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Ils mettent un point d’honneur sur le renforcement des contrôles internes, l’instauration de la transparence et la rigueur dans la gestion à travers la mise en place d’un code des marchés, l’élaboration d’un code de déontologie pour le personnel.
Des mesures visant à réinstaurer la crédibilité de la banque et à mettre un terme aux malversations financières.
Contrairement aux appréhensions d’une certaine opinion qui le voyait comme un homme distant, fuyard, qui se méfie de la presse, Lucas Abaga Nchama, gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale, Béac a ,à l’occasion du premier anniversaire de sa prise de fonction , démontré le contraire de ces allégations en présentant plutôt le visage d’un homme ouvert et disponible qui peut même parler de son institution et de sa gestion pendant 90 minutes sur un plateau de télévision privé lors du talk show « parole d’homme », émission diffusée en direct sur les antennes de canal 2 International . Laquelle a d’ailleurs été rapprochée d’une semaine à l’occasion du passage du gouverneur de la banque centrale.
En décidant de recevoir l’ensemble de la presse, le 03 février 2011 à l’amphi théâtre de la banque centrale à Yaoundé, soit exactement quarante huit heures avant la date fatidique (puisque c’est le 05 février 2010 qu’il est installé dans ses habits de gouverneur de la béac), il devient ainsi le premier gouverneur à rencontrer la presse quelques temps après sa prise de fonction pour dresser le bilan de sa gestion. Pour l’occasion, les journalistes ont été logés la même enseigne que les grands invités dans grands jours : mise en service des jets d’eaux, photo de famille, déjeuner de presse. Ces actions de relations publiques visent ainsi à rallier l’ensemble de la presse autour des objectifs que l’actuel gouverneur se fixe et qui visent à mettre à la disposition du public de la sous région, toutes les informations liées au fonctionnement de leur institut d’émission communautaire.
Mais, Lucas Abaga Nchama , qui vient d’être à nouveau père croit fermement que le mariage scellé avec la presse est le début d’une longue collaboration qui ne vient que de commencer et qui de plus, est appelée à se pérenniser. Le plan de réforme actuel s’étale sur plusieurs chantiers. Il s’agit entre autres : du renforcement de la gouvernance interne à travers des systèmes de contrôles internes et externes de gestion, le rétrécissement budgétaire qui vise l’utilisation parcimonieuse des dépenses de fonctionnement , la sélection des cabinets internationaux pour le recrutement des cadres supérieurs, la mise en route d’un schéma directeur informatique pour garantir la fiabilité des données comptables.
L’instauration des contrôles internes et externes
Revenant sur le bilan des douze derniers mois , de nombreuses mesures visant à assainir la gestion de la banque ont été entreprises au plus fort des détournement perpétrés au bureau extérieur de Paris évalués à ce jour à une vingtaine de milliards de francs CFA de même que le placement hasardeux de dépôt à terme indexé , Dati à la société générale.
S’agissant du dossier de détournement, l’on apprend des explications données par le gouverneur que les enquêtes se poursuivent. Les présumes coupables qui ne sont pas que des gabonais comme l’a laissé entendre une certaine opinion, sont aussi de nationalité camerounaises. D’ailleurs, les procédures judiciaires ont d’ores et déjà été enclenchées et certains sont même aux arrêts. En outre, les négociations pour le remboursement du mauvais placement Dati ont été entreprises par la béac auprès de la société générale qui a consenti d’un commun accord le partage des charges inhérentes aux pertes subies par la banque centrale. Dans son processus de transparence dans la gestion, la banque a publié les rapports d’audits relatifs aux malversations au BEP, ainsi que le rapport annuel du comité d’audit et le rapport trimestriel du comité chargé de suivre le plan d’action de la Béac.
Pour éviter que de telles opérations maladroites ne se perpétuent, l’actuel gouverneur a instauré une cartographie des risques s’appuyant sur les dispositifs de contrôles internes qui ont été pour la première fois, intégrée dans les statuts de la banque. Pour rompre avec les vieilles traditions, toutes les directions de la banque centrale de même que les directions nationales sont désormais soumises à un audit interne et externe et ceci de façon annuelle. Pour garantir la fiabilité de leurs travaux, les auditeurs jouissent d’une immunité que leur confèrent désormais les statuts de la banque. Pour renforcer le contrôle interne, la banque centrale a élaboré des manuels de procédures de divers services ainsi qu’un code et des procédures des marchés. Toute chose qui n’existait pas car la passation des marchés se négociait jusqu'à l’année dernière de gré à gré avec les entreprises.
Un cabinet international pour les recrutements
Parmi les reformes qui ont été adoptées, lesquelles découlent, il faut le souligner, des recommandations des audits externes réalisés par des cabinets et qui visent à impulser la modernisation dans la gestion de la banque, l’on peut citer la reforme de la gestion des ressources humaines, l’élaboration d’un schéma directeur informatique, l’adoption d’un code de déontologie du personnel.
Lucas Abaga Nchama pense qu’une banque centrale a pour première richesse son personnel. C’est pourquoi, il est convaincu que « il est indispensable qu’il soit bien recruté et bien formé car, il faut qu’il y ait une bonne adéquation entre le profil des postes et les personnes qui les occupent » défend-il. En 2009, la banque avait initié un recrutement des cadres supérieurs dans une dizaine de discipline. Mais les scandales ayant été découverts, avec le changement de l’équipe ancienne par l’équipe actuelle, tout cela n’a pas permis à l’opération d’aller jusqu’au bout.
A en croire le gouverneur, un prochain recrutement pourrait être lancé au terme de l’appel d’offres en vue de la sélection de cabinets internationaux spécialisés en ressources humaines qui devront assurer l’organisation de bout en bout du processus qui par le passé était géré par la banque centrale. Un plan directeur des ressources humaines sera opérationnel dès cette année pour accompagner le processus. Le code de déontologie mis sur pied et auquel est désormais soumis l’ensemble du personnel devra renforcer l’éthique et la vertu en leur sein.
La sécurisation des données informatiques étant dans l’ordre des priorités, le gouverneur et son équipe ont entrepris cette année, d’organiser les fonctions informatiques pour lui garantir plus de fiabilité dans le domaine de la qualité des données comptables.
Rétrécissement budgétaire en 2011
D’après le gouverneur, la bonne gestion prend en compte la bonne répartition du budget mais surtout, l’utilisation rigoureuse de l’enveloppe pour des besoins utiles. Dérogeant à cette règle, le budget de l’exercice 2010 avait été revu à la baisse en pleine exécution (30milliards de baisse consentie dans les charges de fonctionnement). Cette année encore, il a subi des réajustements bien en dessous de ceux de 2009 pour ce qui est des charges liées au fonctionnement. « Les dépenses de 2011 liées à ce postes sont deux fois inferieures à celles des deux années antérieures », soutient-il.
Les années 2011 et 2012 seront pour la Béac celles de la poursuite des grandes reformes entamées. Pour cela, la banque entend poursuivre sa coopération avec les autres institutions financières à l’instar du FMI avec lequel, elle a renoué les contacts et bénéficie de son expertise technique pour la mise en œuvre de son plan d’action. Avec la Banque mondiale, elle vient de décrocher une aide dans le cadre du renforcement des capacités des institutions financières de la Cemac . La banque compte aussi renforcer ses actions dans ses champs de compétences qui relèvent de la gestion des réserves de change , la conduite de la politique monétaire , la surveillance des systèmes et moyens de paiement et la supervision bancaire même si , pour l’instant, le changement de billet qui a jusqu’ici obéit à un cycle décennal n’est pas une priorité pour le gouverneur.
Au demeurant, la banque qui aux dires de son principal responsable a réalisé à 97% la feuille de route à lui assignée par les chefs d’état lors de conférence de Bangui de janvier 2010, évoque quelques perspectives économiques pour cette année. Le baromètre macro économique de la cemac situe le taux de croissance du produit intérieur brut, Pib 2011 à 4,8% contre 4% en 2010. Des performances à mettre à l’actif entre autres du secteur privé et l’intensification des travaux de construction des infrastructures publiques. Bien plus , les tensions inflationnistes pourraient connaître un ralentissement passant ainsi de 2 ,1% en 2010 contre 1,8% en 2011.
Floriane Payo
