tissé des liens maffieux avec les autorités Equato guinéennes. Mis au parfum, le gouverneur du Sud l'a chargé auprès de la haute hiérarchie.
La petite ville frontalière de Kye-ossi reste en ébullition, quelques semaines après la destitution de son ex sous préfet Vincent Mbita Obam, relevé de ses fonctions, pour faute lourde, lors des derniers mouvements opérés dans le champ du commandement territorial.
La destitution de l'ex chef de terre, continue de faire des gorges chaudes chez les populations de Kye-ossi. Certains parlent "d'un départ précoce et précipité" . D'autres par contre, plus nombreux comme Jean Pierre Alouma enseignant dans la ville de Kye-ossi, approuvent le limogeage de celui là "qui n'était plus du tout en odeur de sainteté avec le préfet de la Vallée du Ntem et le chef de poste de police de Kye-ossi . Ceux qui ont décidé de le faire partir d'ici ont certainement vu loin" explique l'enseignant.
Dans les services du préfet de la Vallée du Ntem à Ambam, un proche collaborateur du préfet Etapa, parle sous le sceau de l'anonymat, de la collaboration froide entre le sous préfet et le préfet de la Vallée du Ntem: "Le conflit entre les deux hommes était tellement flagrant qu'ils ne se saluaient presque pas, lorsqu'ils se retrouvaient dans une cérémonie publique. Le sous préfet de Kye-ossi boycottait systématiquement les réunions de coordination du préfet Etapa" révèle notre source. Mais le conflit le plus visible qui aura suscité l'indignation des populations et de certains observateurs avertis, à Kye-ossi , c'est celui qui a depuis de nombreux mois, opposé le sous préfet de Kye ossi, au commissaire Eugène Malouma, chef de poste de police.
L’officier de police a été "abusivement chargé par le chef de terre auprès de la haute hiérarchie de la police", confie une source sur place. Cette relation froide entre les deux hommes, aura été la dernière goutte d'eau de trop, dans un vase qui a fini par exploser. La situation était devenue préoccupante, à tel point que le préfet de la vallée du Ntem (déjà ennemi du sous préfet), était obligé de faire des descentes urgentes à Kye-ossi, pour s'assurer que son collaborateur du commandement territorial, n'avait pas totalement perdu le nord, dans cette région frontalière à la Guinée Equatoriale et au Gabon, où la sécurité des personnes et des biens est une menace permanente.
Rivalités
Selon des témoignages recueillis sur place, dans la journée du 08 février, l'ex sous préfet aurait mal digéré que son collaborateur s'absente des réunions de coordination qu'il organisait tous les lundi au profit de celles convoquées par le préfet d'Ambam , (son "ennemi"). Voilà d'ailleurs l'une des raisons qui conduira à la destitution du commissaire Malouma et de l'un de ses collaborateurs, l'officier de police Christian Ngog, lui aussi, précédemment en poste à Kye-ossi.
Le commissaire Eugène Malouma que Dikalo a joint au téléphone en début de semaine, depuis son nouveau poste de travail à Kribi, où il a été muté, n'a pas totalement nié les faits : "j'ai été démis de mes fonctions à Kye-ossi parce que des rapports sales et injustes ont été écrits sur moi et envoyés à ma hiérarchie, par des personnes qui m'empêchaient de faire mon travail dans les normes. Mon sous préfet qui était en conflit avec le préfet d'Ambam, m'interdisait d'obéir aux ordres de ce dernier .Ce que je trouvais inadmissible dans le commandement territorial". A-t-il expliqué. Mais c'est surtout l'incident survenu dans la semaine du 20 au 24 décembre qui aura définitivement mis le feu aux poudres à Kye-ossi. Selon des témoignages, tout serait parti de l'altercation entre Moustapha, un vendeur de mouton à Kye-ossi, et la police Equato-guinéenne, de l'autre côté de la frontière vers Ebebiyin.
A la suite de ces incidents malheureux, Vincent Mbita Obam aurait tour à tour saisi, Eric Asah She, le délégué régional de la sureté nationale pour le Sud et Martin Mbarga Nguelé, le patron de la police camerounaise. Une convocation s'en suivra quelques jours après, à l'attention du commissaire Eugène Malouma, appelé à s'expliquer devant la haute hiérarchie de la police à Yaoundé. Malgré l'intervention du délégué régional de la sureté nationale pour le Sud, il sera démis de ses fonctions. Au lendemain de sa destitution, des commerçants de Kye-ossi vont d'ailleurs marcher, devant le poste de police, pour décrier ce limogeage aux allures d'un règlement de compte, et interpeller de vive voix le délégué général de la sureté nationale.
Jules Marcellin Ndjaga, le gouverneur du Sud que la rédaction a tenté de joindre au téléphone en début de semaine , pour de plus amples éclairages sur cette affaire , que l'on dit très brulant, devrait effectuer une descente spéciale à Kye-ossi, après la vague des installations des nouveaux sous préfets, récemment affectés dans la région.
Rodrigue Nkoumou
