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Affaire Edzoa : L’accusation embarrassée par son témoin

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Justice02L’ancien secrétaire général du Copisur n’a pu déposer devant le tribunal pour cause de son indocilité par rapport au ministère public. L’affaire de détournement, tentative de détournement et trafic d’influence en coaction qui oppose l’Etat du Cameroun et le ministère public à Titus Edzoa, Michel Thierry Atangana Abega et cie, a connu hier, 03 février 2011, une étape supplémentaire.

 

Contrairement aux témoins annoncés le 13 janvier dernier lors de l’audience au cours de laquelle l’ancien directeur du Trésor et receveur des Finances de Douala, Peter Akum Chi Awa a déposé, l’on n’a pas à l’occasion de la reprise de l’audience hier jeudi, suivi Lin Onana Doh attendu pour la suite. Et pour cause apprend-on selon des indiscrétions, ce témoin de l’accusation n’a pas fait montre de coopération durant la concertation de l’accusation préalable à son audition.

 

D’après des sources introduites, M. Onana qui a été appelé au téléphone par le procureur Ndanga Dogoua vers 11h jeudi avait simplement indiqué qu’il arriverait pour sa comparution en qualité de témoin. Il réitérait ainsi, «ce qu’il avait déjà signifié au ministère public au sujet de sa déposition à savoir, qu’il n’entendait dire au tribunal que ce qu’il sait de l’affaire. Au besoin, documents à l’appui». Et des documents, Onana Doh en a. Sur des études de terrain notamment. De ces documents, il ressort que la jonction entre les routes Yaoundé Douala et Yaoundé Kribi devait être un échangeur. Preuve donc probablement que, contrairement aux dires de certains, le Comité de pilotage et de suivi des axes routiers (Copisur) avait effectivement débuté son travail.

 

Toujours est-il que pour le ministère public d’entrée de propos, seuls les témoins Camille Pokossi et Gilles Roger Belinga devaient être entendus. «M. Onana n’est pas là», dira sèchement le ministère public. Protestation de la défense: «M. Onana est bien là. Il est hors de la salle». Une occurrence peu approuvée par le président du collège, Mme Nnomo Zanga qui va demander aux conseils des accusés s’ils veulent faire son travail à sa place. Puis, coup de théâtre, Lin Onana Doh fait son entrée dans la salle. Le collège des juges fait l’esprit et feint de ne pas le voir. Le témoin reste debout au milieu de la pièce au point de susciter finalement l’interrogation de Mme Nnomo Zanga.

 

Le témoin de l’accusation se présente au tribunal qui lui demande de se retirer. L’audition de Camille Pokossi peut débuter. Seulement, à la fin de la déposition de l’ancien conseiller technique du ministère des Travaux publics et représentant de cette administration maître d’ouvrage au Copisur, l’accusation dira qu’elle se satisfait des trois témoins intervenus dans ce volet de ses poursuites. Le ministère public par la voie de Ndanga Dogoua demandera au tribunal de passer au témoin Gilles Roger Belinga au sujet de l’organisation du 32e sommet de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), à Yaoundé en 1996.

 

Lin Onana Doh ne déposera donc pas en dépit des observations de la défense qui tombent sous le coup de la loi.


Au cours de l’audience d’hier, Camille Pokossi a été entendu sur sa participation aux travaux du Copisur. Celui qui a fait nommer le directeur des infrastructures routières du ministère des Travaux publics, Jean Pierre Kedi, soutient qu’il ne fit rien de son séjour au Copisur. Et pourtant il gagna 600 000Fcfa d’indemnités chaque mois. Il ne prit part à aucune réunion. Même s’il fut interdit d’accès aux locaux du Comité pour avoir trop voulu savoir. Comme le fait remarquer un avocat de la défense. De son passage devant le tribunal en tout cas, l’on ne retiendra rien. Tant son rôle aura paru très lointain des activités du Copisur.

 

Quant à l’audition de l’ancien directeur général de la Société immobilière du Cameroun (Sic), Gilles Roger Belinga (en détention au secrétariat d’Etat à la Défense), sur les préparatifs du 32e sommet de l’Oua, il dira avoir été reçu par le secrétaire général de la présidence de l’époque, Titus Edzoa qui lui demanda de participer financièrement au montage financier de cette opération. Il lui demanda de le lui signifier pas écrit. Ce que fit M. Edzoa qui attendait de la Sic un milliard direct et 500 millions de prêts à contracter auprès des établissements financiers de la place. Le financement ne fut cependant pas débloqué pour deux raisons: Le conseil d’administration n’autorisa pas la transaction. Et puis le ministre des Finances de l’époque, Justin Ndioro s’opposa appliquant une instruction du chef de l’Etat, Paul Biya. La prochaine audience a lieu le 17 février 2011.
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