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Enseignements secondaires : Arnaque tous azimuts dans les lycées de Yaoundé

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eleves05La fête nationale de la jeunesse qui se célèbre le 11 février de chaque année, a été vite transformée en une source d’enrichissement illicite. Tout comme l’initiation à l’informatique. Ce qui se passe dans certains lycées de la capitale du Cameroun est exécrable, ignoble, avilissant voire inacceptable. Comment comprendre que des pédagogues s’évertuent à mettre leur intelligence au service du mal ?

 

Et pour eux, tous les moyens sont bons, pourvu qu’ils procurent de l’argent. Même si le mode opératoire requiert l’arnaque des parents à travers les enfants qui sont leurs élèves. Et ce genre de comportement immoral et déplaisant ne peut qu’offusquer. Surtout quand le crime est commis par des hommes et femmes chargés de l’éducation de la jeunesse camerounaise. Celle que le président de la République considère de tout temps comme le fer de lance de la nation.  Et cela devrait interroger la société entière, notamment des structures comme la Conac – la Commission nationale de lutte contre la corruption. Il serait d’ailleurs intéressant que cet organisme, engagement oblige, se préoccupe de ces pratiques illicites juteuses qui jettent l’opprobre sur tout le corps enseignant, avec un impact négatif sur l’image même du Cameroun. La Conac devrait donc s’apprêter à mener des enquêtes sur ces manifestations d’enrichissement illicite.

 

Illustration

Au lycée général Leclerc qui est pourtant un établissement secondaire de référence dans notre pays, nos sources dignes de foi indiquent que le proviseur Emmanuel Mpele exige la somme de 9.500 Fcfa  aux élèves qui vont défiler le 11 février prochain pour le compte de l’établissement qu’il dirige. Il se dit en plus que cette contrainte est accompagnée d’une peine d’exclusion pour ceux des élèves qui ne s’exécuteront pas.  Des éléments à notre disposition indiquent que cette somme d’argent doit servir à acheter à chacun des élèves ayant « cotisé », une paire de tennis à 2.000 Fcfa et une nouvelle tenue à 7.500 francs. Articles qui doivent être achetés par le proviseur lui-même.

 

Dans l’entourage même du proviseur, cette gaucherie ne laisse pas indifférent. Les réactions lui sont défavorables. Aussi vrai qu’Emmanuel Mpele fait l’objet d’autres réprobations.  Certaines laissent entendre que le proviseur du lycée général Leclerc de Yaoundé le fait volontairement parce qu’il dit à qui veut l’entendre, qu’il est le beau-fils du président de la République. De cette révélation, l’on peut retenir qu’Emmanuel Mpele est l’époux d’une des nièces de Paul Biya.

 

Au lycée de la Cité verte, la fête nationale de la jeunesse représente aussi une niche d’enrichissement illicite. Madame le proviseur Régine Engoma Engoma n’y va pas de mains mortes. A en croire nos sources, elle oblige à chaque élève des classes de seconde de son établissement une somme de 3.500 Fcfa pour l’achat d’une paire de tennis. « Ces chaussures sont récupérées après le défilé du 11 février sous peine d’exclusion définitive ou de confiscation du bulletin de notes des élèves contrevenants », dévoile-t-on.

 

Si l’on s’en tient aux informations en notre possession, cette malhabile pratique dure depuis trois ans. « La première fois, elle a acheté des paires de tennis qui avaient été récupérées après le défilé. L’année suivante, l’argent avait été encaissé sans aucun achat. Et ce sera de même cette année », retracent nos sources, ajoutant qu’elle commet cette exaction parce que son époux est un haut gradé de l’armée camerounaise.

 

Que ce soit au lycée général Leclerc comme au lycée de la Cité verte, cette arnaque exaspère au point où un soulèvement est à redouter. L’on a encore en tête ce mouvement d’humeur des 2.700 élèves d’un lycée de Bamenda qui, du 28 janvier au 1er février, ont refusé d’entrer dans les salles de classe parce qu’ils réclamaient entre autres la gratuité de la délivrance de la carte d’identité scolaire.

 

Du côté de Ngoa-Ekellé, précisément au lycée technique commercial, l’on fait savoir que l’initiation aux Nouvelles technologies de l’information et de la communication est l’assiette au beurre du principal responsable de cet établissement scolaire. En faisant le balai, l’on est renseigné qu’à la rentrée scolaire 2010-2011, le proviseur a exigé à chaque élève régulièrement inscrit la somme de 5.000 Fcfa. « Curieusement, à chaque séance d’apprentissage, les élèves sont obligés de débourser chacun 250 francs pour avoir accès à la salle informatique », crucifient certains élèves rencontrés. Aucun des responsables de cet établissement n’accepte se prononcer sur ce problème. On peut, à partir de ces exemples, affirmer qu’il est plus que temps de réveiller les consciences et pourquoi pas les reformer.

 

Jean-Pierre Bitongo

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