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Société Africaine des Nouvelle Technologies
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Mohamadou Bayero Fadil: « La politique m’intéresse de plus en plus »

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Mardi, 22 Février 2011 15:19 fadil De la direction générale du CCC à la présidence du Groupe Fadil, son œuvre est immense, à l’image de sa forte personnalité. Entretien à bâtons rompus avec un homme multidimensionnel.


Pourquoi vous vous êtes lancé dans la voie de l’entreprenariat ?

Merci. Vous savez, sans dénigrer ou critiquer ceux qui sont au service des autres pour assurer leur survie, je peux dire que c’est toujours agréable de travailler pour soi-même. On ne naît pas entrepreneur ou chef d’entreprise, on le devient.

 

A cet effet, j’ai acquis au cours de ma formation universitaire aux Etats-Unis, des connaissances variées et un savoir-faire sur des situations de création ou de reprise d’entreprise qui ne pouvaient déboucher que sur la voie de l’entreprenariat. J’ai donc mis en pratique ces préceptes de gestion qui ont produit des résultats positifs avec la forte croissance et une expansion indéniable du Groupe que je dirige. C’était également pour moi, un moyen d’apporter ma modeste contribution au développement socio-économique de mon pays en créant des emplois pour lutter contre le chômage d’une part ; et d’autre part, il était aussi question de financer par le biais de la fiscalité les missions régaliennes de l’Etat.

 

Comment avez-vous choisi vos domaines d’activités ? Etudes de marché, avantages comparatifs du produit, couverture d’une demande spécifique ou opportunité inattendue ?

C’est un peu la somme de tout ce que vous venez de citer. La meilleure option consistant avant tout de ne pas s’engager dans les marchés où les risques sont très élevés. Vous devez sans nul doute savoir que le choix des secteurs d’investissement répond à une démarche professionnelle universellement reconnue. Cette méthode va de la conception à l’étude du marché en vue d’une meilleure définition et d’une bonne compréhension ; sans oublier la recherche des financements et d’éventuels partenaires.

 

L’objectif étant bien entendu d’éviter d’être embarqué dans une voie sans issue parce qu’on n’aura pas pris le soin de ne pas s’aventurer dans les secteurs d’activités non rentables. Pour avoir suivi ce canevas, je peux dire que la réussite a frappé à nos portes.

 

A quels types de difficultés avez-vous été confronté à la création puis à l’exportation de vos activités dans les autres pays d’Afrique ?

Bien entendu. La nature même de nos activités, la qualité de nos produits et nos projets de développement nous contraignent à conquérir le marché international. Je pense que l’une des meilleures stratégies de croissance les plus lucratives pour un Groupe agro-industriel comme le nôtre, c’est l’exportation. Ensuite, vous devez savoir que notre marché intérieur devient de plus en plus vaste et compétitif. C’est un marché très sollicité que les étrangers n’hésitent pas à conquérir avec une certaine agressivité.

 

Face à une telle concurrence, la meilleure riposte à mon avis consiste à se lancer sur leurs marchés également. C’est ce que nous essayons de faire pour plusieurs raisons : accroître nos ventes, contourner la saturation du marché national, consolider l’extension de notre entreprise et améliorer sa production et sa compétitivité.

 

Et bien évidemment, une telle mutation vers les marchés extérieurs ne saurait se dérouler sans anicroches. Ceci exige de nouvelles performances sur le plan commercial, une aptitude à affronter d’autres cultures et à suivre les nouveaux contacts établis. Nous devons dégager d’autres moyens financiers suffisants en termes de transports des marchandises et de droits de douanes. Pour acquérir et consolider notre prestige, ces sacrifices n’ont pas de prix.

bayero Fadil

Percevez-vous l’Etat comme un frein pour votre accroissance ou alors est-il un partenaire?

L’Etat est un partenaire incontournable dans ce sens que l’entreprise est l’élément central de tout dispositif fiscal gouvernemental. Le problème ici est de savoir quelle place occupe la fiscalité dans le développement économique et social de notre pays. L’Etat a besoin des entreprises pour collecter les recettes nécessaires à la réalisation de ses dépenses publiques. En remplissant ces obligations fiscales, nous participons dans cette dynamique constructive et c’est pour cette raison que je parle de partenariat. Ceci ne saurait être un obstacle à partir du moment où la Charte des investissements, qui a permis à notre pays de s’arrimer à la mondialisation, présente des mesures incitatives pour la création et le développement des entreprises.

Je peux tout simplement déplorer le fait qu’en dépit de ces progrès importants, la pression fiscale a quelque peu freiné nos ardeurs dans la programmation de nos activités. Une pression marquée par une certaine suspicion dans les rapports contribuables-administration fiscale. Entre la volonté manifeste de défendre les intérêts du trésor public et la présomption d’innocence que nous devons bénéficier en tant qu’opérateur économique, parce que tous les contribuables ne sont pas des fraudeurs, il y a encore des choses à améliorer. C’est pour cela qu’une Charte des contribuables où les droits et obligations seront définis est envisageable.

 

Quels sont les facteurs qui ont concouru au succès du Groupe que vous dirigez, depuis plus de deux décennies aujourd’hui ?

Il n’existe pas une recette magique de réussite. Tout dépend de l’idée que l’on se fait d’une entreprise : un bien social ou un instrument d’accumulation des bénéfices. Fort de la confiance paternelle et d’une expérience de gestion acquise au sein des entreprises majeures telles CCC, Selcam et le Méridien, j’ai axé ma philosophie sur l’innovation qui est une condition indispensable de survie, de développement et un stimulant de compétitivité. J’ai toujours pensé qu’il faut mettre sur le marché des produits plus performants que ceux présents. Et c’est cette capacité à innover et à améliorer sans cesse, associée à une ressource humaine dont le professionnalisme ne souffre d’aucune compétence, qui fait aujourd’hui notre force et la fierté de notre pays.

 

Comment évaluez-vous l’importance de votre personnalité pour cette entreprise ? Pourriez-vous décrire cette personnalité ?

Je suis en quelque sorte le gardien du temple et j’essaye de tout faire pour consolider les acquis d’un héritage fructifié avec rigueur et professionnalisme. Certains diront que je suis impitoyable ou sévère. Ce qui n’est malheureusement pas le cas. Je suis en réalité un fervent défenseur de certaines vertus comme la discipline et le savoir-faire. On ne saurait assurer la prospérité d’une entreprise comme le nôtre sans tenir fermement le gouvernail. C’est cette discipline de gestion, ces qualités de responsabilité et de fermeté, pour répondre à l’une de vos préoccupations, que j’essaye au quotidien d’inculquer à mes collaborateurs depuis que je fus appelé en septembre 1993 à valoriser cet important héritage industriel. Il faut dire que cette idéologie a toujours été le leitmotiv du père fondateur à savoir que la dimension professionnelle doit toujours prendre le dessus sur l’irresponsabilité et la facilité qui ont beaucoup d’inconvénients.

 

Contrairement aux autres successions en déclin, comment se porte celle des Fadil ?

Il n’existe pas de guerre de succession au sein de la famille Fadil. Comme toute succession importante qui se respecte, celle de la famille Fadil connaît en son sein des divergences de vues sans qu’elles aient une incidence réelle sur la prospérité du Groupe tant dans ses activités que dans sa gestion au quotidien.

 

A la vérité, la succession Fadil poursuit inexorablement son expansion. Elle entend à travers les compétences des uns et des autres, seul critère valable d’ascension aux responsabilités, asseoir son homogénéité puis consolider les acquis d’un héritage fructifié avec bonheur.

 

Dans cette bataille pour la prospérité, vous avez renforcé le partenariat avec l’extérieur. Qu’est-ce qui explique ce choix ?

De toutes les façons, je reste convaincu que le Groupe Fadil ne peut pas indéfiniment rester une affaire familiale comme veulent le faire entendre certains. Si nous voulons aller de l’avant et prospérer, il faut sortir de cette vision familiale de l’entreprise. C’est pour cette raison que nous avons tendu la main aux partenaires extérieurs pour mieux se faire connaître ; tout en soulignant que les Fadil qui sont aux commandes d’entreprises, le sont d’abord par leurs compétences propres. Tout le monde dans la famille sait qu’il faut travailler pour mériter sa place afin que la dimension professionnelle l’emporte toujours sur la vision familiale. C’est la philosophie de base qui fonde la gestion actuelle du groupe et qui, il faut l’avouer, ne pouvait pas contenter tout le monde.

 

Allez-vous définitivement vous éterniser dans le monde des affaires ?

Vous savez très bien que je ne suis pas seulement un manager. J’ai d’autres occupations notamment la présidence du conseil d’administration de l’Anor et la vice-présidence du Conseil des Directeurs de l’Institut de Normalisation et de Métrologie pour les Pays Islamiques, l’INMPI.

 

Je mène des activités politiques depuis 25 ans aux côtés du président Paul Biya. Et avec mes camarades du Comité central et ceux de la Coordination des activités du Rdpc dans le Wouri, nous essayons au quotidien d’être une force de propositions dans l’optique d’améliorer le fonctionnement de notre parti dans son déploiement sur le terrain et la bonne gouvernance au niveau de la gestion de la chose publique. Après avoir hissé le Groupe Fadil au firmament des empires agro-industriels les plus compétitives dans la sous-région Afrique centrale, le temps est plus que jamais venu pour que la politique puisse davantage bénéficier de cette expertise. Je m’y attèlerais pour aider mon pays, à travers ses institutions et celui qui les incarne, à devenir une Nation émergente à l’horizon 2035. /.

 

Entretien mené par D. Atangana

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