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Yaoundé : Des graffitis sèment la panique

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yaounde1Des inscriptions portant le message « Chassons Biya » ont été immédiatement recouvertes de peinture hier dans la matinée. Sous l’œil vigilant de la police. L’un des responsables de l’Ecole publique du centre administratif, qui a requis l’anonymat, n’en revient toujours pas.
« Des collègues m’ont assuré que ces inscriptions ne figuraient pas là hier soir (dimanche soir, ndlr) », fulmine t-il. A côté de lui, son collègue tente une explication.
« Cette école est au cœur de la ville. Si des gens sont venus rédiger ces messages ici, c’est pour attirer l’attention des hauts commis de l’Etat qui déposent leurs enfants ici avant d’aller au travail. Cela n’a trait ni à la fête de la jeunesse, ni à la journée de la femme. C’est certainement lié aux tracts qui circulent, ce n’est pas le fait du hasard », affirme t-il.Des informations glanées à plusieurs sources confirment l’inscription « chassons Biya » écrite sur le mur d’enceinte de cet établissement d’enseignement primaire, à l’aide d’une « peinture pour voitures de couleur vert cassé ».
« Je suis arrivé ici à 6h ce matin. Après avoir lu le message, j’ai informé la hiérarchie (le délégué régional de l’éducation de base, ndlr) qui a mis à notre disposition un seau de peinture. C’est aux alentours de 08h30 que nous avons finalement pu le recouvrir », raconte le responsable cité plus haut. Selon des témoins présents sur les lieux hier matin, la police ne serait intervenue que plus tard, constatant l’attroupement qui commençait à se former à ce lieu stratégique de la capitale.

 

A quelques mètres de là, au lieu dit « montée Sni », le mur d’enceinte du Centre médical d’arrondissement de Yaoundé V présente lui aussi la même inscription. Une première couche de peinture, posée tôt le matin par un employé, peine à cacher intégralement le message de couleur verte que l’on peut encore bien distinguer. Un peintre « professionnel », réquisitionné urgemment par les responsables du lieu essaie tant bien que mal de redonner leur « honneur » à ces murs, « souillés » ainsi par des inconnus. « J’ai pris mon service ce matin à 6h et ses inscriptions étaient déjà là. Je ne peux pas vous dire qui en est l’auteur », souligne un employé qui précise en outre que la responsable du Centre « n’est pas là, elle vient de sortir ».

 

 

Certains confrères, qui s’étaient rendus à ces deux endroits au moment des faits, affirment par ailleurs avoir été empêchés de prendre des images.Cette affaire intervient dans un contexte fort tendu. Il y a deux semaines, des tracts répandus dans les villes de Bafoussam et Bamenda ont appelé à une démission du gouvernement. La semaine dernière, plusieurs partis politiques ont appelé à un meeting populaire demain à la salle des fêtes d’Akwa à Douala, en commémoration des événements de février 2008. Parmi ceux-ci, le Sdf, le Manidem, l’Upc et le Pds. Des figures de la société civile, comme Kah Walla, ont appelé à se mobiliser pour dire « ça suffit ». De son côté, l’activiste Mboua Massock invite depuis plusieurs mois les camerounais à descendre dans la rue et appelle à un soulèvement populaire dès demain, 23 février 2011.

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