






![]() | Aujourd'hui | 35 |
![]() | Total | 2295035 |
La situation politique en Côte d’Ivoire, dirigée depuis le 28 novembre 2010 par deux présidents et deux gouvernements, est en train de plonger le pays dans une crise économique sans précédent. Ce ralentissement général de l’économie a un impact de plus en plus fort sur la vie quotidienne des Ivoiriens.
Chômage technique, inflation, baisse d’activité dans les ports, pénurie de carburant, raréfaction de certains produits de base… tous les secteurs de l’économie la plus puissante d’Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui affectés par la crise.
Le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial n’a pas échappé au combat que se livrent les deux rivaux Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Pour tenter d'asphyxier le régime du président sortant, le président reconnu par la communauté internationale a, en effet, ordonné l’arrêt des exportations jusqu’à fin février.
Tout comme l’embargo imposé sur les exportations ivoiriennes de cacao, dont le camp Gbagbo conteste les effets, les sanctions des pays européens sont en train de toucher le commerce de plein fouet. La Société nationale d’opérations pétrolières (PETROCI) a indiqué que les sanctions de l’Union européenne pourraient conduire à la fermeture de sa raffinerie d’une capacité de 80 000 barils par jour, même si, indique notre envoyé spécial, les pénuries de carburant ne sont pas encore perceptibles.
Pénurie de gaz
Un manque de liquidités dans les banques
Au plan financier, la situation est également des plus dramatiques. En décidant fin janvier de fermer le robinet de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à ses agences ivoiriennes, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) a porté un coup très dur au président sortant Laurent Gbagbo.
La coupure du système électronique de « compensation interbancaire », dépendant de la BCEAO et qui permet aux banques de la place de travailler ensemble, a eu pour conséquence immédiate de désorganiser profondément le système bancaire ivoirien. En urgence, le pouvoir a appelé les banques à recourir à la « compensation manuelle ». Une opération qui doit s’effectuer à l’agence principale de la BCEAO à Abidjan aujourd’hui placée sous la haute surveillance des forces de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo.
Pour le camp Gbagbo, l’enjeu est d’alimenter le système en liquidités alors qu’il y a de moins en moins d’argent pour faire tourner l’économie. Mais certaines banques refusent de recourir à ce système non sécurisé. Résultat, de nombreux distributeurs d’argent sont vides et les banques ont dû imposer des limites au montant autorisé de retraits.
