Transport aérien : Camair-co revoit ses ambitions à la baisse


Annoncé pour démarrer avec quatre aéronefs, la future compagnie aérienne sera lancée le 28 mars 2011 avec plutôt deux avions a révélé le Dg, et son adjoint installés, jeudi dernier à Douala. La cérémonie d'installation du directeur général et du Dga de Camairco-co hier, jeudi, a drainé du beau monde à l'hôtel Sawa de Douala.
Tout le gratin politico, administratif, les opérateurs économiques de Douala, les employés de Camair-co, les ex employés de la Camair et les représentants de la compagnie Boeing qui ont effectué le déplacement pour Douala.
Preuve que la future compagnie qui lance ses activités dans «60 jours» charrie beaucoup d'espoir, c'est Bello Bouba Maïgari, ministre d'Etat, ministre de transport, qui est venu personnellement installer Alex Van Elk, dans ses fonctions du directeur général de la jeune compagnie aérienne et Emmanuel Ndoh Mboozoo, dans son fauteuil de directeur général adjoint de Camair-co.
Dans son speech de circonstance, Bouba Bello Maïgaria a rappelé les missions qui seront ceux du nouveau staff de la Camair-co : «La nouvelle compagnie arrive dans un contexte fortement concurrentiel. Et cet instrument de souveraineté est appelée à porter nos couleurs partout dans le monde entier. L'heure est plus que jamais à l'action et il faut que les dirigeants installés trouvent les meilleurs solutions pour atteindre les objectifs fixés», a martelé le ministre des Transports. Ce dernier a surtout invité les nouveaux dirigeants de la Camair à rompre avec «la période sombre de l'histoire de la défunte Camair». Pour réussir cette mission, Bouba Bello Maïgari révèle que l'Etat mettra tous les moyens à la disposition de la nouvelle compagnie. Mais, précise-t-il, il revient au staff de Camair-co d'en «faire bon usage et dans la transparence».
Prudence
Si l'on fie d'ailleurs aux profils des deux principaux dirigeants de la Camair-co, on peut dire qu'ils ont l'étoffe de l'emploi. Né le 5 mars 1953 à Amsterdam, l'Hollandais Alex Van Elk est un manager rompu dans la gestion des compagnies aériennes. A titre d'illustration, il a en 2006, il a lancé la compagnie aérienne nigériane Arik Air. Une propriété de l'homme d'affaires nigérian Arumemi-Ikhide.
Au départ, Arik Air effectuait uniquement les vols entre les villes nigérianes. Aujourd'hui, Arik Air qui avait remplacé la Nigeria Airways Limited, effectue des vols à New-York, Londres, Johannesburg, Cotonou, Freetown à partir de Lagos et à Londres, Banjul, Dakar, Accra à partir d'Abuja. Alex Van Elk a également géré les aéroports du Nigéria. Alex Van Elk sera seconde par Emmanuel Ndoh Mboozoo. Né le 13 novembre 1957 à Mfoulassi, par Sangmélima, ce pilote de ligne a gravi plusieurs échelons dans sa fonction et a cumulé plus de 10. 000 heures de vols, apprend-t-on.
Toutefois, sur le plan pratique, l'on a appris que le parc des aéronefs ne va pas démarrer avec quatre avions comme initialement prévu. En effet, après sa nomination en remplacement de Gilbert Mitonneau qui avait démissionné en mars 2009, Alex Van Elk, Camair-Co avait annoncé que Camair-co allait débuter ses activités en mars 2011 avec 420 employés.
Pour un début, la compagnie aérienne nationale devait mettre en service quatre avions de marque Boeing. «Il s'agit de deux B767 et de deux B737. Les deux B767 vont desservir la France et, plus tard, d'autres pays d'Europe et des Etats-Unis d'Amérique. Ces deux avions disposent de 24 places en «Classe Business» et de 128 places en «Classe Economie». Les B737, d'une capacité d'environ 120 places, vont, quant à eux, desservir les villes du Cameroun et de l'Afrique sub-saharienne», avait confié à Mutations la défunte Corporate communications/PR Manager, Marie-Thérèse Dubuisson.
Qu'est-ce qui explique donc cette révision des ambitions de la Camair-co à la baisse ? «Non. Il ne s'agit pas de ça. Il s'agit plutôt de la prudence dans la gestion. Nous sommes entrain de négocier deux autres avions d'ici la fin de l'année. Pour nous, la Camair- co doit être très prudent parce que c'est l'argent des Camerounais. Et bien sûr, ce n'est pas quelque chose qu'on doit va avec», a confié Alex Van Elk. Une prudence qui semble d'ailleurs être le leitmotiv de Bouba Bella Maïgari : «Le chef de l'Etat y tient. Le gouvernement y veille», a-t-il martelé.
Eric Roland Kongou