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A quelques mois de la fermeture des inscriptions sur les listes électorales et en dépit de la création des commissions mixtes, le bilan du travail abattu par Elecam est loin de rassurer. « Vaste campagne d’inscription sur les listes électorales chez le chef de quartier ce jour… »
Tel est message inscrit laconiquement sur des banderoles et sur des formats de couleur blanche qui arborent les ruelles du quartier Mbengue City. En effet, ces messages désuets qui surplombent pratiquement tous les quartiers des grandes villes camerounaises en général et de celles de Douala en particulier, traduisent de la nouvelle stratégie adoptée par Elections Cameroon visant à se rapprocher des électeurs afin d’en inscrire un maximum avant l’arrêt du processus d’inscription sur les listes électorales.
D’après les responsables d’Elecam de la région du Littoral, devant la faible mobilisation rencontrée dans les postes fixes installés dans toutes antennes communales, la structure chargée d’organiser les élections au Cameroun a penché pour une démarche participative intégrant un travail de proximité. Un travail qui a nécessité la création des commissions itinérantes requérant la participation des chefs de quartier dans le but de susciter une forte mobilisation des populations.
Selon Ghislain Nguangue chef service régional de la communication pour le Littoral à Elecam, cette approche s’est révélée fructueuse puisqu’elle a permis en peu de temps d’avoir un nombre non négligeable d’inscrits. « Par ailleurs, pour une large sensibilisation, nous avons initié en accord avec des entreprises de la place, une politique de sensibilisation dans les milieux professionnels. Le but étant d’aller vers les travailleurs, qui n’ont pas le temps d’aller s’inscrire sur les listes électorales soit dans les postes fixes, soit dans les postes mobiles gérés par les commissions mixtes de révision des listes. ». Une opération qui intègre des entreprises telles que le Port Autonome, l’université de Douala, la Camerounaise des eaux, Camrail et bien d’autres…
Désintérêt
Malgré cette nouvelle approche de proximité soutenue par le travail de sensibilisation de quelques partis politiques notamment le Rdpc, le Manidem, le Purs, l’Upc et les autres, l’effervescence n’est pas au rendez-vous. Que ce soit dans les postes fixes ou mobiles, les statistiques sont largement en deçà des attentes. Dans le Littoral, alors que dans un entretien accordé à un quotidien de la place le directeur général annonçait un quota pour cette région de 700.000 nouveaux inscrits, à mi parcours du processus des inscriptions, on enregistre moins de 100.000 nouvelles inscriptions. Outre dans la région du Littoral, des sources internes évoquent un pourcentage d’environ 6% de réalisation par rapport aux prévisions annoncées en début du processus par la direction générale d’Elecam.
De faibles ratios qui, d’après les leaders du Social Democratic Front, s’assimilent à un désintérêt populaire de la chose électorale renforcé par la non crédibilité de l’organe chargé d’organiser les élections de manière régulière au Cameroun. En effet, les membres de ce parti estiment que la crédibilité d’Elecam passe obligatoirement par la refonte du fichier électoral national. Ce qui bien entendu redonnera ses lettres de noblesse au système électoral auprès des camerounais.
Toujours dans le même allant, les avis des populations interrogées sur la question estiment que l’approche communicationnelle d’Elecam ne concourre pas à lui donner de la quintessence auprès des potentiels électeurs. Son approche devrait obligatoirement être révisée pour espérer voir une effervescence du public. Pour Jean Marie Nguekam responsable de communication du Pddc, « Cette structure devrait essayer de rassurer les populations sur l’effectivité de sa neutralité surtout que la nomination de ses cadres, choisi pour la plupart au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, est venu enfoncer le clou. ». Par ailleurs, d’autres estiment que cet organe gagnerait à communiquer davantage pour que les camerounais comprennent que « s’inscrire sur les listes et voter, leur donne la possibilité d’être des acteurs majeur dans le jeu politique national et de participer par le même chef à la mise sur pied du processus démocratique au Cameroun. ».
En guise de défense, les responsables d’Elecam affirment que la question de la refonte des listes est déjà résolue et ne se pose plus. Cependant, ils reconnaissent que des améliorations importantes seront faites durant cette année fatidique dans le sens d’améliorer la communication et l’approche auprès des camerounais. De ce fait, Elecam étant l’arbitre du processus électoral camerounais et les partis politiques les véritables acteurs, ces derniers sont fortement invités à participer au succès de l’opération d’inscription sur les listes électorales. Un point de vue aisément partagé par le président du Manidem Abanda Kpama qui pense que c’est plutôt par l’abstention que les populations se retrouveront entrain de subir les revers d’un mécanisme politique dans lequel ils auraient pu interagir par le vote.
Malheureusement, il sera peut-être trop tard.
Paul Tonye Njel
