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Lors de son adresse radiotélévisée, le chef de l'Etat a une fois de plus fait des promesses en faveur de l'emploi des jeunes. De l’espoir, il en a été question tout au long du discours radiotélévisé du chef de l'Etat. Le président Paul Biya a décrit les actions entreprises et à venir, pour construire un avenir à la jeunesse camerounaise.
Si un fléau mérite d’être cité, dans la liste de maux qui accablent justement cette jeunesse, c’est bien le chômage. Si les sources officielles parlent d’un taux de 14 à 15%, en élargissant la population concernée aux employés occasionnels et à la population dont les revenus sont inférieurs au SMIG camerounais qui s’élève à 28.000 Fcfa, le chiffre peut facilement être doublé, voire triplé. Et ça, le chef de l’Etat le sait mieux que quiconque certainement.
C’est peu être l’occasion, pour laquelle, il est allé plus loin dans ses annonces que les années antérieures. Il a promis le recrutement de 25 000 jeunes dans la fonction publique. « L’entrée en activité des grands projets structurants évoqués plus haut va générer de nombreux emplois. En attendant, j’ai instruit le Premier Ministre de procéder, cette année, à un recrutement spécial, dans la Fonction publique, de 25.000 jeunes diplômés. » Selon le chef de l’Etat, cela n’est rien par rapport à ce qui arrive. Car, a-t-il souligné, c’est surtout sur la relance de notre croissance qu’il compte pour stimuler l’emploi.
Mais c’est déjà ça, arguent les affidés du régime. D’après les statistiques actuellement en vigueur au Cameroun, 77% de la population camerounaise se situe dans la tranche des moins de 35 ans, 35% de la population a entre 15 et 35 ans. Des chiffres qui montrent à suffisance que l’encadrement de la jeunesse est d’une importance catégorique dans un pays comme le nôtre, si on prend très au sérieux le caractère de bombe à retardement que pourrait constituer cette partie de la population laissée à elle-même.
Réactions mitigées
Comme à l’accoutumée, les discours du chef de l’Etat ont toujours suscité beaucoup de débats au sein du corps social. Si pour les uns, les promesses faites à la jeunesse sont une véritable aubaine, pour d’autres, il s’agit ni plus ni moins qu’un discours d’intention qui cache très peu des élans de démagogie ; de la poudre qu’il jette de façon systématique depuis des décennies, aux yeux de sa jeunesse désabusée, la plupart des concepts cités dans ses discours, n’ayant de réalité que sur le papier.
« S’agissant de l’insertion des jeunes dans l’économie, l’Etat, à côté des actions menées par le Fonds national de l’emploi, a continué à soutenir les programmes destinés à donner au plus grand nombre possible de jeunes des chances d’intégrer la vie professionnelle. C’est le cas du Projet d’appui à la jeunesse rurale et urbaine et du Projet d’insertion des jeunes par la fabrication de matériel sportif. Ces deux projets ont permis d’insérer dans la vie économique plusieurs milliers de jeunes, de lancer des centaines de micro-activités et de juniors entreprises et de créer des dizaines de coopératives. » Ce n’est pas suffisant, estime-t-on chez les jeunes. Pour eux, le chef de l'Etat devrait dépasser la phase des intentions pour monter une volonté manifeste à prendre le destin de ses jeunes compatriotes en mains, par des actes concrets. Car jusqu’ici, cela ne semble pas être le cas, si on se fie seulement à ses précédents discours.
En 2009, le président Paul Biya ne parlait-il pas de la création d’un « Plan National Pour l’Emploi des Jeunes », financé à hauteur de 165 milliards, et dont la mise en œuvre devait intervenir dans les mois suivant le discours ? Mais plus de deux ans après, on attend toujours les prémices de ce projet qui aurait eu le mérite d’encadrement suffisamment les jeunes. Il s’est bien gardé d’en reparler lors de sa dernière sortie, préférant focaliser l’attention populaire sur d’autres projets qui s’avèrent également être des mort-nés, tels que l’école de football.
En 2010, aucune véritable démarche ne semblait être envisagée. Paul Biya s’est contenté de compter sur la relance de l’économie camerounaise qui ne « tarderait » pas et de rappeler les résultats « satisfaisants » des organes en place existants, à l’instar du Fonds national de l’emploi et du Programme d’appui à la jeunesse rurale et urbaine qui semblent avoir généré des milliers d’emploi. Et cette année encore il n’a pas dérogé à la règle, en invitant les jeunes à se retourner vers l’agriculture.
Thierry Nyope
