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Cuy : Où est passé le 6e adjoint de Tsimi Evouna ?

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Condamné à 6 mois d’emprisonnement ferme avec mandat d’arrêt à l’audience, Jean Ngougo est en cavale pour certains et en mission, pour d’autres.
Deux jours après le verdict du tribunal de Yaoundé, centre administratif, qui condamnait à des peines d’emprisonnement et d’amende d’environ 150 millions Fcfa le 6e adjoint au délégué du gouvernement et des cadres de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) pour «destruction de biens et abus de fonction», l’ambiance semblait paisible hier à la Cuy. Sur l’esplanade de l’hôtel de ville, un groupe de danse invité à l’occasion d’une célébration nuptiale faisait du bruit à tout rompre. A l’intérieur de l’édifice, les employés donnaient l’impression de vaquer normalement à leurs occupations.


Situé près de la salle des actes, le bureau de Jean Ngougo était fermé à double tour. Au service d’accueil, l’on a renseigné qu’il était en mission depuis une semaine, pendant qu’un responsable de la maison affirmait l’avoir aperçu à la réunion de coordination lundi dernier. Ce qui tend à renforcer l’information sur sa «fuite» véhiculée par la partie civile mardi au procès. Au 3e étage de l’immeuble, les va-et-vient étaient incessants dans les couloirs. Arnauld Philippe Ndzana, le directeur des services techniques à la Cuy faisait également mine d’avoir le cœur à l’ouvrage.


Lui qui a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis pendant 3 ans et 50.000 Fcfa d’amende. «Vous voyez bien qu’on travaille sereinement. A ma connaissance, il n y a pas eu de réunion particulière dans nos services après le verdict de la justice dans cette affaire. Mais je dois dire que nous avons reçu beaucoup d’appels téléphoniques après la publication de l’information dans la presse. Nous avons lu par ailleurs, dans la même presse, que notre avocat a interjeté appel. Donc, nous attendons. La justice est un processus. Le verdict de cette semaine n’était qu’une étape», affirme, stoïque, M. Ndzana. Qui indique, par ailleurs que ce n’est pas la première fois qu’une sentence est en défaveur la Cuy, à la seule différence que «l’écho médiatique» a été plus grand cette fois-ci.


Le directeur des services techniques avoue également sa surprise par rapport au nombre de cadres de la Cuy traînés en justice, alors qu’ils étaient plus nombreux lors de l’opération. Avant de préciser que cela ne va pas infléchir la campagne d’assainissement urbain engagée par la Cuy. Le reste relève des «risques du métier», fait-il savoir.

 

Me Jules Bertrand Noudji, l’avocat de Gilbert Ndjamo, propriétaire de l’immeuble détruit par la Cuy au quartier Madagascar, se veut, quant à lui, formel : «Nous allons retirer la décision du tribunal qui condamne la Cuy et saisir le parquet afin que le mandat d’arrêt soit exécuté. Mais sachez que le parquet peut décider d’exécuter ce mandat sans qu’il y ait saisine. En tout cas, nous ne nous battons pas contre des individus. Nous voulons simplement que la loi soit respectée». L’affaire opposant la société coopérative N°30 à la Cuy remonte au mois d’octobre 2006.


Beau-père

En vue d’exercer une activité commerciale, cette coopérative avait alors engagé des travaux de construction d’un immeuble constitué d’un rez-de-chaussée et de deux étages au carrefour dit des feux, à Madagascar. «Avant d’entamer les travaux, nous avons pris le soin d’approcher la Cuy pour déposer un dossier complet comportant une demande de permis de construire, un certificat d’accessibilité, un plan de masse, un certificat de propriété démontrant que ledit immeuble n’était grevé d’aucune charge. Mais au moment où la construction de l’immeuble était presque achevée, sans aucune sommation d’arrêt des travaux ou encore l’apposition de la Croix de saint André, des agents de la Cuy accompagnés des forces de l’ordre ont fait irruption sous une pluie battante à Madagascar pour démolir l’immeuble».
Pour Arnauld Philippe Ndzana, «cet immeuble a été détruit parce qu’il n’avait pas de permis de bâtir et a été construit sur un terrain qui avait été exproprié». Une version des faits battue en brèche par le chef du quartier Madagascar, Biloa Effa : «Je n’ai pas été officiellement saisi de cette affaire par la Cuy.


En tant que chef de ce quartier, cela est curieux. Je sais néanmoins que lorsqu’on devait construire la route à l’époque, les populations qui habitaient sur ce site-là avaient été déguerpies et expropriées. Le beau-père de l’actuel délégué du gouvernement qui s’appelait Jean Adolphe Onana Noah en faisait partie. Mais l’acquéreur a acquis son terrain auprès d’Adolphe Megne Eteta, dont le lopin de terre avait fait l’objet d’une mutation. En d’autres termes, la transaction ne souffrait d’aucun problème. Je sais par ailleurs que l’acquéreur avait acquis un titre foncier et était en attente d’un permis de bâtir. Mais, je puis vous dire aujourd’hui que le délégué [Tsimi Evouna] n’a pas détruit cet immeuble pour des raisons d’assainissement urbain. Mais parce qu’il soutient que le terrain sur lequel il a été bâti appartenait à son beau-père».

Furieux, un membre du conseil de la Cuy ayant requis l’anonymat déclare que «l’acquéreur de ce terrain avait toutes les pièces exigibles. Tsimi Evouna a simplement fait preuve de zèle, comme c’est toujours le cas. Nous avons demandé en conseil de communauté qu’avant de casser, il faut que le conseil signe une délibération, mais le délégué n’en fait qu’à sa tête». En attendant le verdict de la Cour d’appel, un amas de gravats coiffé d’herbes reste visible sur le site querellé à Madagascar, aux côtés de commerces spontanés.


Georges Alain Boyomo

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