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Tuberculose. Ils sont obligés d’acheter au marché noir des médicaments pourtant gratuits. Portail de l’hôpital Jamot de Yaoundé, mercredi : « Si vous venez acheter des médicaments contre la tuberculose, je suis désolé de vous dire qu’il n’y en a pas », souffle un infirmier au parent d’un malade et lui conseille de se rendre lui-même à la pharmacie.
A la pharmacie, il n’y a pas grand monde. Une femme, la quarantaine dépassée, semble surprise de la présence d’un usager qui demande à obtenir des remèdes de la tuberculose. Après un sourire narquois, elle confie : « Il n’y a pas de médicaments », puis elle ajoute : « Voulez-vous des médicaments pour un nouveau malade ? Depuis combien de temps est-il sous traitement ?». « Deux mois », lui répond l’usager. « A-t-il fait un contrôle ? », demande-t-elle encore.
« Oui », réplique le parent du malade. « Apportez son carnet pour qu’on voie la combinaison qui lui a été prescrite. Nos malades mêmes ont des problèmes d’approvisionnement. Mais, il y a une femme qui peut vous aider. Je ne sais pas où elle trouve ses médicaments », dit-elle. Les malades hospitalisés à Jamot reçoivent leur traitement sans problème. Ils disent néanmoins être informés de la rupture de stock qui affecte les malades externes. Une source affirme que les médicaments contre la tuberculose sont vendus dans des réseaux entretenus par certains responsables intervenant dans la chaîne de la prise en charge. « Allez au marché central, par exemple, vous allez le constater », lâche la source.
Au marché central, les médicaments sont bel et bien vendus. Un client qui demande de la rifampicine se fait dire par un commerçant : « Elle coûte 2500Fcfa la plaquette de 28 comprimés. Mais nous pouvons vous la laisser à 2000Fcfa», poursuit-il. Le commerçant disparaît de son étal et revient en courant avec quelques plaquettes du produit demandé. A la question de savoir pourquoi il ne les vend pas dans leur emballage, le commerçant répond que les emballages servent à conserver les autres plaquettes. Selon cet usager, les emballages portent souvent la mention Fonds mondial, synonyme de « distribution gratuite ».
Adrienne Engono
