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Société Africaine des Nouvelle Technologies
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Energie: Etudes pour la transformation du manioc en biocarburant

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maniocs5Les conclusions attendues dans deux ans
La Forbes Energy Cameroon (FEC) filiale du groupe Financial Counsulting est finalement parvenu, au terme de huit mois de négociations avec le gouvernement camerounais, à la signature d’un protocole d’accord avec le ministère de l’Energie et de l’Eau (MINEE) pour la création d’un complexe agro-industriel dans la région du Sud.

 

 

D’une validité de 24 mois, ce protocole vise à définir les modalités de coopération entre les deux parties signataires en vue de mener des études pour la création et l’exploitation d’une plantation pilote de 15 à 20.000 hectares de manioc, de pommes de terre et de sorgho dans le Dja et Lobo. Ces études comprendront dans un premier temps, les études économiques et financières, ainsi que les études d’avant projet sommaire. Le pôle agro-industriel du Dja et Lobo devrait si les études sont favorables, être bâti autour de 4 complexes industriels devant chacun, assurer la production d’amidon, de bioéthanol (biocarburant utilisé dans les moteurs à essence) et surtout, d’électricité, pour un coût total d’implantation estimé à 59 milliards de FCFA.

 

 

 

L’implantation de cette unité pilote de transformation du manioc devrait aussi permettre de générer 3.500 emplois directs, dont 50% seraient prioritairement réservés aux jeunes et aux femmes. Le projet se propose dans le même temps d’assurer le développement de 6.000 producteurs «dont la formation, l’entretien et le financement des activités se feront en commun avec les communes environnantes».

 

 

La FEC a fait savoir que l’hypothèse d’une joint-venture avec la Compagnie africaine des dérivés de manioc (Ank) sera inscrite dans l’agenda de ce projet. ANK est un groupe agro-industriel marocain spécialisé dans la production d’amidon à grande échelle. Ses responsables se sont dit d’accord pour acheter toute la production qui pourrait provenir de l’usine du Dja et Lobo, soit 600.000 tonnes de racines de manioc par an. Une tonne d’amidon avoisinant les 270.000 FCFA à l’échelle internationale.

 

 

Des observateurs très réservés
A l'instar du maïs, de la tomate, de la pomme de terre, des haricots ou du tournesol, le manioc (Manihot esculenta Crantz) est un des dons de l'Amérique précolombienne à l'agriculture mondiale. Originaire du nord-est du Brésil, il s'est répandu dans les zones tropicales et subtropicales d'Afrique, d'Asie et des Caraïbes, grâce aux navigateurs portugais. Les observateurs restent réservés sur l’opportunité d’un tel projet. Son implantation est coûteuse sur le plan financier.

 

 

Selon certains experts, la mise en place d'une amidonnerie moderne requiert généralement un capital de 5 milliards de FCFA environ, et de considérables fonds supplémentaires pour couvrir les coûts de gestion durant les premières années. La racine de manioc au Cameroun est une denrée de base qui constitue une réserve importante en cas de perte d'autres cultures vivrières, et de plus en plus une culture de rente pour le marché urbain. Or ces dernières années le manioc est devenu cher sur le marché camerounais.

 

 

Certaines analyses indiquent que s’il est vrai que la transformation des produits vivriers est une nécessité, au Cameroun particulièrement, on devrait s’assurer que la part réservée à la consommation directe est déjà effective. La question de l’énergie certes est une préoccupation majeure. Mais en même temps, le Cameroun possède le deuxième potentiel hydroélectrique d’Afrique, qui ne demande qu’à être développé. Toujours dans les énergies propres, le Cameroun possède des réserves de gaz. L’entreprise Victoria Oïl &Gas qui sur le site de Logbaba à Douala, la capitale économique attend juste l’accord de démarrage des autorités camerounaises, pourrait réduire le déficit d’énergie industriel dans cette ville.

 

 

 

Transformer de la nourriture en sous produit industriel ne semble donc pas pertinent pour l’heure. L’expérience du maïs est là pour le démontrer. Malgré une bonne production, le Cameroun importe encore une bonne part de son maïs de consommation en raison de la concurrence des provendes et des usines de bière.

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