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Attention, la lèpre est de retour !

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lepreux435  nouveaux cas en 2010. Déclarée éliminée il y a peu, cette maladie mutilante resurgit au Cameroun alors même que les léproseries ne fonctionnent  plus.

 

La communauté internationale a commémoré hier la journée de lutte contre la lèpre.  « Attention, la lèpre est parmi nous ».

 

C’est le thème qui a été retenu pour cette 58ème édition marquée par un constat de la résurgence de la maladie. Au Cameroun, 435 cas ont été enregistrés en 2010 dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-Nord, du  Littoral, du Nord, de l’Ouest et du Sud-Ouest. Les statistiques des régions du Centre, du  Nord-Ouest et du Sud devant être actualisées au Programme national de lutte contre la lèpre. Les chiffres pourront être au dessus des 453 cas de 2009, à en croire les anciens malades du village de l’hôpital Jamot.

 

Selon Gervais Ekani, le recensement des malades de la lèpre est difficile aujourd’hui parce qu’ils ne sont plus hospitalisés. Les centres spécialisés de prise en charge de ces malades ne fonctionnent plus.  Et aussi parce que les personnes infectées ont honte d’aller se déclarer malades.

Une maladie curable mais redoutable
La lèpre est une maladie causée par le bacille de Hansen. Selon le Dr Ernest Njih Tabah, secrétaire permanent adjoint du Programme national de lutte contre la lèpre, l’ulcère de Burili et le pian, se manifeste par des plaques insensibles qui apparaissent sur la peau. Elle a une phase d’incubation silencieuse qui peut durer entre cinq et dix ans. Si le malade se fait dépister à temps, il guérit complètement et ne présente aucun signe de mutilation. Dans le cas contraire, le malade perd ses membres. Les yeux, la bouche et le nez sont aussi attaqués. Le système nerveux également. Elle est transmise par des gouttelettes d’origine buccale ou nasale, lors de contacts fréquents avec un sujet infecté et non traité. La lèpre n’est pas très contagieuse contrairement à ce que l'on a cru pendant longtemps, face à la peur qu'elle suscite.

 

« La lèpre n’est plus un problème de santé publique », ou encore, « Le Cameroun a atteint le seuil de l’élimination de la lèpre fixé à un cas pour 10.000 habitants ». Ces déclarations sont entrées dans les discours des autorités sanitaires camerounaises au début des années 2000, lors des commémorations de la journée internationale de lutte contre la lèpre, tous les derniers dimanches du mois de janvier. Le ministère de la Santé publique n’était plus seul à présider la cérémonie protocolaire. Son homologue des Affaires sociales, présenté comme celui devant désormais assurer la réinsertion sociale des « anciens malades de la lèpre » est à ses côtés. Il fallait trouver les voies et moyens pour la réinsertion des anciens malades dans leurs familles.



Prise en charge
Les léproseries et les centres de prise en charge disparaissent progressivement. Pendant que les anciens malades sont entre le village, où ils sont rejetés systématiquement, et Yaoundé, pour la recherche de leur pitance, la maladie amorce un autre tournant. De nouveaux cas se déclarent dans les villages. Les malades ne savent pas où aller pour leur prise en charge.  La nouvelle politique de prise en charge leur prescrit n’importe quel centre de santé proche de leur lieu de résidence. L’évolution des chiffres impose une réflexion.

 

En octobre 2010,  le ministère de la Santé publique  a organisé une rencontre des experts de la lèpre en vue de proposer une riposte à la résurgence. Le  manque de personnel formé pour la prise en charge de cette maladie spécifique est déploré. Le Dr Oum Ndjock,  président de Fair-med (ex Aide aux lépreux Emmaüs Suisse), l’association caritative à l’endroit des malades de la lèpre, propose que des campagnes de dépistage gratuit soient organisées au niveau de chaque district de santé de manière annuelle.

 

Cette stratégie sera présentée aux partenaires, comme l’Oms, afin de renverser la tendance de cette maladie au Cameroun. Les anciens malades, chassés des villages ont élu domicile devant les magasins et les trottoirs à la recherche de leur pitance. Quand certains ne s’insèrent pas difficilement dans leurs villages où ils ont tout perdu durant des longues années d’absence passées dans les léproseries.

Adrienne Engono

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